ZZ comme Zorro, Balo, héros et bourreau : le Top 50 des moments qui ont fait l’Euro (20-11)

EURO 2020 – Il n’y a pas d’Euro cette année. Pour vous aider à passer le temps et attendre l’édition qui se déroulera à l’été 2021, nous avons décidé de vous concocter un Top 50 des moments qui ont jalonné la grande histoire du Championnat d’Europe des Nations. Quatrième volet ce jeudi, du 20e au 11e.

20. La main d’Abel
France – Portugal : 2-1 (a.p.)
Demi-finale – Euro 2000

Euro 2020

Malédiction, panenka de Ramos et Yachine : Le Top 50 des moments qui ont fait l’Euro (30-21)

HIER À 22:19

“Mon Dieu, ne siffle pas”. Voilà ce qu’Abel Xavier a pensé lors de cette 113e minute restée dans la légende. Il est à terre, la tête enfoncée dans le gazon. Parce qu’il sait que le destin du Portugal, et le sien, viennent de basculer. Dans cette demie, les deux équipes se rendent coup pour coup. Henry a rendu la pareille à Nuno Gomes, poussant ce France-Portugal au but en or. Surgit alors ce moment de légende.

113e minute : Wiltord sert Trezeguet à la lutte avec le latéral portugais qui a quitté son flanc droit pour couvrir l’axe. Sorti à la rencontre du buteur français, Victor Baia dévie le ballon vers l’attaquant d’Arsenal qui décoche une mine en angle fermé. A son poteau, Abel Xavier a un réflexe et dévie de la main. Puis rechigne à se relever, comme s’il savait la sentence à venir. Les deux attaquants français crient au scandale et l’arbitre de touche confirme la main du Portugais. Penalty. But en or de Zidane. La France est en finale, le Portugal est éliminé et Abel Xavier est traumatisé.

19. La naissance d’une dynastie
RFA – URSS : 3-0
Finale – Euro 1972

Frustrée par ses courtes défaites en finale du Mondial 1966 puis en demi-finale de la Coupe du monde 1970, la RFA amorce lors de l’Euro 1972 l’ère la plus prospère de son histoire. En huit ans, les Allemands vont remporter trois titres majeurs, deux à l’Euro (1972, 1980) et leur sacre mondial à domicile en 1974, plus une autre finale européenne en 1976. Certains considèrent cette équipe comme la plus belle de l’histoire de la NationalMannschaft, au-dessus, même, de celle qui triomphera des Pays-Bas deux ans plus tard.

Lors de la finale face à l’URSS, la RFA ouvre le score grâce à Gerd Müller à la 27e minute, au terme d’une séquence étourdissante. Puis c’est le bouquet final. En début de seconde période, les hommes d’Helmut Schön frappent deux fois en à peine une minute. Le milieu défensif de Gladbach, Herbet Wimmer, double d’abord la mise sur une de ses rares incursions dans la surface soviétique. Puis, dans la continuité, Müller conclut un mouvement limpide qu’il avait lui-même initié. Une séquence majestueuse pour le couronnement d’une armada pas loin d’être invincible. C’était vrai ce 18 juin 1972 sous la bruine du Heysel, et ce le sera de façon quasi continue dans les années à venir.

18. Hrubesch, héros et bourreau
RFA – Belgique : 2-1
Finale – Euro 1980

Si le football allemand regorge de légendes (Walter, Müller, Beckenbauer, Matthaus, etc.), il n’a jamais été avare non plus de contes de fées. Régulièrement, il sort du chapeau des hommes plutôt de l’ombre qui giclent en pleine lumière. Surtout dans les grandes finales. Avant Oliver Bierhoff ou Mario Götze, il y eut Horst Hrubesch. Le cheveu blond, le front épais, il aurait pu faire peur aux enfants. Il aurait pu aussi passer à côté de l’histoire du football.

A 29 ans, Hrubesch n’a encore jamais mis les pieds en sélection. La porte s’ouvre lorsque Klaus Fischer se casse la jambe avant l’Euro. L’avant-centre du Hambourg SV intègre le groupe et la finale de cet Euro 1980 contre la Belgique n’est que sa 5e cape sous le maillot blanc et noir. Ce sera son heure de gloire. Hrubesch ouvre le score d’une frappe du droit dès la 10e minute puis, après l’égalisation sur penalty de Vandereycken à un quart d’heure de la fin, le crâne blindé de Horst surgit à la 88e minute pour couper la trajectoire du ballon sur un corner. Imparable coup de boule pour offrir à la Mannschaft un nouveau titre majeur.

Deux ans plus tard, après avoir fait pleurer la Belgique, Hrubesch se fera quelques amis en France en mettant fin au plus grand opéra footballistique de tous les temps à Séville : c’est lui qui inscrira le dernier tir au but du fameux France – Allemagne pour expédier la RFA en finale et faire pleurer l’Hexagone. Une âme de bourreau, ce Hrubesch.

17. Platini, deux triplés en trois jours
France – Belgique (5-0) et France – Yougoslavie (3-2)
Euro 1984, 1er tour

Plus qu’un moment, en voici deux pour le prix d’un. Plus que deux moments, deux matches, mais tellement indissociables. Rarement un joueur aura à ce point dominé une phase finale majeure. Lors de l’Euro 1984, Michel Platini, au sommet de son art, marche sur l’eau. Neuf buts en cinq rencontres et un incroyable enchaînement lors des deuxième et troisième matches de poule : deux triplés, contre la Belgique et la Yougoslavie. Une double performance d’autant plus exceptionnelle qu’à chaque fois, le numéro 10 des Bleus marque du gauche, du droit, et de la tête.

C’est sous le soleil de la Beaujoire, à Nantes, que Platoche signe son premier récital. Ce France – Belgique est peut-être le chef-d’œuvre collectif de l’ère Hidalgo-Platini. Les Diables Rouges, laminés 5-0, tombent sur une équipe en état de grâce et un Platini qui ne l’est pas moins. Il trompe d’abord Jean-Marie Pfaff d’une frappe du gauche, puis, en seconde période, transforme un penalty avant de marquer de la tête sur un coup franc de Giresse.

C’est devant son ancien public de Geoffroy-Guichard que le maestro de la Juventus remet ça trois jours plus tard. La France est déjà qualifiée, la Yougoslavie déjà éliminée. Un peu de relâchement, et les Bleus sont menés à l’approche de l’heure de jeu. En 18 minutes, Platini sort alors le très grand jeu : un vrai but d’avant-centre en s’arrachant du gauche devant Simovic, un coup franc, sa grande spécialité, et une tête plongeante décroisée. Le même triplé, dans le même ordre, que face aux Belges. Platini n’a jamais autant tutoyé les étoiles qu’en ce mois de juin 1984.

16. Toldo, touché par la grâce
Pays-Bas – Italie : 0-0 a.p., 1-3 t.a.b.
Demi-finale Euro 2000

Certains diront que le 13 porte malheur. Pas Francesco Toldo. Sa 13e sélection, ce n’était que du bonheur. Qu’est-ce qu’il faisait là, d’ailleurs ? Gianluigi Buffon blessé au doigt juste avant le tournoi, Angelo Peruzzi ferme dans sa décision de ne pas jouer les doublures, voilà le gardien de la Fiorentina bombardé titulaire dans le but de l’Italie pour l’Euro 2000. La chance, déjà. Elle le suit jusqu’à ce 29 juin. A Amsterdam, Toldo a devant lui une attaque néerlandaise mitraillette qui vient de passer six buts à la Yougoslavie. Et derrière lui, un mur de supporters orange qui n’attendent que de le voir craquer. Ils devront se faire une raison. Le mur, c’est lui.

Dennis Bergkamp commence par frapper le poteau. La chance, encore. L’Italie se retrouve à dix après l’expulsion de Gialnuca Zambrotta. En concède un premier penalty. Toldo se détend et sort magnifiquement la frappe de Franck de Boer. Seconde période, et nouveau penalty. Patrick Kluivert trouve le poteau. La chance toujours. Impérial, le gardien italien s’interpose devant Marc Overmars, Giovanni van Bronckhorst et Clarence Seedorf.

Il tient la Squadra à bout de bras et l’emmène aux tirs au but. Il repousse une nouvelle tentative de de Boer avant de voir Jaap Stam expédier le cuir dans le ciel d’Amsterdam. Quatre penalties contre lui, et toujours pas de but encaissé. Kluivert finit par la tromper et Paolo Maldini échoue sur Edwin van der Sar. Les Pays-Bas se reprennent à rêver. Mais Toldo est toujours là. Il sort la frappe de Paul Bosvelt et envoie l’Italie en finale. Elu homme du match, il déclare : “Je ne sais pas comment j’ai fait pour sortir tous ces tirs.” Beaucoup de talent, sûrement. Et un peu de chance, certainement…

15. La chevauchée magnifique de Jeannot de Marseille
France – Portugal : 3-2 (ap)
Demi-finale Euro 1984

S’il a effectué l’immense majorité de sa carrière en club à Bordeaux, Jean Tigana est un enfant des Caillols. A Marseille, où il finira par signer en fin de carrière, il est chez lui. Il est donc savoureux et presque naturel que le moment le plus fameux et le plus mémorable de ses 52 sélections se soit produit au stade Vélodrome, au bout du bout de cette demi-finale à la fois somptueuse et étouffante contre le Portugal.

Menés 2-1 au cours de la prolongation, les Bleus ont recollé grâce à Jean-François Domergue, auteur ce soir-là d’un doublé “thuramesque” et qu’on ne peut pas ne pas saluer ici. Puis Jean Tigana entre en scène. Il est porté par une force un peu mystérieuse dans cette demi-finale, Jeannot. Peut-être parce que, en allant au stade, le car des Bleus en a heurté un autre. Pare-brise explosé, le chauffeur en sang et Tigana, placé juste derrière lui, un peu choqué. Mais descendant du véhicule en lui faisant une promesse : pas question de perdre ce soir.

Lorsque Jordao a donné l’avantage aux Portugais à la 98e minute, c’est lui, Jeannot, qui va chercher le ballon au fond du filet de Bats pour rameuter la troupe. Après le refus de la défaite, vient celui des tirs au but dont, deux ans après Séville, pas un Français ne veut. Surtout pas Tigana, qui n’a jamais gagné un match dans ces circonstances.

Alors, à la 119e minute, Jeannot accélère. Maillot sorti du short (on voit à peine le blanc), il cherche d’abord à s’appuyer sur Platini. Ballon freiné par un défenseur portugais. Tigana le récupère à 25m du but de Bento et pique un sprint, ne sent plus la fatigue (a-t-il jamais été fatigué, lui l’homme au rythme cardiaque si bas ?), dépose deux défenseurs et se retrouve près de la ligne de but lusitanienne. Il s’arrache une dernière fois pour centrer en retrait, où se tient l’inévitable Platini pour la crucifixion. Mais si Platoche est le buteur-libérateur, comme toujours, les héros, au Vélodrome, se nomment Domergue et Tigana.

14. : Torres ou le but le plus important de l’histoire de l’Espagne
Allemagne – Espagne
Finale, Euro 2008

A première vue, le ballon de Xavi est un peu trop long. A première vue seulement. Car Fernando Torres en a décidé autrement. En cette finale de l’Euro 2008, “El Niño” est le moins naïf de tous. Car la Roja en a assez d’être maudite, et parfois moquée, depuis son sacre européen de 1964. Alors, Torres va la jouer vieux grognard. Après avoir touché le poteau quelques minutes plus tôt, le jeune Espagnol (24 ans) est servi dans l’intervalle entre Lahm et Metzelder. Son contrôle est raté mais Torres décide de contourner le latéral allemand qui tente de protéger la balle pour permettre à Lehmann de sortir tranquillement. La suite ? Un petit ballon piqué resté dans la légende.

Comment Torres y-a-t-il cru ? Peut-être parce que Luis Aragones, son sélectionneur, lui avait donné le meilleur présage possible. “Il m’a pris en individuel dans un couloir avant d’entrer sur le terrain, rappelait Torres en 2008. Il m’a poussé contre le mur, m’a agrippé le col et m’a dit ‘C’est notre moment Niño. Tu vas sortir sur ce terrain, tu vas marquer deux buts et on sera champion d’Europe“. Il n’y aura qu’un seul but. Mais c’est sans doute celui qui pèse le plus lourd dans l’histoire de la Roja car il enclenche l’exceptionnelle dynamique qui s’ouvre alors pour le foot espagnol.

13. L’incroyable Herr (Dieter) Müller
RFA – Yougoslavie : 4-2 (ap)
Demi-finale – Euro 1976

C’est une des histoires les plus folles que l’on puisse imaginer. Lors de l’Euro 1976, la RFA affronte la Yougoslavie en demi-finale. A la surprise générale, les champions du monde sont menés 2-0 à la pause. Dans le dernier quart d’heure, ils comptent encore un but de retard. A la 79e minute, Helmuth Schön décide alors de sortir son joker. Il s’appelle Dieter Müller.

A 22 ans, l’attaquant du FC Cologne a gagné sa place dans le groupe au dernier moment pour cet Euro mais il est l’homme du bout du banc. A tel point que quand il entre en jeu à Belgrade, il fête là sa toute première cape. Il va s’en souvenir, c’est peu de le dire, et il ne sera pas le seul.

Un peu plus d’une minute après son entrée en jeu, Müller égalise et envoie les deux équipes en prolongation. C’est déjà beau, mais c’est loin d’être fini. Sur son petit nuage, le futur joueur des Girondins de Bordeaux frappe deux autres fois dans la dernière ligne droite de la prolongation (115e, 119e). Oui, trois buts pour ses débuts en sélection et une victoire 4-2 assez sensationnelle des Allemands de l’Ouest.

Vivre sa première cape, c’est toujours un moment inoubliable. Quand c’est dans un grand tournoi, encore plus. Un match-couperet, mieux encore. Mais quand vous trouverez le moyen d’y claquer un hat-trick pour devenir le sauveur de la patrie en danger, on n’est plus très loin du rêve transformé en réalité. Lors de la finale, Dieter Müller marquera à nouveau, sans pouvoir empêcher la défaite de la R.F.A. contre la Tchécoslovaquie.

12. Balotelli, le doublé décisif et la célébration iconique
Italie – Allemagne : 2-1
Demi-finale – Euro 2012

Un doublé en 16 minutes dont un deuxième but sublime, une célébration devenue iconique… le 28 juin 2012, nous avons eu le droit à du grand Mario Balotelli. En demi-finale de l’Euro, l’Italie affronte l’Allemagne, grande favorite du tournoi. Quelques jours avant la rencontre, Marco Reus déclarait même que la Mannschaft était “meilleure individuellement et collectivement”. Et ce n’était pas Balotelli, auteur d’un seul petit but à ce stade de la compétition, qui inquiétait l’arrière-garde allemande.

Mais, au moment où on l’attendait le moins, Balotelli a surgi. De la tête, d’abord, sur un joli centre de Cassano à la 20e minute. Du pied droit, 16 minutes plus tard, à l’entrée de la surface de réparation allemande. Servi par Montolivo, l’attaquant fusille Neuer d’une demi-volée du droit et nettoie sa lucarne gauche. Si le but impressionne déjà, la célébration qui suit va devenir iconique.

A peine son but marqué, l’Italien enlève son maillot, se retourne vers ses coéquipiers et contracte ses muscles. L’attaquant est resté statique quelques secondes avant que Marchisio, Cassano et tous ses coéquipiers de la Squadra Azzurra ne viennent le féliciter. L’Allemagne réduit le score par Mesut Ozil dans le temps additionnel mais ne reviendra pas. Dans les rues de Rome, le nom des terminus sur la devanture des bus est remplacé par “Super Mario”. Le 28 juin 2012, Balotelli est devenu, le temps d’une nuit, le héros de l’Italie.

21. Zidane, de la suite dans les idées
France – Angleterre : 2-1
Premier tour – Euro 2004

Quatre ans après avoir conclu l’Euro 2000 de la plus dingue des manières, les Bleus ont remis le couvert à l’occasion de l’ouverture de l’édition suivante. L’épilogue ne sera pas aussi heureux qu’à Rotterdam mais l’introduction de Lisbonne, elle, valait le détour. Face aux Anglais, comme face aux Italiens à Rotterdam, les Tricolores commencent par être menés, un but signé Lampard (37e), passent aussi à deux doigts du précipice, dont ils sont extirpés in extremis par un certain Fabien Barthez lorsqu’il détourne un penalty de David Beckham (72e).

Et puis… Zinédine Zidane sort de sa boite. Un coup franc magistral qui part droit dans le but de David James. 91e minute. 1-1. Un moindre mal. Et puis, dans la foulée, devant un stade de la Luz médusé puisque bourré d’Anglais, Thierry Henry vient intercepter une improbable passe en retrait de Steven Gerrard. Le Gunner est fauché en plein vol par James. Penalty. Un petit vomi d’émotion signé ZZ avant de s’y coller et le pied droit ne tremble pas. Les Anglais avaient tiré les premiers. Les Français ont eu le dernier mot.

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