Veretout : “Rome, c’est comme une ville morte”

SERIE A – Confiné chez lui avec sa compagne et ses deux enfants depuis maintenant six semaines, Jordan Veretout a accepté de se confier longuement à Eurosport. Le milieu de terrain, débarqué à l’AS Rome à l’été 2019, nous raconte notamment son quotidien, partagé entre son rôle de père de famille et son métier de footballeur professionnel. Entretien.

En Italie, le confinement a été décrété le 9 mars dernier. Comment le vivez-vous ?

Jordan Veretout : C’est un peu long. Je suis avec ma famille et tout le monde est en bonne santé, c’est le principal. Mais c’est certain que la vie d’avant manque. On espère sortir de ce confinement le plus rapidement possible. Rome est généralement une ville qui bouge, où il y a des touristes. C’est très bizarre de la voir aussi calme. C’est comme une ville morte.

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Pour un footballeur professionnel, n’est-ce pas trop dur de rester en forme quand on est à domicile ?

J.V : C’est très dur (rires) ! Je pense que c’est la chose la plus dure. Une semaine, deux semaines, ça va… Mais là, ça va faire cinq-six semaines d’entraînement tout seul. On a un suivi, il faut garder le rythme et ne pas prendre de poids. On a des séances très intensives. Physiquement c’est dur, mentalement aussi. Il faut s’entraîner toujours tout seul, c’est vraiment difficile.

Paulo Fonseca, votre entraîneur, vous a-t-il donné un programme à suivre ?

J.V : Oui. Quand on commence l’entraînement, on se met sur une application et le staff peut voir nos données. Depuis peu, on fait des séances vidéos avec le préparateur physique. Je me donne l’objectif de garder la condition physique. C’est mon métier, mon plaisir. Ces séances me permettent de suer et d’en chier (rires).

En Italie, le monde du football continue de diviser concernant une possible reprise. Vous, les joueurs, qu’en pensez-vous ?

J.V : C’est évident qu’il faudra faire attention. Nous, on a hâte de reprendre mais il ne faudra pas jouer avec notre santé, c’est le plus important. Il va falloir plusieurs semaines avant de se remettre dedans avec l’équipe, mais après nous serons aptes à jouer.

Si la saison reprend, ce sera vraisemblablement à huis clos. La qualité des matches, et donc du championnat, pourrait-elle en pâtir ?

J.V : Nous, on est là pour jouer devant du public et lui donner de la joie. J’ai déjà joué un match à huis clos avec l’ASSE contre Nantes. C’est difficile de se mettre dedans. On a l’impression que c’est plus un match d’entraînement qu’un match de championnat…

Le 19 avril, l’AS Rome a officialisé un accord concernant la baisse des salaires (les joueurs et le staff ont renoncé à 4 mensualités, ndlr), ce qui n’est pas forcément le cas de tous les clubs…

J.V : Nous avons la chance d’avoir un très grand groupe avec de très grandes personnalités. C’est un geste pour aider l’ensemble du club, il n’y a eu aucun doute.

L’été dernier, vous étiez très courtisé sur le mercato (le Napoli et l’AC Milan étaient notamment intéressés, NDLR). Pourquoi avoir opté pour les Giallorossi ?

J.V : Il y avait d’autres clubs, c’est vrai. Après, j’ai eu le coach (Paulo Fonseca) au téléphone, il a fait beaucoup de choses pour que je vienne. C’est très important pour un joueur. J’ai aussi des amis italiens qui m’ont donné des conseils en me disant que la Roma était un grand club. J’ai eu l’occasion de jouer contre ces dernières saisons avec la Fiorentina, et j’ai pu voir que jouer à l’Olimpico devant les tifosi, c’est quelque chose d’énorme. Mon rachat (il était en prêt, NDLR) a été officialisé il y a peu et j’en suis très content.

Vous avez disputé 34 matches sur 36, dont 28 en tant que titulaire… Pas mal pour une première saison, non ?

J.V : C’est très bien, surtout dans un grand club comme la Roma. Mais je pense que je peux faire mieux, je ne me repose pas sur mes acquis et je dois encore beaucoup travaillé. On sait que la pression est grande ici. Les tifosi ont toujours été derrière nous cette saison, malgré des difficultés. Javier Pastore, qui parle français, m’a également bien aidé, je m’entends super bien avec lui. J’ai joué contre lui lorsqu’il était au PSG et moi à mes débuts avec Nantes. Aujourd’hui, nous sommes coéquipiers et je le remercie pour son aide. C’est une très bonne première saison pour moi et j’espère qu’elle se finira bien, avec des objectifs collectifs qui seront atteints.

Paulo Fonseca semble fait l’unanimité à Rome. Quel genre d’entraîneur est-il ?

J.V : C’est un très grand coach. Il a beaucoup de charisme, tout le monde est à l’écoute. Sur le terrain, il est très fort. On a pu remarquer qu’on a mis beaucoup d’équipes en difficulté cette saison. Chaque jour, à l’entraînement, il essaie de nous faire progressser. Toute l’équipe s’améliore et j’espère que ça va continuer. C’est un coach qui veut qu’on marque des buts, c’est un jeu offensif. Il y a une période où nous avons été moins bien et il a su resserrer la vis. Son adaptation, c’est l’une de ses forces.

Comment expliquez-vous les nombreuses blessures qui touchent la Roma chaque saison ?

J.V : On a eu beaucoup de pépins. Toutefois, on travaille super bien et on a des préparateurs physiques qui sont au top. Il y a aussi de la malchance. A la reprise, tout le monde devrait être revenu de blessure, sauf Nicolò Zaniolo (rupture du ligament croisé antérieur du genou droit en janvier dernier, NDLR). C’est certain que ça fera du bien à tout le monde.

Vous êtes arrivé trop tard pour rencontrer Francesco Totti, légende du club et qui a décidé de quitter son rôle de dirigeant le 17 juillet dernier…

J.V : On ressent toujours sa présence. A Rome, il fait maintenant du foot à cinq. Il peut jouer le lundi soir à 21h que le stade sera toujours plein. En plus, on voit passer plusieurs vidéos avec ses buts. J’aimerais le rencontrer. Mais il y en a un autre aussi…

Oui ?

J.V : Daniele De Rossi. Je l’ai loupé d’une année, c’est aussi une légende avec Totti. J’aurais bien aimé jouer avec des joueurs comme ça. J’ai vu la vidéo où “DDR” se grime pour aller dans la Curva Sud lors du dernier derby. C’est extraordinaire. Il est amoureux de ce club, c’est quelqu’un de Rome.

Un peu plus de deux ans après son décès, quel souvenir gardez-vous de Davide Astori, votre ancien capitaine à la Fiorentina ?

J.V : C’était un grand joueur et un grand capitaine, sur le terrain et en dehors. C’était une personne humble et exceptionnelle. Ce qu’il montrait sur le terrain, je ne pourrais jamais faire comme lui. Je donne le maximum pour lui ressembler, surtout humainement. C’était une personne en or.

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