TOP14: Ces clubs maintenus mais pas encore sauvés

Avec la fin de la phase régulière désormais actée en raison de l’épidémie de coronavirus, ils peuvent enfin tirer un trait sur cette saison chaotique avec la certitude de retrouver l’élite du rugby français. “Aujourd’hui, on a complètement basculé sur la saison prochaine et ça fait du bien dans les têtes, souffle Philippe Tayeb le président de l’Aviron bayonnais. Ça nous pesait. On referme ce livre, c’est une saison à oublier et on est heureux de se projeter sur la prochaine.” Un véritable soulagement pour des clubs qui sont dans le flou depuis un mois désormais même si les inquiétudes liées à cette immense intersaison demeurent. “On peut basculer psychologiquement car oui on ne jouera plus cette saison, analyse le directeur général du Stade Français, Thomas Lombard. Mais quand on est sportif, on a besoin de pratiquer. Les joueurs sont dans une posture complexe aujourd’hui.”

En coulisses, les différents staffs se sont déjà projetés sur différents plans de reprise en fonction de l’évolution de la crise sanitaire. Financièrement aussi, les dirigeants tentent d’anticiper ces “vacances” qui s’annoncent spéciales. “Sur le plan économique, on espère que l’on pourra obtenir le chômage partiel jusqu’au mois de juin, et que les congés soient purgés durant le mois de juin car on s’attend à une situation économique qui sera un tsunami, s’inquiète le Jean-François Fonteneau président du SU Agen. J’étais plutôt optimiste au regard de notre tissu économique mais nous avons des retours qui ne sont pas bons du tout.”

“Un tsunami économique”

Les joueurs ne sont plus actifs depuis la mi-mars et la majorité des clubs non concernés par les phases finales voudraient reprendre le 1er juillet, avant de lancer la saison prochaine en septembre. “Ce sera très long pour remettre les joueurs en piste, poursuit Fonteneau. C’est un arrêt inédit. Si on ne garde pas le chômage partiel c’est injouable pour nous.” A Bayonne on espère ainsi reprendre l’entrainement 8 à 10 semaines avant la première journée du Top 14 2020-2021. Pour sauver les bilans financiers les clubs qui ne joueront plus comptent bien évidemment sur une baisse des salaires, évoquée dans tous les effectifs. “On va souffrir, confirme Lombard. Les salaires représentent environ 80% des charges des clubs aujourd’hui. Je parle des salaires des joueurs, des entraineurs et certaines personnes de l’administratif. Tout le monde devra se montrer solidaire.” Des discussions sont en cours mais “rien ne sera imposé aux joueurs”, annonce Tayeb.

Cette décision sera prise au cas par cas dans chaque club du championnat. “On va essayer de se battre pour ne pas être au-delà de 10% de baisse de salaires, confie le président agenais. On en a parlé avec les joueurs et le staff, notamment ce matin lors d’une réunion téléphonique. Je suis l’actionnaire majoritaire de ce club, le responsable sur le plan économique. D’ici quinze jours, je pense que les choses seront réglées.” Diminuer les salaires pour compenser la perte de certains partenaires qui se chiffre entre 30 et 40% dans un club comme Agen. Et même si à Brive, le président Simon Gillham salue “l’énorme élan de solidarité de la part de nos abonnés, du public, des sponsors, des partenaires, des collectivités, une énorme, énorme solidarité et ça fait chaud au cœur d’ailleurs”, cette coupure forcée aussi longue qu’inédite risque de ne pas être de tout repos pour les clubs du Top 14.

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