Top 14: Le mois d’août tient la corde pour finir la saison

Il d’abord fallu encaisser puis se rendre à l’évidence. Beaucoup se font fait une raison depuis les annonces Emmanuel Macron lundi soir. Avec un prolongement du confinement jusqu’au 11 mai et l’interdiction d’événements ouverts à un public nombreux au moins jusqu’à mi-juillet pour endiguer l’épidémie de coronavirus, le Président de la République a en quelque sorte indirectement cassé le rêve de certains présidents trop confiants. Ceux-ci voulaient s’accrocher, même à huis clos, à la tenue des phases finales (et uniquement de phases finales car le reste de la saison est annulée, sans descente ni montée) achevées le 18 juillet au Stade de France, et non le 26 juin comme initialement prévu.

Pas de faux espoirs pour juin-juillet

Si le scénario n’a pas été officiellement abandonné à l’issue des réunions du jour, dont celles, très longue ce soir, entre tous les présidents de clubs de Top 14 et Pro D2, il a plus que du plomb dans l’aile selon les informations de RMC Sport. “C’est très, très improbable”, nous dit-on. “Il n’y a plus d’illusions”, selon un autre intervenant. “Faire des mêlées normalement dans un plan de déconfinement, ça parait insensé”, pour un interlocuteur. Pourquoi alors ne pas abandonner définitivement dès maintenant cette perspective du 18 juillet? Pour des questions d’assurance et par rapport au diffuseur Canal+ qui pourrait, dans ce cas-là, renoncer à verser la dernière tranche des droits télé pour la saison actuelle (environ 15 millions d’euros). “Les annonces d’Emmanuel Macron ont quasiment officialisé qu’on ne puisse plus jouer cette saison”, selon une source. Surtout, tant que le gouvernement n’a pas sifflé officiellement la fin de ce scénario, ce qui pourrait être le cas dans les deux semaines à venir, la LNR et les présidents le maintiennent officiellement. Sans trop se faire de faux espoirs…

L’hypothèse privilégiée du mois d’août

Ce n’est pas pour autant que la saison est, pour l’heure, gelée. Etant donné qu’il n’est aujourd’hui pas question d’annuler toute la fin de saison contrairement à d’autres sports, les hommes forts du Top 14 et la LNR ont encore planché mercredi sur une autre hypothèse que nous évoquions mardi: terminer la saison de Top 14 et Pro D2 au mois d’août, voire en septembre, avant le début de la suivante. Sur le plan sportif, cette éventualité aurait le mérite de sacrer un champion de France après avoir disputé deux-tiers de la saison. L’équité sportive réclamée par certains (du haut de tableau) s’appliquerait. Financièrement, cela présenterait divers avantages: possiblement conserver le chômage partiel jusqu’au 30 juin pour tous les clubs, adresser un geste aux partenaires et conserver l’apport de Canal+, tenu au courant des différents scénarios. Là aussi, il s’agirait de deux week-ends de phases finales: demi-finales et finale au mois d’août. Une ou deux semaines avant le début de la saison suivante.

Vraiment avec du public?

La fête ne serait alors que très courte pour le potentiel vainqueur. Après avoir soulevé le Bouclier de Brennus, il faudrait dès le lendemain ou presque repartir à zéro… Après les 17 premières et uniques journées de la saison régulière, seuls l’UBB, Lyon, le Racing 92 et Toulon seraient concernés. Et donc d’autres prétendants comme Toulouse, champion de France en titre, resteraient sur le carreau si, comme on nous l’indique ces dernières heures, les quarts de finale passaient à la trappe… En décalant d’un mois, certains présidents espèrent aussi éviter les matchs à huis clos. Mais rien ne dit que le public sera alors de retour dans les stades. Il est même franchement permis d’en douter. Une hypothèse envisagée en coulisses par les autorités sanitaires serait même de prolonger les interdictions de grands rassemblements jusqu’à la fin du mois d’août. A l’étranger, plusieurs pays européens sont, eux, déjà allés plus loin en interdisant tout événement de masse.

Avec quels effectifs et quelles vacances?

Mais l’autre gros inconvénient de ce scénario concerne les contrats de joueurs. Quels effectifs seront concernés? Plusieurs seront effectivement amenés à changer de club le 1er juillet et rateraient donc ces phases finales, voire, encore plus étonnant, les disputeraient éventuellement sous le maillot d’un autre club. A l’UBB, la star fidjienne Semi Radradra, déjà engagée à Bristol, pourrait ainsi ne plus être là pour les matchs les plus importants de son club actuel. Assez ubuesque sur le papier. Ce serait en effet les effectifs de la saison 2020-2021 qui jouerait ces phases finales. L’idée de prolonger automatiquement les contrats jusqu’à la fin de la saison semble compliquée à réaliser avec ces quatre ou cinq semaines de plus. Ou alors avec un système d’avenants à l’ensemble des effectifs et d’accord entre les clubs concernés? “Il faudra alors bien le cadrer juridiquement”, selon un agent. “Mais à situation exceptionnelle, dispositif exceptionnel”, répond, fataliste, un dirigeant. Qu’en sera-t-il aussi des vacances traditionnellement imposées entre les deux saisons? Dans le monde du rugby, ils sont pourtant nombreux à se lasser de ces scénarios en cesse évolution. “Tous les jours, les présidents ont une idée nouvelle, regrette un proche de plusieurs clubs. C’est quoi la prochaine?” D’ici fin avril, on devrait enfin y voir plus clair. D’abord avec le plan de sortie de confinement annoncé par le gouvernement et le ministère des Sports. Puis il sera temps d’entériner les décisions pour le Top 14 et la Pro D2 lors d’un comité directeur puis l’assemblée générale. Il faudra également de toute façon attendre le plan de sortie du ministère des Sports pour tout valider.

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