Top 14: “La moins mauvaise solution” selon Roubert, président du Lou

Yann Roubert, quelles ont été les logiques de vos réunions ces derniers jours qui poussent désormais à des phases finales en août?

Les annonces du Président et du gouvernement ne sont pas des bonnes nouvelles pour le rugby, c’est une évidence. Mais elles au moins le mérite de quasiment clarifier la situation. Elles rendent très improbable une fin de saison comme on l’espérait en juin-juillet. C’est malheureux mais ça permet de réfléchir à d’autres hypothèses avec plus d’espoirs, et a priori de basculer vers l’avenir.

>> Le sport face au coronavirus: la situation en direct

Beaucoup s’interrogent sur la vraie valeur de ce titre de champion de France dans ces conditions…

La saison sera forcément incomplète et particulière. Mais cette situation exceptionnelle impose un dispositif exceptionnel. Personne n’est évidemment heureux de cette situation et d’une saison aussi incomplète. Nous sommes bien conscients que nous travaillons sur le moindre mal par rapport à tous ceux qui s’offrent à nous, et la moins mauvaise solution à défaut d’une situation parfaite.

De nombreux supporters regrettent que la LNR et les clubs privilégient l’argent potentiel du diffuseur plutôt que d’annuler la fin de saison. Que leur répondez-vous?

C’est évidemment une des composantes que de vouloir satisfaire nos partenaires et notre diffuseur. Au-delà de ça, il y a aussi et surtout l’envie de rejouer au rugby pour tous ceux qui aiment ce sport, les clubs, les joueurs, les supporters et tous les fans d’une manière générale. Après autant de temps sans notre sport, on aura tous envie et faim de rugby. Nous serons tous heureux d’avoir un épilogue à cette saison, fut-elle aussi particulière. Avant l’argent, la première priorité, et de très loin, c’est la santé. La deuxième, c’est que le rugby manque à tous et on essaie de ne pas se résigner au fait de ne plus jouer du tout. Cela permet de garder une certaine logique sportive et d’essayer de rejouer.

Dès lundi, vous aviez été le premier président à évoquer sur RMC Sport votre préférence pour terminer la saison en août. Un consensus a-t-il été trouvé facilement ?

Oui, car dès la semaine dernière, pas mal d’échanges ont fusé lors des différentes réunions. Il n’y a pas eu la moindre objection hier en réunion des présidents et un consensus se dessinait dès la semaine dernière car on redoutait de ne pas jouer cette fin de saison. Et on le redoute encore plus depuis lundi.

Le scénario de terminer la saison le 18 juillet existe encore officiellement mais sans faux espoirs

Il existe encore mais la lucidité commande de ne pas se faire d’illusions. On attend évidemment de connaître le plan de déconfinement et les décisions gouvernementales qui seront prises, sans fonder trop d’espoirs, même s’ils ne sont pas encore officiellement tués, sur cette fin de saison en juin-juillet. D’autant qu’il a déjà été annoncé qu’il n’y aurait pas de rassemblements avec du public d’ici le 15 juillet. Ce qui permettrait, dans le meilleur des cas, une finale le 18 juillet avec du public, et personne n’a envie d’avoir uniquement une finale.

Mais rien ne dit que vous pourrez bel et bien disputer des matchs ouverts au public en août…

Il n’y a malheureusement aucune incertitude, juste un peu plus d’espoir quand on voit que le Tour de France devrait se lancer le 29 août. Comme tous les amoureux du sport, on espère que ce sera avec du public. Mais on espère avoir le cortège de supporters, de joies et d’émotions qui vont avec. Même sans aucune certitude, on essaie de maximiser nos chances.

“La santé de tous, y compris les joueurs, reste l’extrême priorité”

Plus surprenant encore est le fait que les phases finales de la saison actuelle seraient disputées en août avec les effectifs de la saison prochaine…

Oui, car fin août c’est très compliqué non seulement de garder deux mois de plus les joueurs qui ont des engagements ailleurs et de ne pas faire jouer des joueurs qui auraient signé au 1er juillet.

Mais en imaginant par exemple l’UBB sans son meilleur joueur, Semi Radradra, qui rejoindra Bristol cet été, on peut franchement être étonné…

Oui, ça étonne et ça déçoit car les joueurs qui ont disputé cette grosse partie de saison sont ceux que l’on a envie de voir sur le terrain et qui méritent d’y être. C’est effectivement une déception. C’est un autre des effets de bord de cette situation imparfaite, mais, encore une fois, c’est le moindre mal. Pour se consoler, on peut se dire que l’UBB pourra faire jouer Ben Lam à la place.

Sentez-vous une inquiétude chez les joueurs à l’idée de rejouer?

Bien sûr, chez les joueurs comme chez tous les hommes et les femmes qui sortent d’un confinement. Tout le monde est conscient de la situation et des risques qu’il peut y avoir. Le prolongement du confinement inquiète, cela veut dire que ce n’est pas pour rien. Tout le monde a conscience que le déconfinement sera progressif.  Et avec les gestes barrières et les mesures de distanciation sociale, on ne voit pas comment on pourrait faire des mêlées ou des plaquages. Le fait de prendre plus de temps doit permettre, on l’espère, à la situation de s’améliorer même si nous sommes conscients que nous n’avons pas de certitudes. La santé de tous, y compris les joueurs, reste l’extrême priorité. Il y a forcément des questions et des inquiétudes chez les joueurs. Le fait de très probablement prendre le temps jusqu’au mois d’août permet sans doute de clarifier la situation et d’avoir plus de certitudes en espérant que ça aille mieux d’ici là.

Les clubs français ont fait une demande pour que huit d’entre eux puissent disputer la prochaine Champions Cup alors que dans un premier temps, les présidents avaient imaginé des matchs de barrage. C’est désormais à l’EPCR de trancher?

Oui, exactement. L’EPCR, ce sont les trois Ligues et les six Fédérations. Ça se décide au sein du Board de l’EPCR. C’est une proposition que l’on a faite et cela pourrait être une solution. En revanche, est-ce que c’est faisable logistiquement? Cela a évidemment des implications sur la Chalenge Cup et donc sur les partenaires ainsi que les diffuseurs. Et est-ce que tout le monde est d’accord pour ça chez nos partenaires étrangers? A voir lors des prochaines réunions. Il faudra tenir compte aussi de la situation internationale. Il y a encore beaucoup d’inconnues pour établir un calendrier définitif.

Lire la suite sur RMC Sport

Top 14: “La moins mauvaise solution” selon Roubert, président du Lou

Yann Roubert, quelles ont été les logiques de vos réunions ces derniers jours qui poussent désormais à des phases finales en août?

Les annonces du Président et du gouvernement ne sont pas des bonnes nouvelles pour le rugby, c’est une évidence. Mais elles au moins le mérite de quasiment clarifier la situation. Elles rendent très improbable une fin de saison comme on l’espérait en juin-juillet. C’est malheureux mais ça permet de réfléchir à d’autres hypothèses avec plus d’espoirs, et a priori de basculer vers l’avenir.

>> Le sport face au coronavirus: la situation en direct

Beaucoup s’interrogent sur la vraie valeur de ce titre de champion de France dans ces conditions…

La saison sera forcément incomplète et particulière. Mais cette situation exceptionnelle impose un dispositif exceptionnel. Personne n’est évidemment heureux de cette situation et d’une saison aussi incomplète. Nous sommes bien conscients que nous travaillons sur le moindre mal par rapport à tous ceux qui s’offrent à nous, et la moins mauvaise solution à défaut d’une situation parfaite.

De nombreux supporters regrettent que la LNR et les clubs privilégient l’argent potentiel du diffuseur plutôt que d’annuler la fin de saison. Que leur répondez-vous?

C’est évidemment une des composantes que de vouloir satisfaire nos partenaires et notre diffuseur. Au-delà de ça, il y a aussi et surtout l’envie de rejouer au rugby pour tous ceux qui aiment ce sport, les clubs, les joueurs, les supporters et tous les fans d’une manière générale. Après autant de temps sans notre sport, on aura tous envie et faim de rugby. Nous serons tous heureux d’avoir un épilogue à cette saison, fut-elle aussi particulière. Avant l’argent, la première priorité, et de très loin, c’est la santé. La deuxième, c’est que le rugby manque à tous et on essaie de ne pas se résigner au fait de ne plus jouer du tout. Cela permet de garder une certaine logique sportive et d’essayer de rejouer.

Dès lundi, vous aviez été le premier président à évoquer sur RMC Sport votre préférence pour terminer la saison en août. Un consensus a-t-il été trouvé facilement ?

Oui, car dès la semaine dernière, pas mal d’échanges ont fusé lors des différentes réunions. Il n’y a pas eu la moindre objection hier en réunion des présidents et un consensus se dessinait dès la semaine dernière car on redoutait de ne pas jouer cette fin de saison. Et on le redoute encore plus depuis lundi.

Le scénario de terminer la saison le 18 juillet existe encore officiellement mais sans faux espoirs

Il existe encore mais la lucidité commande de ne pas se faire d’illusions. On attend évidemment de connaître le plan de déconfinement et les décisions gouvernementales qui seront prises, sans fonder trop d’espoirs, même s’ils ne sont pas encore officiellement tués, sur cette fin de saison en juin-juillet. D’autant qu’il a déjà été annoncé qu’il n’y aurait pas de rassemblements avec du public d’ici le 15 juillet. Ce qui permettrait, dans le meilleur des cas, une finale le 18 juillet avec du public, et personne n’a envie d’avoir uniquement une finale.

Mais rien ne dit que vous pourrez bel et bien disputer des matchs ouverts au public en août…

Il n’y a malheureusement aucune incertitude, juste un peu plus d’espoir quand on voit que le Tour de France devrait se lancer le 29 août. Comme tous les amoureux du sport, on espère que ce sera avec du public. Mais on espère avoir le cortège de supporters, de joies et d’émotions qui vont avec. Même sans aucune certitude, on essaie de maximiser nos chances.

“La santé de tous, y compris les joueurs, reste l’extrême priorité”

Plus surprenant encore est le fait que les phases finales de la saison actuelle seraient disputées en août avec les effectifs de la saison prochaine…

Oui, car fin août c’est très compliqué non seulement de garder deux mois de plus les joueurs qui ont des engagements ailleurs et de ne pas faire jouer des joueurs qui auraient signé au 1er juillet.

Mais en imaginant par exemple l’UBB sans son meilleur joueur, Semi Radradra, qui rejoindra Bristol cet été, on peut franchement être étonné…

Oui, ça étonne et ça déçoit car les joueurs qui ont disputé cette grosse partie de saison sont ceux que l’on a envie de voir sur le terrain et qui méritent d’y être. C’est effectivement une déception. C’est un autre des effets de bord de cette situation imparfaite, mais, encore une fois, c’est le moindre mal. Pour se consoler, on peut se dire que l’UBB pourra faire jouer Ben Lam à la place.

Sentez-vous une inquiétude chez les joueurs à l’idée de rejouer?

Bien sûr, chez les joueurs comme chez tous les hommes et les femmes qui sortent d’un confinement. Tout le monde est conscient de la situation et des risques qu’il peut y avoir. Le prolongement du confinement inquiète, cela veut dire que ce n’est pas pour rien. Tout le monde a conscience que le déconfinement sera progressif.  Et avec les gestes barrières et les mesures de distanciation sociale, on ne voit pas comment on pourrait faire des mêlées ou des plaquages. Le fait de prendre plus de temps doit permettre, on l’espère, à la situation de s’améliorer même si nous sommes conscients que nous n’avons pas de certitudes. La santé de tous, y compris les joueurs, reste l’extrême priorité. Il y a forcément des questions et des inquiétudes chez les joueurs. Le fait de très probablement prendre le temps jusqu’au mois d’août permet sans doute de clarifier la situation et d’avoir plus de certitudes en espérant que ça aille mieux d’ici là.

Les clubs français ont fait une demande pour que huit d’entre eux puissent disputer la prochaine Champions Cup alors que dans un premier temps, les présidents avaient imaginé des matchs de barrage. C’est désormais à l’EPCR de trancher?

Oui, exactement. L’EPCR, ce sont les trois Ligues et les six Fédérations. Ça se décide au sein du Board de l’EPCR. C’est une proposition que l’on a faite et cela pourrait être une solution. En revanche, est-ce que c’est faisable logistiquement? Cela a évidemment des implications sur la Chalenge Cup et donc sur les partenaires ainsi que les diffuseurs. Et est-ce que tout le monde est d’accord pour ça chez nos partenaires étrangers? A voir lors des prochaines réunions. Il faudra tenir compte aussi de la situation internationale. Il y a encore beaucoup d’inconnues pour établir un calendrier définitif.

Lire la suite sur RMC Sport