“Sans ses supporters, le football n’est rien”

Les images avaient fait le tour de l’Europe. Le 11 mars dernier, le PSG validait son ticket pour les quarts de finale de Ligue des champions, en s’imposant face à Dortmund (2-0) dans un Parc des Princes à huis clos. Après de brèves scènes de joies sur le terrain, les joueurs n’avaient qu’une hâte : retrouver les milliers de supporters entassés sur le parvis derrière la tribune Auteuil. Pour célébrer, comme il se doit, cette qualification avec le 12e homme parisien.

Di Maria (PSG)

Di Maria (PSG)Getty Images

Les images de cette folle soirée parisienne rappellent que les joueurs, quels que soient leur statut et leur carrière, ont besoin de leurs supporters. “Autant annuler que jouer à huis clos“, déclarait Marquinhos avant ce huitième de finale retour. Aujourd’hui, l’hypothèse de voir les dernières rencontres du championnat se disputer dans des stades vides semble de plus en plus crédible. Selon L’Equipe, la LFP travaille sur une reprise de la Ligue le 3 ou le 17 juin prochain, et envisage de disputer les dix journées restantes en un peu plus d’un mois. Si ce scénario prenait forme, les rencontres se disputeraient sans doute sans supporters, au vu de l’interdiction, jusqu’à mi-juillet, d’événements “avec public nombreux” annoncée par Emmanuel Macron lundi.

Une éventuelle injustice

Sans ses supporters, le football n’est rien” assure Bastien, jeune supporter du FC Nantes et abonné à la Beaujoire. Habitué de la tribune Loire, où est situé le groupe de supporters nantais “Brigade Loire”, il justifie leur importance notamment par le rythme du calendrier de la saison : “Ça peut paraître bête, mais ce n’est pas pour rien s’il y a un match à domicile et à l’extérieur, c’est parce que jouer à domicile te donne un avantage“.

Ainsi, une éventuelle fin de saison à huis clos pourrait poser problème au niveau de l’équité sportive. L’exemple de l’Olympique de Marseille est le plus parlant. Si on part du principe que la saison se termine à huis clos, le deuxième acte du Classique se jouerait alors sans les supporters olympiens, réputés pour assurer l’une des meilleures ambiances de France. L’OM serait sérieusement handicapé, alors que le PSG avait déroulé lors du match aller (4-0) dans un Parc des Princes à guichets fermés. Même son de cloche du côté de l’OL, qui après s’être incliné dans un Vélodrome en fusion en novembre dernier (2-1), recevrait Payet et sa troupe dans un Groupama Stadium vide lors de la 33e journée.

Situation exceptionnelle signifie décision exceptionnelle

Mais malgré ces arguments avancés, Bastien reconnaît que la situation est complexe : “Il ne serait pas juste de finir la saison maintenant, ni d’acter une saison blanche. Un championnat se joue sur 38 journées, et non sur 28. Donc, si la seule et unique solution pour aller au bout de la saison est de jouer les matches restants à huis clos… alors fatalement, il faudra le faire“.

Un sentiment partagé par Hugo, supporter marseillais et abonné au Virage Sud du stade Vélodrome. “Normalement, le foot sans supporters, ça n’est pas possible. Mais la situation est tellement exceptionnelle qu’il faut s’adapter” explique le jeune fan de l’OM. Avant de se montrer un peu plus fataliste, notamment sur la question des enjeux économiques : “Et malgré tout ce que je pense de ce fameux foot-business, il y a des enjeux économiques énormes. Finir la saison à huis clos, je peux le concevoir même si ça me fait vraiment ch**r “.

Alors qu’aucune décision officielle n’a encore été prise concernant la fin du championnat de France, il paraît compliqué de voir les derniers matches de Ligue 1 se disputer devant des stades pleins. Une hypothèse bien triste mais qui semble être la plus réaliste au vu de la situation actuelle et des dernières mesures prises par le gouvernement. Sans supporters, l’excitation causée par le retour de la compétition sera bien moindre.

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