Rougerie, Romeu, Magne, Saint-André… Le XV de légende de Clermont par Floch

Le XV de ses partenaires à Clermont :

1. Thomas Domingo (2006-2017)

“La vachette”. Au début, lors de ses premiers entraînements, il était tout rouge. Il explosait physiquement. Finalement, c’est lui qui a explosé tout le monde par la suite. Il était très difficile à faire tomber, mais aussi très bon avec le ballon. C’est dommage que ses blessures récurrentes au genou ne lui aient pas permis d’avoir la carrière internationale qu’il aurait dû avoir.

2. Mario Ledesma (2005-2011)

Charismatique et leader naturel sur un terrain. En plus de ça, un mec très intelligent.

3. David Zirakashvili (2004-2020)

Pour être honnête, quand il a débarqué en 2004 en qualité de joker médical, on ne savait pas trop à quoi s’attendre. Ça fait maintenant 16 ans qu’il tient la baraque. De plus, c’est un garçon formidable. J’ai tout de même longtemps hésité avec Martin Scelzo qui était très solide en mêlée. Mais en soirée, c’était le plus chiant, à toujours essayer de rouler des pelles aux trois-quarts, du coup j’ai préféré le mettre sur le banc.

Top 14 - Dato Zirakashvili (Clermont) contre La Rochelle

Top 14 – Dato Zirakashvili (Clermont) contre La RochelleIcon Sport

4. Jamie Cudmore (2005-2016)

Craint par tout le monde. Rugueux et gros plaqueur, mais c’était aussi un garçon très bon, ballon en mains. Forcément, je ne peux pas le dissocier de Thibaut…

5. Thibaut Privat (2003-2011)

J’ai fait 11 ans en pro avec Thibaut (Clermont puis Montpellier). Ce n’était pas le plus costaud, pas le plus rapide, mais alors quand il rentrait dans un ruck ça faisait un bruit… Comme il me le répète : avec Mignoni c’est moi qui ai fait votre carrière, c’est grâce à moi si vous avec eu tous ces ballons. Le pire, c’est qu’il a raison. Sans ces garçons, on ne peut pas briller derrière. Il excellait dans le travail de l’ombre.

6. Alexandre Audebert (1999-2012)

En terme de professionnalisme et de longévité, il n’y a pas mieux que “Bébert”. Un gros travailleur, mais aussi un gros défenseur. Il lisait très bien le jeu. J’ai hésité avec Alexandre Lapandry, mais il est encore en activité, il a du temps devant lui…

L'ancien troisième ligne de Clermont, Alexandre Audebert, en 2011

L’ancien troisième ligne de Clermont, Alexandre Audebert, en 2011Icon Sport

7. Olivier Magne (1999-2005)

Je ne pouvais pas mettre un mec comme Bonnaire… Parce que j’ai joué avec Olivier Magne. C’était un choix vraiment cornélien mais j’ai mis “Charly” car c’était vraiment la classe. Il savait tout faire. Dans n’importe quel sport, il était doué. D’ailleurs, souvent, à la fin des entraînements, on se faisait un petit concours de tirs au but et même pour ça il était performant. Il a même joué trois-quart centre…

8. Elvis Vermeulen (2001-2014)

Là, c’était facile pour moi. Le “gros” Vermeulen c’était un tank. Il avançait tout le temps. Puis il y a le rugby sur le terrain, mais surtout en dehors, et dans un groupe Elvis c’est un amour. C’était du bonheur de pouvoir jouer avec un mec formidable comme lui.

9. Morgan Parra (2009-présent)

Le merdeux. J’ai évolué avec de grands 9 (Pierre Mignoni, Alessandro Troncon) mais Morgan c’est celui avec qui j’ai le plus joué. Quel leader, quelle rage de vaincre ! Sur un terrain, c’est un chien. Des fois, je lui dis d’arrêter de se livrer de cette manière avec son petit corps… J’ai une image de lui lors de la finale de 2017 contre Toulon, lorsqu’il est allé gratter l’ultime ballon de la partie. Ça veut tout dire…

10. Brock James (2006-2016)

Je ne pouvais pas le mettre de côté. Une passe magnifique, un jeu au pied incroyable… Pour l’anecdote, quand il est arrivé au club, personne ne le connaissait, et on va jouer à Biarritz pour notre premier match de la saison. Moi je butais un peu, à cette époque. Première pénalité du match, il vient me voir et il me dit : « Laisse-la moi, je la sens bien”. Je n’ai plus jamais tapé derrière. Très sérieux et complet, je suis persuadé que ça sera un entraîneur formidable.

11. Julien Malzieu (2002-2015)

Le choix le plus facile. C’est comme mon frère. Il y a l’affinité, certes on se connaît par coeur, mais c’était un cheval. Il courait vite, mettait des raffuts, des crochets… Mais ça venait, avant tout, d’une grosse fainéantise. Il n’aimait pas tomber, du coup, c’était une charogne.

Julien Malzieu - clermont - 4 mai 2013

Julien Malzieu – clermont – 4 mai 2013Icon Sport

12. Tony Marsh (1999-2007)

Marsh, c’est aussi la classe, quel joueur ! Quand je suis arrivé je le badais. C’était très propre, à l’instar de Magne, avec beaucoup de charisme. Wesley Fofana aurait pu prétendre à une place, mais comme pour Lapandry, il a encore du temps devant lui…

13. Aurélien Rougerie (1999-2018)

J’ai mis un grand blond. Que dire de plus, hormis que c’est l’icône de tout un peuple. Il a même une statue aujourd’hui. Après j’aurais pu le placer à l’aile, on formait un triangle d’Auvergnats avec Julien. Mais bon en 14, il y avait un sacré client.

Aurelien Rougerie - Clermont

Aurelien Rougerie – ClermontIcon Sport

14. Napolioni Nalaga (2006-2011/2012-2015)

C’était pas le plus grand rugbystiquement, mais c’était une force de la nature. Il a marché sur tout le monde pendant des années. Il avait des bras, des mains… C’était impressionnant. Un extra-terrestre. En comparaison avec Rupeni Caucaunibuca, un autre grand ailier de l’époque, il était beaucoup plus sérieux, “Napo » n’a jamais fait sauter un entraînement. Avec Vern Cotter, c’était impossible de toute manière. Mais Rupen’s c’est le mec contre qui j’ai eu le plus de mal à défendre, un véritable poison.

15. Jean-Marcellin Buttin (2011-2015)

On s’entendait très bien tous les deux mais, malheureusement, on n’a pas pu jouer longtemps ensemble. J’ai une petite déception sur le fait qu’il n’ait pas été conservé, c’était peut-être une erreur. Ce n’est que mon avis. Mais c’est vrai qu’il était très doué, il m’a même mis sur le banc. Pour moi, il représentait la relève clermontoise.

Les remplaçants :

16. Benjamin Kayser : pour sa longévité et son leadership.

17. Laurent Emmanuelli : très bon pilier et dans un effectif, il était génial. Pendant des années, il a été pour beaucoup dans la cohésion du groupe.

18. Julien Pierre : il y avait Cudmore et Privat, mais également Pierre dans la rotation à ce poste.

19. Julien Bonnaire : je le mets sur le banc. Je suis obligé.

20. Pierre Mignoni : déjà un gros leader à l’époque, un sacré joueur.

21. Gérald Merceron : et oui forcément. Je ne le mets pas titu mais quand j’ai débuté à ses côtés c’était un honneur.

22. Wesley Fofana : quand il est arrivé on l’a pris un peu sous notre aile avec Malzieu. Franchement, il m’a bluffé avec la carrière qu’il réalise.

23. Sébastien Viars : un joueur complet avec une belle qualité de relance

Le XV des anciens :

Pour moi, tous les joueurs présents dans cette sélection méritent de figurer dans un “XV de légende” du club. Mon choix a été guidé par deux facteurs essentiels : leur longévité au club et leur carrière internationale.

1. Dominique Sauzade (1976-1991)

Je suis resté longtemps au club, donc j’étais forcément proche des anciens, et chacun d’entre eux me parlaient beaucoup de lui. Tout le monde disait que c’était un roc. Surnommé le “Chi”.

2. Philippe Marocco (1980-1996)

C’était un super joueur, il m’a également entraîné.

3. Fabrice Heyer (1984-1993/1994-2000)

“Bob” Heyer était avant tout un dur au mal. Contrairement à Martin Scelzo, qui était rigolo et qui ne la fermait jamais, c’était un taiseux. Il ne parlait pas beaucoup, mais ça ne lui enlevait en rien son efficacité.

4. Bernard Chevallier (1950-1965)

Dit “Dada”. Je pense qu’il a été la première star du club. Il y a même une histoire qui raconte qu’il a été exclu d’un match du Tournoi des 5 Nations car il poussait trop fort en mêlée. Il nous a quitté il y a peu, mais je me souviens qu’il avait de ces paluches… Il te prenait toute la main quand il te la serrait.

5. Olivier Merle (1989-1991/1994-2000)

Avec lui, tu voyages tranquille. Entre cette deuxième ligne et la précédente, il y a match pour moi.

Olivier Merle

Olivier MerleAFP

6. Arnaud Costes (1993-2000)

En premier lieu, c’est un Auvergnat pure souche, qui est resté longtemps au club. Avec Magne ça se complétait très bien, à l’époque. Un peu comme le tandem Bonnaire-Lapandry.

7. Jean-Marc Lhermet (1987-1999)

Je pense qu’il représente bien le club. Capitaine, leader, manager, vice-président, il est encore chargé du développement du rugby à XV du club. Il est vraiment légitime dans cette équipe.

8. Eric Lecomte (1989-2003)

J’ai beaucoup hésité entre lui et Christophe Juillet, mais j’ai vu que le “gros” Marconnet l’avait mis au Stade Français… Capable de jouer en deuxième ou troisième ligne, Lecomte, c’était un vrai besogneux.

Eric Lecomte

Eric LecomteAFP

9. Yves Lafarge (1976-1984)

Ce choix peut surprendre, mais Lafarge était très technique. Il n’a pas eu une carrière internationale aussi belle, notamment à cause d’un certain Richard Astre (demi de mêlée de Béziers) ou d’un Jacques Fouroux (demi de mêlée de La Voulte et d’Auch).

10. Jean-Pierre Romeu (1968-1981)

Et oui, l’icône de toute une génération. Avec Aurélien, ce sont les deux seuls que j’appelle : la légende.

11. Philippe Saint-André (1988-1997)

Un peu comme Chevallier pour les avants, c’était la première grosse star des trois-quarts. Capitaine du XV de France, 69 sélections avec les bleus… Quel marqueur d’essais, à 5 mètres de la ligne il était inarrêtable. Et puis on bosse ensemble, je suis obligé de le mettre.

12. Éric Nicol (1985-2001)

J’ai décalé un 10 au centre. Plus de 400 matchs avec l’ASM. Je pense qu’avec Rougerie ils se tirent la bourre. Ca vous classe un garçon. Il n’a pas eu la reconnaissance qu’il méritait, au niveau international, selon moi.

Eric Nicol

Eric NicolAFP

13. Joël Molenat (1976-1989)

Il fallait que je mette des pattes puisque Nicol n’était pas le plus rapide. Dès 22 ans, il a fait une finale de championnat (en 1978). C’était un joueur très fin que je peux comparer à Philippe Sella, dans le style.

14. Fabien Bertrank (1990-1995)

J’ai pensé à David Bory, mais Bertrank, c’est mon petit clin d’oeil. Il a dû malheureusement arrêter sa carrière très jeune (en raison d’un accident de la route) mais au sein du club, tout le monde était unanime pour dire qu’il aurait eu une grande carrière sans ce coup du sort.

15. Michel Droitecourt (1970-1982)

Gros dilemme pour moi à ce poste entre lui et Gilles Darlet. Mais une nouvelle fois, je vais privilégier la carrière internationale.

Avant de conclure cet entretien, Anthony Floch, a évoqué son choix de réaliser deux XV : “la décision de faire deux équipes vient du fait que je n’avais pas envie de laisser des mecs sur le carreau, alors qu’ils ne le méritent pas. Et encore, j’en oublie, à coup sûr, je ne connais pas tout le monde. Mais ces sélections n’engagent que moi, ça n’est que mon avis. La seule chose dont je suis certain, c’est que si ces deux équipes se rencontraient, il serait impossible de définir un vainqueur. On aurait droit à un sublime match quand même.”

Par Thibaud Gouazé

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