Payet, excuse collective et responsabilité individuelle

Le sujet est si sensible qu’il a fini par affecter l’humeur d’André Villas-Boas. D’ordinaire amical, souvent chaleureux, l’entraîneur de l’Olympique de Marseille a, ces derniers jours, remis un peu de distance entre les journalistes qui lui font face et lui-même. Le technicien portugais n’est pas du genre à renier ses principes, à tel point qu’il semble prêt à alourdir l’atmosphère si cela peut lui permettre de protéger ses joueurs, Dimitri Payet en particulier.

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Vendredi dernier, AVB s’était fâché tout rouge après que la question du rendement de son meneur de jeu a été remise sur la table. Trois jours plus tard, à la veille du choc face à Manchester City en Ligue des champions, le technicien avait trouvé la parade : “Dimitri est un joueur-clé, disait-il. On a échangé tous les deux, on sait qu’il peut faire mieux. Mais cela ne dépend pas que de lui, mais aussi de l’équipe, qui doit l’aider à élever son niveau.”

Payet ou l’OM, l’oeuf ou la poule

Et non l’inverse. Une jolie façon d’ôter la responsabilité des mauvais résultats en partie imputée à Payet pour la diffuser sur l’ensemble d’un groupe, sans nommer précisément d’autres joueurs. Villas-Boas maîtrise suffisamment bien l’art de la rhétorique pour savoir que la problématique qu’il a ainsi soulevée est complexe. C’est un peu comme si l’on devait résoudre la question de l’œuf ou de la poule sans avoir plus d’éléments à notre disposition.

Dimitri Payet (Marseille), en grosses difficultés face à l’Olympiakos

Crédit: Getty Images

On sait que Dimitri Payet n’a jamais marqué en 16 matches de C1 et que ses équipes ont toujours échoué en même temps que lui (Lille en 2011-2012 et 2012-2013, Marseille en 2013-2014). On sait aussi que sa meilleure campagne européenne concorde avec la dernière grande épopée du club, lorsqu’il avait été décisif à onze reprises et que l’OM avait atteint la finale de la Ligue Europa, en 2018. Nous voilà bien avancés.

Le constat de Villas-Boas sous-entend que la responsabilité de l’équipe est au même niveau que celle des individualités, ce qui est contestable. Aucun autre joueur olympien ne jouit de la même expérience que Payet, très peu sont capables d’évoluer à un niveau aussi élevé que celui que le meneur de 33 ans a déjà atteint à plusieurs reprises, et personne n’a eu les mêmes revendications que lui.

Payet est un leader, un leader peut-il se cacher ?

En février dernier, alors que l’OM envisageait un dégraissage massif de son effectif pour rééquilibrer ses comptes, l’international tricolore avait assuré publiquement qu’il se “poserai[t] les bonnes questions” si le groupe conservé ne permettait pas à Marseille de “jouer la Ligue des champions dans les meilleures conditions.”

“Avec ce Payet hors de forme, l’OM ne peut rien espérer en Ligue des champions”

Et si c’est bel et bien Payet qui doit tirer l’équipe vers le haut – et non l’inverse – le choc face à Manchester City offre deux opportunités au Réunionnais. La première ? Prouver qu’il a le niveau pour porter les siens dans la plus prestigieuse des compétitions européennes, alors que ses performances dans les très grands rendez-vous, tant en club qu’en équipe de France, n’ont jamais dissipé ce doute.

La seconde ? Se débarrasser d’une réputation difficilement discutable de joueur alternant le très bon et le médiocre de manière cyclique. “Il doit retrouver ce qu’il a apporté à l’équipe la saison dernière, a tout de même souligné Villas-Boas. J’ai confiance en lui et je pense qu’il peut de nouveau marquer cette saison.” Le plus tôt sera le mieux. Mardi serait l’idéal.

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