Olivier Delcourt : « On ne dépense pas l’argent que l’on n’a pas »

Olivier Delcourt, propriétaire et président du Dijon Football Côte-d’Or, le 25 octobre 2017.

Olivier Delcourt, propriétaire et président du Dijon Football Côte-d’Or, le 25 octobre 2017. ROMAIN LAFABRÈGUE / AFP

Les crises sont propices aux remises en question. Celle qu’a provoquée la pandémie due au coronavirus bouleverse l’économie dans son ensemble. Le football, industrie à part entière, n’y échappe pas. Alors qu’il est à l’arrêt, le modèle sur lequel il est bâti depuis des années est malmené. Le Monde a décidé d’interroger certains de ses acteurs sur la gestion de la crise actuelle, ce qu’elle révèle, la façon d’en sortir et, peut-être, les changements à apporter. Olivier Delcourt, propriétaire et président du club de Dijon Football Côte-d’Or (DFCO), prône, notamment, « une plus grande solidarité » entre les clubs français.

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Plus les semaines passent, plus la possibilité que la Ligue 1 n’aille pas à son terme prend du poids. Pour Dijon, cela se traduirait par une perte de 5 millions d’euros de droits télévisuels. De quoi mettre en difficulté le club…

Olivier Delcourt. L’échéance du mois d’avril n’a pas été versée, c’est déjà une certitude. Si le championnat ne reprend pas, ça sera la même chose pour celle de juin. Les droits télé pèsent beaucoup dans les finances des clubs. A Dijon, cela représente une somme d’environ 20 millions d’euros sur un budget de 38 millions d’euros [52 %]. Comme vous le dites, les choses se compliquent de jour en jour et si l’on n’a plus le temps de finir la saison, il faudra trouver des solutions financières.

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Les clubs français ne sont-ils pas trop dépendants de cette manne télévisuelle ?

Trop dépendants ? Non, c’est le modèle économique qui est aujourd’hui bâti comme ça. Après, il n’y a pas que ça : on fonctionne aussi avec les partenariats et le « trading » des joueurs qui est le premier ou le deuxième poste de revenus selon les clubs.

Ce n’est pas trop votre modèle d’ailleurs.

Ce n’est pas un modèle que l’on a choisi. On est à la recherche d’un certain équilibre entre les joueurs d’expérience et de jeunes joueurs en devenir qui ont une certaine valeur sur le marché des transferts. Un club comme Dijon se bat toutes les saisons pour se maintenir en Ligue 1. Le financier est important pour le club, mais la partie sportive également.

Les clubs français travaillent-ils assez pour diversifier leurs revenus ?

On essaie, on développe des activités comme les séminaires pour les entreprises. On a une bonne qualité de réception qui satisfait nos partenaires quand ils amènent leurs clients au stade. Cela reste mesuré et à notre niveau. C’est sûr que si on se partageait 3 milliards d’euros de droits télé comme les clubs anglais, au lieu de 1,16 milliards [soit la somme déboursée par le groupe espagnol Mediapro (780 millions), Canal+ (330 millions) et Free (50 millions) pour diffuser la quasi-totalité des matchs de la Ligue 1 à compter de la saison prochaine et jusqu’en 2024], on pourrait construire notre propre stade, installer des galeries marchandes… On fait déjà beaucoup avec les moyens que l’on a.

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