Novak Djokovic ou les malheurs d’un roi

Huit finales à Melbourne, huit titres, personne n’a fait mieux que Novak Djokovic dans l’histoire du tennis, vainqueur dimanche 2 février de son 17e Grand Chelem.

Huit finales à Melbourne, huit titres, personne n’a fait mieux que Novak Djokovic dans l’histoire du tennis, vainqueur dimanche 2 février de son 17e Grand Chelem. WILLIAM WEST / AFP

On fut loin du chef-d’œuvre qu’il avait signé il y a un an presque jour pour jour face à Rafael Nadal, « le plus grand match de [s]a vie », selon lui. Il lui aura fallu cinq sets au lieu de trois, mais l’épilogue est le même : dimanche 2 février, Novak Djokovic a remporté l’Open d’Australie (6-4, 4-6, 2-6, 6-3, 6-4). Pour sa troisième tentative (après Roland-Garros 2018 et 2019), Dominic Thiem a échoué à briser l’hégémonie du trio magique Federer-Nadal-Djokovic, ce fameux « Big 3 » qui pèse 56 titres en Grand Chelem et a fait main basse sur les 13 derniers.

Huit finales à Melbourne, huit titres, personne n’a fait mieux que le Serbe dans l’histoire du tennis. Plus le tableau se dépeuplait, plus les observateurs lui prédisaient une 17e couronne en Grand Chelem. La conjecture avait le don d’agacer Roger Federer, mais l’issue semblait inéluctable. Depuis 2008 et son premier sacre, le futur numéro un mondial est en lévitation aux antipodes, son « terrain favori », rappelait-il après sa victoire face à Milos Raonic en quarts de finale.

Dimanche, il est devenu le troisième joueur de l’histoire à faire le grand huit dans le même majeur, après… Nadal à Roland-Garros et Roger Federer à Wimbledon. « Je joue pour écrire l’histoire », disait-il à Paris, en juin. Ses deux aînés sentent un peu plus le souffle de leur cadet sur leur nuque. Avec cette victoire, il n’est plus qu’à deux longueurs de l’Espagnol (19 titres) et à trois du Suisse (20).

« Stagner, c’est régresser »

Le Serbe a commencé la quinzaine dans l’ombre ; il n’y en avait que pour ses deux rivaux. Surtout Federer. La statue était déjà élevée. Après les victoires miraculeuses du Suisse à Melbourne, elle a désormais une cape de super-héros sur le dos. Djokovic, lui, avançait dans son coin, rirait bien qui rirait le dernier. Devant la presse, le Serbe se fait souvent attendre mais, depuis trois ans, en finale des Grands Chelems, il est toujours à l’heure.

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« Tu peux enchaîner un bon match ou deux, un bon mois ou deux, mais comment maintenir systématiquement ce niveau ? Cette formule du succès, c’est le Saint-Graal pour tous les athlètes, développait-il dans le New York Times, le 25 janvier. Je crois que la première qualité requise, c’est le désir constant pour s’améliorer dans les moindres détails. Stagner, c’est régresser. »

Sur le court, il y a encore des accès de colère, des raquettes brisées, des gestes d’humeur, comme ce fut le cas dimanche. Après avoir remporté facilement la première manche, on crut que les deux suivantes ne seraient qu’une formalité. Mais Djokovic est sorti de son match : il s’est d’abord agacé contre le public, qui encourageait un peu trop son adversaire à son goût, puis contre l’arbitre, qui lui colla deux avertissements d’affilée pour dépassement de temps au service. « Tu veux te faire remarquer ? Bien joué », s’est emporté Djokovic.

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