NBA: pourquoi la série sur Michael Jordan et les Bulls est aussi attendue

Donald Trump n’en peut plus des rediffusions de sport à la télé? Le président américain va être servi. Ce dimanche soir aux Etats-Unis (sur ESPN), puis lundi matin en France (sur Netflix), va démarrer la série documentaire la plus attendue du printemps: “The Last Dance”, un show en dix épisodes de 52 minutes sur la saison 1997-1998 des Chicago Bulls, la dernière de la légende Michael Jordan dans l’Illinois.

Initialement prévue en juin, au moment des finales NBA, la diffusion du programme a finalement été avancée à avril, afin d’occuper le terrain (et les téléspectateurs) durant la crise du coronavirus. Pour le plus grand bonheur des fans de basket, et même d’un certain LeBron James. “Le 19 avril n’arrive pas assez vite, je n’en peux plus d’attendre”, s’amusait la star des Lakers fin mars sur les réseaux sociaux.

Des archives inédites, une centaine d’intervenants

Si LeBron et les autres trépignent d’impatience, c’est que “The Last Dance” promet d’être unique. Outre la performance sportive des Bulls, avec un sixième titre NBA en huit ans, outre l’historique tir de Jordan face au Jazz lors des finales, la série veut montrer les coulisses d’une équipe amenée à se dissoudre (le coach Phil Jackson avait été informé de son futur départ dès le début de l’exercice) et dresser les portraits de joueurs aux personnalités diverses, comme le fantasque Dennis Rodman, le fidèle lieutenant Scottie Pippen, et bien sûr le leader Michael Jordan, génie du basket, mais aussi équipier intransigeant, autoritaire, voire moqueur.

Pour cela, le réalisateur Jason Hehir a réussi à mettre la main sur près de 500 heures d’images d’archives inédites, puisque les Bulls avaient été suivis par une équipe de NBA Entertainment durant toute la saison 1997-1998, sans que la plupart des rushs ne soient jamais utilisés. Il est aussi allé interroger plus d’une centaine d’intervenants, parmi lesquels deux anciens présidents (Clinton, Obama) et le défunt Kobe Bryant. Mais surtout, Hehir a réussi à recueillir les confessions de Jordan, un petit exploit.

Jordan n’était pas chaud au départ

Bien qu’il soit un personnage ultra-médiatique, “MJ” n’accorde que très peu de longues interviews. Le GOAT parle devant des micros, oui, mais souvent en businessman, soit pour sa marque, soit pour sa franchise (les Charlotte Hornets). Rarement pour ouvrir la boite à souvenirs. Or, cette fois, Jordan s’est confié pendant une dizaine d’heures, ce qui donne une matière folle à “The Last Dance”.

Il a toutefois fallu convaincre l’intéressé. “Lors de notre première rencontre, je lui ai demandé: ‘Pourquoi tu veux faire ça?’ Et il m’a dit: ‘Je ne veux pas’. Je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu: ‘Quand les gens verront ce documentaire, je ne sais pas s’ils seront en mesure de comprendre pourquoi j’étais aussi intense, pourquoi j’ai fait ces choses-là, pourquoi j’ai agi comme ça, pourquoi j’ai dit ça'”, expliquait il y a quelques jours Hehir à The Athletic.

Une scène où Jordan allume copieusement son coéquipier Scott Burrell embarrassait a priori l’ex-numéro 23. “Quand vous verrez le passage, vous penserez que je suis une personne horrible, craignait Jordan. Mais il faut comprendre que la raison pour laquelle je le traitais comme ça, c’est parce que je voulais qu’il soit dur en playoffs. On a joué Indiana, Miami et New York cette année-là. Il devait être dur et je devais savoir si je pouvais compter sur lui. C’est le genre de moment où les gens me verront agir et ils ne comprendront pas…” Le réalisateur a su trouver les mots justes: “C’est super parce qu’on a dix heures pour changer l’opinion des gens et te permettre d’articuler les choses exactement comme tu viens de le faire avec moi.”

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