NBA: Killian Hayes, le Français le plus observé de la draft NBA

Pas de poignée de main du commissioner Adam Silver, de remise de casquette devant un parterre de VIP, ni de nuée de flashs. Crise sanitaire oblige, la célèbre draft de la NBA se tiendra dans la nuit de mercredi à jeudi à distance, en visioconférence. Ce qui n’empêchera pas le show d’être une nouvelle fois très suivi par les fans du monde entier.

Cette année, pas de Zion Williamson au menu, pas de phénomène des parquets assuré d’être sélectionné en première position. A quelques heures de la grand-messe, aucun spécialiste n’est capable de dire avec exactitude qui d’Anthony Edwards, de James Wiseman, de LaMelo Ball, voire d’Onyeka Okongwu (mais sa récente blessure devrait le faire reculer dans les choix), sera “first pick”. Et c’est justement cette incertitude qui fait le charme de l’édition 2020.

Une édition à laquelle se sont inscrits plusieurs espoirs français, comme le meneur de l’ASVEL Théo Maledon (19 ans), l’intérieur Killian Tillie (22 ans), qui sort du système universitaire américain, mais surtout… Killian Hayes. Installé dans une maison d’Orlando (Floride), à une petite heure de route de sa ville natale Lakeland, le meneur de 19 ans suivra la cérémonie en compagnie de ses proches, mais aussi d’une équipe d’ESPN, le diffuseur aux Etats-Unis. Un honneur réservé aux meilleurs “prospects” de l’année. Car il en fait partie, assurément.

Le record de Ntilikina prêt à tomber?

Présenté au printemps comme un potentiel premier choix par The Ringer, un média spécialisé, Hayes a un peu reculé dans la hiérarchie, mais se trouve toujours en très bonne position dans les simulations. Aux dernières nouvelles, Sports Illustrated fait de lui un 7e choix, en l’envoyant à Detroit, The Athletic lui prédit une 14e position, et l’envoie à Boston, tandis que The Ringer l’imagine désormais être pioché par Washington en 9e position. Et parce que personne n’est décidément d’accord, certains suiveurs le voient parfaitement atterrir à Chicago, qui bénéficie du 4e choix.

Ce qui veut dire que le joueur d’Ulm, en Allemagne, peut potentiellement battre le record de Frank Ntilikina (8e pioche en 2017), le Français sélectionné le plus haut à la draft. “Je sais déjà où j’ai de fortes chances d’aller, j’ai une petite idée en tête, confiait il y a quelques jours Hayes à RMC Sport pour le podcast Basket Time. Après, c’est la draft, il y a beaucoup d’incertitudes, il peut aussi y avoir des trades (des échanges, ndlr). Mais il y a deux ou trois franchises avec lesquelles les meetings se sont très bien passés, où j’ai bien parlé avec le coach.” Et d’évoquer ses ambitions: “Ce serait cool de passer premier Français, j’en ai parlé avec Frank d’ailleurs, mais il y a de nombreux autres prospects. Honnêtement la position n’est pas importante. C’est bien de se faire drafter haut, oui, mais le but c’est de jouer après, d’avoir des responsabilités sur le terrain.”

“Il a toutes les qualités pour plaire et performer en NBA”

De toute manière, ce n’est pas à Ntilikina – au profil plus défensif – qu’a régulièrement été comparé Hayes ces dernières années, mais à un autre Français: un certain Tony Parker. Même s’il est gaucher, et plus grand que son aîné (1,98m contre 1,88m). “La qualité principale de Hayes est sa capacité à jouer avec le ballon en main, présente The Athletic. Il évolue avec un rythme et une assurance extraordinaires. Sa qualité de passe est un excellent atout, et il sait lire le jeu sur l’ensemble du terrain.” En listant tout de même deux ou trois lacunes, parmi lesquelles sa main droite supposément plus faible, et son physique, même si le garçon a pris beaucoup de muscle ces derniers mois.

Pour les points forts, Stephen Brun approuve: “Il a cette faculté à savoir créer son propre tir, ce step-back, c’est aussi un excellent passeur, très bon en pick and roll. Il a toutes les qualités pour plaire et performer en NBA”, observe le consultant RMC Sport, qui a assisté au développement de Hayes de ses propres yeux, lorsqu’il est retourné à Cholet (2015-2016) vers la fin de sa carrière pro. 

Une histoire de famille

“Ça taquinait un peu la balle et tu sentais déjà qu’il avait faim, c’était un garçon travailleur qui restait tard le soir, qui faisait des tirs avec son père”, se souvient Brun. Un papa (DeRon Hayes) ancien joueur pro américain, passé par plusieurs clubs en France, qui a rencontré la maman (Sandrine Demiannay) à Cholet, où il jouait à la fin des années 90. “Il est très haut dans les prévisions de la draft parce que c’est un joueur mûr, qui a un type de jeu qui correspond à la NBA,  a estimé Boris Diaw dans le Super Moscato Show. Il a énormément de potentiel. Il est prêt à apporter tout de suite dans une équipe NBA, il est dans le scoring.

C’est dans la sous-préfecture du Maine-et-Loire, avec le “CB”, qu’Hayes a fait toutes ses classes depuis la catégorie poussins, d’abord comme arrière. Il y a découvert les équipes de France de jeunes, avec qui il a été champion d’Europe (U16) en 2017, et vice-champion du monde (U17) en 2018, le professionnalisme, et donc la Pro A, où il a fait ses débuts à seulement 16 ans et 3 mois. Mais à l’été 2019, Killian Hayes a décidé de mettre les voiles et de s’engager avec le Ratiopharm Ulm, pour franchir un cap, poursuivre sa formation de meneur et découvrir l’EuroCup, dont il a été l’un des meilleurs passeurs. Ses gènes américains (et ses nombreux voyages en Floride) n’y sont sans doute pas pour rien, le Français possède un esprit de compétition très aiguisé. Dans le monde de James Harden, Steph Curry et compagnie, voilà qui pourrait servir.

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