National: La Duchère présente son nouveau projet ambitieux

En ces temps de crise économique consécutive à la pandémie, La Duchère est singulière. Huitième de National 1 au terme de cette saison tronquée, le club historique du 9e arrondissement de Lyon, bientôt nommé Sporting Club de Lyon, veut repartir de plus belle avec la Ligue 2 en ligne de mire et la Ligue 1 d’ici 2024. Chose rare en cette période: le budget grimpe de 2,3 à 3 millions d’euros, malgré une baisse de revenus. Cela s’explique notamment par l’arrivée d’un nouvel actionnaire majoritaire à 70% qui montre les crocs: 6e Sens Immobilier, proche du LOU.

À l’occasion d’une conférence de presse téléphonique, jeudi, la direction a annoncé être passée à l’acte II de sa révolution: “Faire de ce club de quartier le deuxième club professionnel de football à Lyon”. Pour l’heure, l’acte I a été en partie manqué avec un recrutement XXL (notamment le défenseur Bayal Sall désormais mis à l’écart) et la nomination comme coach de Laurent Roussey en juin 2019.

La montée en Ligue 2 était déjà un objectif. Mais l’équipe n’a jamais été en mesure de l’accomplir et l’entraîneur a été écarté en février au profit d’Emmanuel Da Costa, qui avait déjà failli venir l’an dernier.

Une synergie avec le LOU?

Pour l’acte II, Nicolas Gagneux, PDG de 6e Sens Immobilier aux 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, se montre bien volontaire pour aider le club dans sa mutation. “Notre feuille de route est simple. L’objectif, c’est la Ligue 2 dès cette année. Notre rôle est de pérenniser le club dans ses structures et non pas d’avoir un rôle de naming”, explique l’homme d’affaires.

La transformation pourrait aller, murmure-t-on à Lyon, jusqu’à un mariage à terme avec Olivier Ginon, le patron de GL Events et par extension du LOU Rugby. Nicolas Gagneux dément: “À part leur terrain d’entraînement qui est à côté du nôtre et l’amitié que je lui porte, ce n’est pas à l’ordre du jour de nous rapprocher”.

Il existe pourtant des arguments: le promoteur immobilier est sponsor maillot de l’équipe de Top 14. De plus, le Sporting Club de Lyon cherche un nouveau stade. Gerland, comme le LOU? “Nous aurons peut être besoin l’an prochain de son stade en Ligue 2”, a admis le nouvel homme fort. En attendant, les matchs de la saison prochaine auront toujours lieu à l’antique stade de Balmont.

La lettre anonyme, “du bruit pour rien”?

Cette présentation en grandes pompes a cependant été parasitée par l’affaire de l’étrange lettre anonyme de “joueurs abusés” envoyée au gendarme financier du football français (DNCG). Ce texte circule depuis fin avril et dénonce des agissements supposés frauduleux du club. Il est notamment question de revenus non déclarés et d’un montage financier et administratif avec Bayal Sall, accusé de toucher son salaire en factures d’honoraires versées en Suisse.

Le président Mohamed Tria, désireux “d’identifier” les auteurs de la lettre, s’est défendu: “J’ai été stupéfait et un peu blessé. On prend beaucoup de risques quand on est ambitieux, qu’on veut bouger les lignes, qu’on veut créer un grand club. Ça crée à la fois des envies et des jalousies sur le sujet. Sur le fond, ma première volonté a été de porter plainte. Comment voulez-vous que j’agisse face à une lettre qui libère un certain nombre choses inexactes? J’ai porté plainte à titre personnel, mais aussi au nom de l’association et de la SASP parce que la société a été incriminée”. 

Quoi qu’il en soit, ces troubles ne sont manifestement pas de nature à refroidir Nicolas Gagneux: “Quand on est venus dans ce club, on a fait un audit. On a mis des choses en place. C’est beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Ça ne m’a pas du tout perturbé. Je sais ce qu’il se passe dans ce club et on est très loin de ce qui est écrit. Il n’y a pas de sujet pour moi”.

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