Mort de George Floyd: un joueur de l’ASVEL raconte la situation à Minneapolis

Jordan Taylor, comment vivez-vous la situation à Minneapolis ?

C’est difficile à résumer en un mot. C’est effrayant et émouvant en même temps de vivre cette situation de colère et de frustration dans ma ville.

Vous êtes natif de la région de Minneapolis, vous devez être particulièrement affecté par ces évènements ?

Je suis triste. Je n’ai jamais vu ma ville comme cela avec toutes ces violences et tous ces policiers dans les rues. Les rues fermées, les ponts coupés. Et ce camion qui a foncé dans la foule sur l’autoroute alors qu’il y avait des milliers de personnes sur la route. Je n’ai jamais vu ça de ma vie.

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Avez-vous participé aux marches de protestations dans les rues de Minneapolis ?

Oui, j’en ai fait partie. Les manifestations ont commencé vendredi dernier  avec plusieurs milliers de personnes dans les rues, elle se sont poursuivies jusqu’à dimanche. Le rassemblement était en partie soutenu par Stephen Jackson (ancien joueur NBA), qui a grandi à Houston avec George Floyd. Je n’ai pas eu peur de marcher dans la rue. Le mouvement était pacifique même s’il y a eu des débordements, mais la foule était contenue. Ce sont des choses qui arrivent, les violences et les voitures en feu.

Beaucoup de sportifs comme Michael Jordan ou LeBron James soutiennent la cause contre le racisme et dénoncent les violences policières. L’ampleur de ce soutien vous a-t-elle surpris ?

C’est une excellente chose que ces personnes portent leur voix et condamnent ces actes de racisme. C’est important pour changer les choses d’écouter quelqu’un comme Michael Jordan. Il faut que tout le pays change, il faut mettre la pression sur Donald Trump pour que les personnes de couleurs soient respectées.

Avez-vous souffert du racisme aux USA lors de votre jeunesse ?

Oui, absolument. Je me souviens, lorsque j’avais huit ans, d’avoir pris conscience du racisme dans mon pays. Plus tard,  je me suis fait contrôler pour un excès de vitesse avec ma voiture à Bloomington (banlieue de Minneapolis). Le policier, qui était blanc, m’a demandé de sortir, il avait ma vie entre ses mains. Il me posait plein de questions. J’ai dû prouver que c’était bien ma voiture. Ce fût un moment compliqué à vivre. Je n’étais pas serein.

Allez-vous revenir en Europe et à l’ASVEL, la saison prochaine ?

J’aimerais bien revenir à l’ASVEL. J’aime la France, Lyon, l’organisation du club, Tony et TJ (Parker). J’ai eu de bon moments avec Villeurbanne. Je ne sais pas encore quel sera mon avenir.

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