L’impact inquiétant du coronavirus sur les équipementiers

Alors que le sponsoring et les revenus commerciaux rapportent chaque année aux clubs de Ligue 1 plus de 450 millions d’euros, soit un peu moins de 20% du chiffre d’affaires total, le durcissement de la crise économique alarme.

Jusqu’à 60% des contrats remis en cause ?

Si les partenaires commerciaux ne sont plus capables de respecter leurs contrats avec les clubs, c’est tout un modèle qui pourrait être bouleversé et remis en cause. Récemment, une étude de l’Union Sport & Cycle estimait que sur 900 entreprises liées au sport interrogées, 60% d’entre elles comptaient rompre voire renégocier leur contrat à la baisse.

Dans le même temps, le cabinet d’audit KPMG pronostiquait une chute de 30% des valorisations commerciales issues du sponsoring à cause du covid-19 : manque de visibilité pour les partenaires, arrêt de l’activité, perte de revenus, mauvaise conjoncture économique, etc. Au total, cela représentait, pour le championnat de France, 130 millions d’euros en moins sur l’ensemble des revenus commerciaux.

Chute de 97% des bénéfices pour Adidas

Et qu’en est-il en réalité ? A y regarder de plus près, on pourrait s’inquiéter d’un constat bien plus alarmant. Adidas, premier équipementier d’Europe, partenaire de plusieurs clubs comme le Real Madrid, l’Olympique Lyonnais ou de Manchester United, a en effet enregistré une baisse de 97% de son bénéfice au premier trimestre 2020, par rapport à l’année dernière.

Malgré une augmentation de 55% des ventes en ligne, l’activité a largement été endommagée et n’a pas pu faire face à la fermeture de 70% des enseignes à travers le monde. Certains analystes prédisent une baisse accrue des ventes au second trimestre, de 40% au moins, tout dépendra des mesures de déconfinement.

Ces pertes posent la question du maintien inchangé des contrats d’équipementier. Comment Adidas pourra assurer les 120 millions d’euros dus au Real Madrid, les 90 millions d’euros à Manchester United ou les 8 millions d’euros à l’Olympique Lyonnais si son activité tourne au ralenti ? Et si ces contrats ne sont pas respectés, c’est autant d’argent en moins pour le football, pour les clubs professionnels.

Perte de 23% pour Nike

La même question se pose pour son principal concurrent, Nike. La marque américaine connait aussi des heures graves, avec une baisse de ses bénéfices, entre janvier et mars, de 23%, selon les sources officielles. Cette chute devrait être encore plus lourde avec le prolongement et le renforcement de l’épidémie sur le territoire américain.

Idem, Nike sera-t-il capable de tenir ses engagements avec le FC Barcelone ou le Paris Saint-Germain voire avec l’équipe de France ? Respectivement, ces contrats sont évalués à plus de 120 millions d’euros, 75 millions d’euros et 50 millions d’euros par an. La saison prochaine, la marque à la virgule sera même le nouvel équipementier de Liverpool pour 80 millions d’euros par saison. Avec une dépression considérable à venir, rien ne dit que ces gains soient assurés et payés dans les prochains mois.

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