Les supporteurs ultras s’opposent à une reprise prématurée du football en France

Fumigènes à Geoffroy-Guichard, le stade de l’AS Saint-Etienne, en décembre 2019.

Fumigènes à Geoffroy-Guichard, le stade de l’AS Saint-Etienne, en décembre 2019. EMMANUEL FOUDROT / REUTERS

Leurs arguments ne pèseront sans doute pas très lourd face à ceux, sonnants et trébuchants, des diffuseurs télévisés, mais 45 groupes de supporteurs des clubs de Ligue 1 et Ligue 2 ont affirmé, lundi 13 avril, leur opposition à une reprise des championnats tant que la situation sanitaire ne serait pas pleinement rétablie.

Dans une rarissime démonstration d’unité, les groupes ultras des principaux clubs français – seules les tribunes de l’Olympique de Marseille et de l’Olympique lyonnais manquent à l’appel – dénoncent particulièrement la tentation de reprendre les rencontres à huis clos… donc sans eux.

« Il n’est pas envisageable que le football reprenne prématurément. Il n’est pas envisageable qu’il reprenne à huis clos. Il reprendra en temps voulu, quand les conditions sanitaires et sociales seront réunies, plaident les supporteurs français. Le football “coûte que coûte” est un football de honte, qui n’aura aucun lendemain. »

Depuis que le football français est à l’arrêt, ses dirigeants insistent toutefois sur le fait que la santé et les consignes du gouvernement présideront à toute décision.

Une reprise à huis clos en août ?

Adversaires traditionnels de la course à l’argent dans leur sport, les groupes ultras profitent du moment pour dénoncer la « brutale cupidité » et « l’insupportable indécence » d’un football « pas capable de voir plus loin qu’un exercice budgétaire ». « Le football est devenu un programme télévisuel qui a cru pouvoir se passer de stades pleins, mais qui ne peut surtout pas se passer de l’argent des diffuseurs », déplorent-ils.

Depuis le début de la crise, la plupart des groupes ultras ont, comme en Italie, mobilisé leurs membres pour organiser des distributions de repas aux soignants, collecter des fonds ou confectionner des banderoles de soutien.

Face au prolongement attendu des interdictions de rassemblement jusqu’à l’été, le huis clos est désormais la solution privilégiée par les principales ligues européennes pour reprendre les rencontres, achever les championnats, engranger les revenus promis par les chaînes de télévision et ainsi éviter la débâcle économique. Hormis l’Allemagne, qui envisage une reprise le 9 mai, les autres championnats tablent plutôt sur un retour des matchs au mois de juin.

La France a déjà fixé une date de reprise de la saison 2020-2021 au 23 août pour la Ligue 1 (le 22 août pour la L2), donc possiblement, là aussi, à huis clos. La perspective de voir des stades à nouveau remplis à moyen terme est en effet incertaine.

La rencontre à Milan entre l’Atalanta Bergame et le FC Valence, en Ligue des champions le 19 février, a été considérée comme un accélérateur de l’épidémie en Lombardie. Dans un entretien au New York Times, le patron de la Bundesliga allemande, Christian Seifert, envisage que les matchs se jouent à huis clos jusqu’à la fin de l’année civile.

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