Les footballeuses, principales victimes du covid-19

“Les footballeuses, partout dans le monde, connaissent des licenciements, des conditions de travail dangereuses, des salaires et des pertes de revenus non payés et des violations de leurs droits et protections”. Voilà comment commence le “Raising Our Game”, rapport annuel de la Fifpro sur l’évolution du football féminin, d’habitude publié en début d’année, mais reporté au mois d’avril à cause de l’épidémie du covid-19.

Le syndicat international des joueurs pointe l’absence de considération des acteurs du football à l’égard des joueuses et leur profonde inquiétude pour la suite des événements. Pour elles, la communication serait inconsistante, si ce n’est inexistante. Interrogées par la Fifpro, les joueuses constatent en effet une grande disparité dans la façon de recevoir les informations sur la situation sanitaire et salariale entre les joueurs masculins et elles. Pendant que les premiers reçoivent des mises à jour fréquentes et quasi-quotidiennes, ces dernières restent dans le flou total.

Les joueurs sont des actifs valorisés, les joueuses ne sont rien

La Fifpro alerte aussi sur le bien-être mental des joueuses. Alors que les carrières dans le sport féminin étaient sporadiques et de courte durée, la pandémie est venue renforcer cette situation fragile. Les salaires ont baissé sans aucune négociation en amont et les joueuses se sont vues imposer le chômage partiel, au risque de se faire licencier.

Contrairement au foot masculin, où les joueurs représentent une valeur marchande et sont considérés comme des actifs financiers, les joueuses ne pèsent rien et peuvent être, librement et sans remord, renvoyer. La crise du coronavirus ne vient que renforcer cette situation inégale.

L’incertitude grandit, l’immense majorité des joueuses s’émeut de faillites probables de clubs et de l’avenir de leur football, vu de plus en plus comme une variable d’ajustement en temps de crise. Lorsque tout va bien et que la croissance se pérennise, les investissements dans le sport féminin, dans le foot féminin, affluent. Mais au moment où s’impose la récession, ce secteur est immédiatement impacté.

“Depuis longtemps, la croissance de l’industrie a été importante et a permis l’émergence d’un marché professionnel du football féminin. Ce voyage a été long et difficile pour la reconnaissance des joueuses mais cette visibilité gagnée est aujourd’hui grandement menacée”.

La santé physiologique et psychologique s’en retrouvent ensuite affectées. Les premières études affichent des changements dramatiques sur l’environnement mental, émotionnel, physique et social des joueuses professionnelles. De nombreux symptômes apparaissent, comme une altération de leurs cycles menstruels, du stress, des insomnies et des troubles alimentaires.

Quatre propositions pour tout changer

Ainsi, le retour du football constituera un défi et un véritable challenge. Des mesures fortes devront être prises afin de garantir la stabilité de leur secteur mais aussi sa propre survie. La Fifpro en propose précisément quatre.

Renforcer le développement économique du football féminin via des exonérations et des allègements fiscaux, accorder à la discipline la priorité d’accès aux créneaux médiatiques et aux installations sportives afin de développer sa popularité, donner la primeur aux rencontres internationales, aux sélections nationales et imposer aux clubs masculins professionnels la création de sections féminines d’élite.

Mais cela ne sont que des propositions soutenues et défendues par le syndicat international. Rien ne dit que les instances prendront ce genre de décisions.

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