Le Top 100 de Wimbledon : Murray – Djokovic 2013 (15e), le jour de gloire de Sir Andy

WIMBLEDON – Tout au long de ce qui aurait dûr être la grande quinzaine du vert, découvrez notre classement des 100 matches les plus marquants de Wimbledon chez les hommes au cours de l’ère Open. A la 17e place, la finale 2000 remportée par Pete Sampras contre Pat Rafter. Un dénouement au crépuscule pour une page de légende : l’Américain devenait seul détenteur des victoires en Grand Chelem.

Dossier réalisé par Laurent Vergne, Maxime Battistella et Rémi Bourrières

Wimbledon

“Cette première quinzaine de juillet est sacrée, c’est comme si on avait enlevé Noël”

IL Y A UN JOUR

15. Andy Murray – Novak Djokovic

Edition : 2013
Finale
Vainqueur : Andy Murray (Grande-Bretagne)
Adversaire : Novak Djokovic (Serbie)
Score : 6-4, 7-5, 6-4

Pas la plus grande des finales (même s’il faudra tout de même 3h10 pour boucler ces trois sets), mais une page d’histoire. A l’instar du sacre de Yannick Noah à Roland-Garros trente ans plus tôt, la victoire d’Andy Murray vient mettre fin à une interminable période de disette pour le tennis britannique. Si la France avait attendu trente-sept ans entre Marcel Bernard et Noah, Wimbledon guettait le triomphe d’un des siens dans le tournoi masculin depuis 1936 et la victoire de Fred Perry. 77 ans. Murray réussit là où Tim Henman avait échoué. Un long chemin pour lui aussi, après une défaite en finale en 2012 et trois échecs en demie les trois années précédentes.

Mais en cet été 2013, Murray est fin prêt. Désormais chaperonné par Ivan Lendl, il s’est dépucelé en Grand Chelem en gagnant l’US Open 2012 et avait conquis juste avant l’or olympique… à Wimbledon. Puis les circonstances sont favorables. Rafael Nadal et Roger Federer, vainqueur à eux deux de neuf des dix dernières éditions, disparaissent rapidement. Reste Novak Djokovic, son presque jumeau tennistique. C’est lui que Murray affronte sur la dernière marche, lors d’une finale ensoleillée et brûlante qui fera date.

De cette finale, il suffit de retenir un jeu, un seul. Le tout dernier. Un des plus formidables jamais vus, qui va s’étaler sur douze minutes étouffantes. Murray mène 6-4, 7-5, 5-4, service à suivre. 15-0, 30-0, 40-0. Le voilà avec trois balles de victoire, de titre, de gloire absolue, de légende, tout ce que vous voudrez. Mais Djokovic, même dominé, possède un formidable instinct de survie et de champion. Il efface ces trois balles de match. Mieux, il prend ensuite l’avantage. Murray paraît soudainement si loin de la victoire. Après avoir eu trois balles de match, l’Ecossais doit écarter à son tour trois balles de débreak. Le Centre Court n’en peut plus. Murray pas davantage.

Il finit par obtenir une nouvelle balle de titre. Il prend tout son temps, lâche une grosse première. Sur son deuxième coup de raquette, Djokovic commet la faute en revers, libérant non seulement son rival mais aussi tout un pays. “Je ne sais plus ce qu’il s’est passé, désolé, souffle Andy à propos de ce dernier jeu, le plus important de toute sa carrière. C’était long, tellement long.” A l’image de cette quête entamée depuis bien des années.

16. Pete Sampras – Patrick Rafter

Edition : 2000
Finale
Vainqueur : Pete Sampras (Etats-Unis)
Adversaire : Patrick Rafter (Australie)
Score : 6-7(10), 7-6(5), 6-4, 6-2

Les yeux embués, il les cherche du regard. Car devant eux, il vient d’accomplir son vœu le plus cher : battre le record de titres en Grand Chelem de Roy Emerson. Il est 20h57, heure de Londres, ce 9 juillet 2000 et, alors que l’obscurité menace d’envahir totalement le Centre Court, Pete Sampras trône désormais seul avec 13 Majeurs dont 7 Wimbledon au compteur. Mais à cet instant, une seule chose l’obsède, célébrer avec ses parents Georgia et Sam l’apogée de sa carrière de champion.

Sur son insistance, ils ont fait le voyage pour la première fois en Angleterre pour le soutenir. “Je voulais les remercier de m’avoir donné la chance de jouer au tennis et la possibilité de battre ce record. Je voulais qu’ils fassent partie de ce moment“, confie Pistol Pete lors de la cérémonie de remise des trophées.

Triple tenant du titre, le Californien n’était pourtant pas aussi sûr de lui que cela avant cette finale. Souffrant d’une tendinite tibiale, il n’était pas à 100 % de ses moyens. Un handicap potentiellement rédhibitoire face à un Patrick Rafter en feu, vainqueur magnifique d’Andre Agassi en demi-finale. Et un autre adversaire se dresse entre lui et son ambition ultime : la pluie. Décalée d’une heure, la finale a à peine démarré depuis 25 minutes qu’elle est interrompue, avant de reprendre pour deux jeux. A nouveau arrêtées, les hostilités ne sont relancées que deux heures et demie plus tard alors que le score était de 5-4 pour l’Australien. Déjà tendu par l’enjeu, Sampras a eu le temps de se faire des films et craque en fin de tie-break en servant deux doubles fautes d’affilée.

Mené au score, le Californien tient grâce à son service. Rafter a le vent en poupe, et dans le jeu décisif du deuxième acte, il mène 4 points à 1, le double mini-break en poche. Mais au moment critique, l’Aussie stresse à son tour. “Je n’ai pas su maîtriser mes nerfs“, avouera-t-il d’ailleurs lui-même. Sampras saisit la perche tendue et ne lâchera plus les rênes. Entre ces deux serveurs-volleyeurs d’exception, l’Américain fait tout un petit peu mieux que l’Australien.

Triomphant, il se retourne sur le chemin parcouru. “Le temps dira si mon record sera battu. Ça pourrait être difficile, étant donné le jeu moderne. Mais qui sait ? L’heureux élu a peut-être huit ans et frappe la balle dans un parc en ce moment.” Il en avait en fait 18, et le Californien ferait sa connaissance dans des circonstances exceptionnelles l’année suivante.

17. John McEnroe – Jimmy Connors

Edition : 1984
Finale
Vainqueur : John McEnroe (Etats-Unis)
Adversaire : Jimmy Connors (Etats-Unis)
Score : 6-1, 6-1, 6-2

C’est le meilleur tennis de toute ma vie.” Et il l’a produit dans le match le plus important qui puisse exister, en finale de Wimbledon. John McEnroe a sans doute raison. Cette finale 1984 marque l’apogée de sa carrière, de sa domination et de l’expression de son génie tennistique. Un an plus tôt, il avait conquis son 2e titre à Londres en maltraitant le novice Chris Lewis. Mais cette fois, c’est Connors, se dit-on. Son éternal rival américain, qui l’a battu ici-même en finale en 1982.

Sauf que McEnroe a remporté leurs cinq derniers duels, sans perdre le moindre set. Sauf que 1984, ce n’est plus 1982. Big Mac est inabordable. Quand il rentre sur le Centre Court pour cette finale, il a remporté 50 des 51 matches joués depuis le début de la saison. Son seul échec ? En finale de Roland-Garros, contre Ivan Lendl. Match imperdable et pourtant perdu, qui laissera une plaie éternellement ouverte dans son esprit et sur son palmarès. Mais il a vite digéré Paris et rapidement, tout le monde comprend que Connors, tout Jimbo qu’il est, n’a rien à opposer à ce McEnroe-là.

6-1, 6-1, 6-2. 80 minutes. Une boucherie au tableau d’affichage, mais une boucherie d’une exquise finesse. John McEnroe flirte avec la perfection du premier au dernier point. Il va boucler ce match avec trois fautes directes. Un coup droit, un revers, une volée de coup droit. Trois fautes directes dans une finale de Grand Chelem… Sa démonstration au service relève du chef-d’œuvre : il ne perd que 11 points au total sur sa mise en jeu. Jamais Connors ne va inscrire plus de deux points en retour sur un même jeu. McEnroe termine avec 10 aces et aucune double faute.

Jamais on ne l’a vu s’énerver une seule fois. Parce qu’il n’en a eu ni le temps ni l’occasion, certes, mais rarement il est apparu aussi serein sur un court de tennis. “Contre Lendl (à Roland-Garros, NDLR), j’ai passé trop de temps à m’énerver, à être en colère et j’y ai perdu trop d’énergie. Je voulais rester concentré sur mon jeu cette fois“, explique Mac. Il a bien eu raison. Pour Connors, cette finale est le négatif de celle qu’il avait gagnée dix ans plus tôt contre un Ken Rosewall vieillissant. Il n’avait laissé que six jeux à l’Australien. McEnroe aura été encore moins charitable avec lui pour ce qui restera sa dernière finale de Grand Chelem.

18. Novak Djokovic – Roger Federer

Edition : 2014
Finale
Vainqueur : Novak Djokovic (Serbie)
Adversaire : Roger Federer (Suisse)
Score : 6-7(7), 6-4, 7-6(4), 5-7, 6-4

L’espace d’un instant, fugace, une larme coule discrètement sur la joue de Roger Federer. Il a longtemps cru à ce pied de nez magnifique. Douze mois après sa sortie en catimini au 2e tour face à Sergiy Stakhovsky, qui marquait pour bien des observateurs la fin d’une époque, le Suisse est passé près d’un retour fracassant au premier plan sur la scène de son premier exploit. Il lui aura manqué un set précisément pour retrouver le goût d’un triomphe majeur qui lui échappe alors depuis deux ans.

Si près… et si loin à la fois dans une finale où il n’aura été finalement aux commandes que l’espace de quelques minutes, après avoir arraché 9 points à 7 le tie-break du premier set. Car peu à peu, c’est bien Novak Djokovic qui dicte le tempo dans ce choc de titans, sorte de mise en abyme d’une autre rivalité légendaire, celle entre Stefan Edberg et Boris Becker, leurs coachs respectifs depuis quelques mois. Pour se relancer et se réinventer, le Suisse et le Serbe sont allés chercher l’inspiration auprès de leurs aînés qui vivent par procuration les hostilités dans les tribunes du Center Court.

Malgré une belle résistance, le septuple vainqueur du tournoi est neutralisé en fond de court. Et son excellente qualité de service (71 % de premières balles et 29 aces) ne suffit pas pour empêcher Nole de prendre un avantage logique, deux manches à une. Le coup est rude pour Federer qui perd son service – et ses dernières illusions semble-t-il – en début de 4e set. Mais piqué au vif, il passe la surmultipliée pour faire un premier débreak avant de céder à nouveau. A 5-2, cette fois, c’est plié. A moins que… l’orgueil ne parle encore. Soutenu comme jamais, il refait encore son retard, écarte une balle de match d’un ace et aligne cinq jeux. Deux sets partout, balle au centre.

Incrédule, le “Djoker” sort du court, rapidement suivi par son adversaire. Comment encaisser un tel retournement de situation alors qu’un deuxième sacre à Wimbledon lui tendait les bras quelques minutes plus tôt ? En prise avec ses démons intérieurs, le spectre d’une immense désillusion se profile, d’autant que Federer se fait pressant à la relance, obtenant une opportunité à 3-3. Mais le Serbe peut compter sur sa première balle et retrouve peu à peu son sang-froid.

Le Maestro a beau faire des miracles pour sauver trois balles de break à son tour à 4-3, ce n’est que partie remise deux jeux plus tard. Fixé sur son revers, il finit par craquer, expédiant une ultime balle dans le filet. Passé par toutes les émotions, Djokovic fait coup double, s’adjugeant son 7e titre du Grand Chelem – un de plus que son heureux nouveau coach – et récupérant la place de numéro 1 mondial qu’il conservera jusqu’à la fin de la saison malgré la pression constante de… Federer.

19. Pancho Gonzalez – Charlie Pasarell

Edition : 1969
1er tour
Vainqueur : Pancho Gonzalez (Etats-Unis)
Adversaire : Charlie Pasarell (Etats-Unis)
Score : 22-24, 1-6, 16-14, 6-3, 11-9

Dans l’histoire du tennis, il y a les affiches dont on pressent qu’elles ont tout pour entrer dans la légende. Toutes ne répondent pas à ces attentes, à l’image de certaines grandes finales, mais l’attente est là. Puis il y a celles qu’on ne voit pas venir et qui s’imposent pourtant, avec le recul du temps, comme incontournables. C’est le cas de ce 1er tour de Wimbledon entre Pancho Gonzalez et Charlie Pasarell. Un duel épique, interminable et dont l’influence sur le jeu lui-même s’est avérée tout sauf anodine.

Nous sommes donc en 1969. Ricardo Gonzalez, Pancho pour les intimes comme le grand public, a 41 ans. Immense champion, considéré par certains comme un des plus grands joueurs de tous les temps si ce n’est le plus grand, il est passé pro à 21 et en a 40 quand l’ère Open redémarre, d’où la maigreur de son palmarès en Grand Chelem (deux US Open et c’est tout). Mais l’Américain d’origine portoricaine a de beaux restes. Il a aussi beaucoup de fans. Parmi eux, Charlie Pasarell, 25, dont il a toujours été l’idole. Ce match contre le maître est donc spécial pour “Carlito”. Il l’était avant, il sera pendant, et après.

A l’époque, le tie-break n’existe pas en compétition officielle. Alors on joue autant que nécessaire, dans chaque set. Charlie Pasarell empoche le 1er 24-22, en sauvant douze balles de set. Pancho, caractériel, imprévisible, parfois ingérable, manque d’assommer un juge de ligne en balançant sa raquette. Il se disperse, et lâche la 2e manche beaucoup plus vite que la première : 6-1. Il est à peine 19 heures, mais Gonzalez demande à l’arbitre Mike Gibson d’arrêter les frais, au prétexte qu’il n’y voit plus rien. Demande… accordée !

Le mercredi, les deux joueurs sont de retour et Pancho, qui a pourtant passé une partie de la nuit à cloper et à jouer aux cartes et au backgammon, se refait la cerise. Il arrache la 3e manche… 16-14, puis recolle à deux sets partout. Là, il agonise au fil des jeux. Le vieillard à l’hygiène pas toujours recommandable a le dos courbé et peine de plus en plus à se déplacer. L’impensable se produit alors : Pasarell obtient trois balles de match à 5-4, 0-40. Gonzalez les sauve. A 6-5, rebelote. Trois nouvelles balles de match à 0-40. En vain, encore. A 8-7, Charlie bénéficie d’une dernière balle de match. Encore raté.

Gonzalez ne peut plus que servir et venir au filet pour abréger chaque point. Mais dans un dernier coup de collier venu d’on ne sait où, il remporte les 11 derniers points et s’impose 11-9. Hué la veille, il est maintenant acclamé comme jamais. 5h12 de match et 112 jeux, 16 de plus que le précédent record. “On se souvient plus de Pancho que de moi dans ce Wimbledon 1969“, dira plus tard Rod Laver, pourtant grand triomphateur cette année-là.

Sans le savoir, Gonzalez et Pasarell ont surtout posé les bases de l’introduction du tie-break, afin de ne pas multiplier ce type de rencontres en passe de devenir anachroniques. Six mois plus tard, il sera testé en compétition. Dès l’US Open 1970, il sera introduit à l’US Open puis à Wimbledon l’année suivante. Pancho, lui, paraît avoir 70 ans au moment de serrer la main de Charlie Pasarell. Mais les deux sont entrés dans l’histoire ensemble.

20. Patrick Rafter – Andre Agassi

Edition : 2000
Demi-finale
Vainqueur : Patrick Rafter (Australie)
Adversaire : Andre Agassi (Etats-Unis)
Score : 7-5, 4-6, 7-5, 4-6, 6-3

A Wimbledon, on a vu des joueurs (Becker-Edberg, Federer-Nadal) s’affronter trois fois consécutivement en finale. Patrick Rafter et Andre Agassi, eux, ont bataillé trois fois consécutivement en demi-finales entre 1999 et 2001.

Agassi a remporté la première, Rafter les deux suivantes, à chaque fois en cinq sets. Plus bas dans notre classement, on a déjà parlé de son succès au finish en 2001. Celui de 2000 est mieux noté à nos yeux, non pas qu’il fût plus disputé, mais plutôt pour sa qualité générale et son issue plus surprenante. C’est, tout simplement, un immense match de tennis. “Le plus grand des vingt-cinq dernières années à Wimbledon“, clamera sur le coup John McEnroe.

Retrouver Rafter en demi-finales de cet Open d’Australie 2000 est déjà une surprise en soi. Quelques mois plus tôt, l’Australien a subi une opération de l’épaule qui l’a contraint à mettre un terme prématuré à sa saison 1999. Depuis son retour en début d’année, il galère pas mal. Ce n’est qu’en entamant la saison sur gazon que le double vainqueur de l’US Open (1997-98) a retrouvé in extremis des couleurs, s’imposant à ‘s-Hertogenbosch. A Wimbledon, il connaît un parcours relativement tranquille jusque dans le dernier carré, bien aidé par un tableau dégagé après les défaites de Kafelnikov et Kuerten, qui n’étaient de toute façon pas les herbivores les plus fumants.

Mais ensuite, passer d’Alexander Popp, en quart de finale, à Andre Agassi, n°1 mondial, en demi-finales, c’est un peu comme passer brutalement des plaines de Beauce à l’Alpe-d’Huez . Pourtant, Rafter réussit le changement de braquet sans le moindre saut de chaîne. Pour un peu, quand il se détache 7-5, 2-0, on croit même un instant qu’il va s’imposer au sprint. C’est aller un peu vite en besogne.

Le Kid, c’est vrai, passe son temps à courir après le score. Là où il peut nourrir le plus de regrets, c’est peut-être sur le 3e set où, après être revenu de 5-3 à 5-5, il commet ensuite, à 5-6, deux doubles fautes consécutives qui précipitent sa perte dans ce 3e set, et peut-être dans ce match.

Celui-ci va se prolonger encore un long et bon moment. Comme souvent entre le flamboyant serveur-volleyeur australien et le puncheur américain, l’opposition de styles produit son lot de points spectaculaires. Mais globalement, Rafter mérite ce match et il va aller le chercher en disputant en 5e set conquérant, notamment au service. Saoulé de coups, Agassi encaisse un break fatal au 6e jeu et finit par céder après 3h17. A 27 ans, et à un an de sa fin de carrière précoce, Rafter se hisse vers la première de ses deux finales à Wimbledon.

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