Le huis clos n’est pas la meilleure des solutions, mais c’est à coup sûr la moins mauvaise

La saison 2019-2020 est foutue. Quoiqu’il arrive dans les semaines qui viennent, cet exercice restera celui du coronavirus. Le sacre du champion n’aura pas la saveur escomptée et les conséquences sportives de la saison apparaîtront bien annexes au regard du contexte dans laquelle elle s’est jouée. Voilà pour l’évidence. Mais il faut la sauver quand même. Si les conditions sanitaires le permettent, et c’est un prérequis absolument indispensable et indiscutable, tout doit être mis en œuvre pour achever une saison même pourrie par ce fichu virus.

Vidéo – “Supprimons cette Ligue des champions !”

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Il vaut mieux du foot sans supporter que pas de foot du tout

Je ne suis pas président de Ligue 1, je ne prêche pour aucune paroisse, je n’ai aucun club à sauver des eaux. J’aime les stades remplis à ras bord et les ambiances à vous filer des acouphènes pendant des heures. Et on peut comprendre le mouvement ultra qui ne veut pas entendre parler d’une reprise sans gradins remplis. Mais, en cet fin d’exercice si particulière, il vaut mieux du football sans supporter que pas de football du tout. Il n’est pas question ici de survie financière. Même si l’argument doit être écouté. Bien sûr la Ligue 1 paie aujourd’hui ses erreurs d’hier. Est-ce une raison pour la condamner ?

Kylian Mbappé et sa drôle de célébration lors de PSG - OM, le 17 mars 2019 au Parc des Princes.

Kylian Mbappé et sa drôle de célébration lors de PSG – OM, le 17 mars 2019 au Parc des Princes.Getty Images

Une annulation pure et simple de la fin de saison ferait de terribles ravages dans ses rangs que le huis clos amortirait assez nettement. Et ajouter à la crise qui s’annonce (sponsoring en berne, billetterie amorphe, mercato atone) l’absence de droits TV pourrait même être fatale à certains clubs de l’élite. Mais là n’est pas l’argument central de mon propos. Au-delà de l’argument strictement économique, je continue de croire qu’un championnat qui va à son terme, même dans des conditions particulières, sera plus juste et plus acceptable qu’un championnat qui fait une croix sur plus d’un quart de ses journées.

Ce n’est pas une question de droits TV mais d’équité

Jouer à huis clos est inéquitable parce que Geoffroy-Guichard et le Vélodrome donnent un élan bien plus fort que le stade Louis II. Jouer tous les trois jours est inéquitable. Parce que Nîmes, Dijon et Amiens, tous candidats au maintien, ont des effectifs bien moins étoffés que celui de Saint-Etienne, 17e, qui fut construit pour jouer l’Europe et donc, en milieu de semaine. Mais arrêter les débats à la mi-mars, c’est impensable. Parce qu’avoir joué une ou deux fois le PSG dans une même saison, par exemple, ce n’est pas du tout la même limonade. Et aussi et surtout parce que les règles de départ étaient claires et équitables : toutes les formations s’affrontent deux fois.

Vidéo – Huis clos, match tous les trois jours : Faut-il vraiment reprendre la Ligue 1 ?

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Les conditions de ces rencontres ont leur importance mais c’est leur tenue qui est capitale. Ce n’est pas qu’une question de droits TV, à laquelle on réduit trop souvent ce débat et qui phagocyte l’essentiel des discussions aujourd’hui, mais de la plus grande équité. Et puis en jouant les 38 journées, la Ligue s’éviterait des recours, des débats sur la saison blanche ou sur le gel du classement, des calculs d’apothicaire, des querelles de clocher. Finir le championnat aura le mérite de mettre tout le monde d’accord. Voilà pourquoi disputer à huis clos ce qu’il reste de cette saison maudite n’est pas la meilleure des solutions mais c’est certainement la moins mauvaise.

Le Parc des Princes, vide, avant le match du PSG face à Dortmund, à huis clos en C1 (Paris)

Le Parc des Princes, vide, avant le match du PSG face à Dortmund, à huis clos en C1 (Paris)Getty Images

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