Le football allemand est prêt à rejouer à compter du 9 mai

Les grands rassemblements populaires restant interdits en Allemagne au moins jusqu’au 31 août, la reprise du champîonnat de football ne pourra se faire qu’à huis clos.

Les grands rassemblements populaires restant interdits en Allemagne au moins jusqu’au 31 août, la reprise du champîonnat de football ne pourra se faire qu’à huis clos. INA FASSBENDER / AFP

Ils avaient déjà retrouvé ces dernières semaines le chemin des terrains pour des entraînements. En Allemagne, les footballeurs professionnels pourraient désormais reprendre les matchs à compter du 9 mai, devenant ainsi les premiers, parmi les principaux championnats européens, à renouer avec la compétition.

Les représentants des 36 clubs allemands de première et deuxième divisions, réunis jeudi 23 avril en visioconférence, ont annoncé qu’ils sont prêts à reprendre à cette date afin de disputer les neuf journées restantes. A la condition que les autorités le permettent.

L’épidémie de coronavirus n’étant pas encore endiguée et les grands rassemblements populaires restant interdits au moins jusqu’au 31 août, cette reprise ne pourra se faire qu’à huis clos.

« Avec des précautions, les matches à huis clos sont certainement à nouveau possibles, avait estimé, mardi, le ministre de la santé, Jens Spahn. Pour des millions de fans de football, ce serait alors un retour à la normale à partir du 9 mai, même si c’est dans un stade vide. »

Depuis la mise en suspens du championnat, le 13 mars, la Ligue allemande de football et les clubs n’ont eu de cesse de réclamer la possibilité de finir la saison. Ils ont mis en avant le risque financier que ferait courir, selon eux, une non-reprise : si le championnat est bouclé le 30 juin, ils pourront toucher les droits télévisés restants dus, soit environ 300 millions d’euros.

« Une erreur d’utiliser des milliers de tests pour des matchs à huis clos »

Pour sécuriser cette reprise, et même si les rencontres auront lieu à huis clos, les clubs devront prendre des mesures sanitaires. La Fédération allemande de football a promis que joueurs et membres des encadrements seraient testés tous les trois jours afin d’éviter les risques de contagion. Cela reviendra à disposer de 20 000 tests, selon ses calculs.

Cette perspective a d’ores et déjà suscité de vives critiques. « Ce serait une erreur d’utiliser des milliers de tests pour des matches à huis clos alors qu’il n’y en a pas assez pour tester les infirmières à domicile et les enseignants », a dénoncé le député social-démocrate et épidémiologiste Karl Lauterbach.

« Je pense que les tests devraient être utilisés là où cela a un sens médical, a également déclaré Lars Schaade, le vice-président de l’Institut Robert Koch, chargé de la veille épidémiologique. Je ne vois pas pourquoi certains groupes de population devraient être soumis à un dépistage systématique ».

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L’hostilité d’une partie des supporteurs

Par ailleurs, la perspective de matchs disputés à huis clos n’est pas du tout du goût d’une partie de supporteurs. L’influente association « Unsere Kurve » (« Notre virage »), comme des groupes d’ultras, plaident pour un arrêt définitif de la saison, plutôt que des rencontres sans public. Le groupe Fanszenen Deutschlands voit même dans une reprise « une injure au reste de la société (…) en particulier aux personnels soignants ».

Certains groupes de supporteurs ont imaginé d’accompagner à leur façon la reprise, même si le huis clos sera de rigueur. A Mönchengladbach, ce sont ainsi des spectateurs en… carton qui remplissent déjà les tribunes lorsque les joueurs s’entraînent. Le groupe Fanprojekt Mönchengladbach propose aux supporteurs d’installer leur propre effigie en carton, moyennant 19 euros, là où ils s’asseyent habituellement dans le stade.

Tout cela n’empêcherait toutefois pas un certain nombre de fans de se rassembler près des stades pour encourager leurs équipes les jours de matchs, malgré l’interdiction de rassemblement. Un risque sur lequel le syndicat de policiers a dès à présent alerté les autorités.

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Arrêt des championnats néerlandais et belge

A rebours du football allemand, le football néerlandais et le football belge devraient être les premiers en Europe à tirer définitivement un trait sur la saison actuelle.

La Fédération néerlandaise a annoncé, mardi, que le championnat ne devrait pas aller à son terme compte tenu de la décision du gouvernement d’interdire les événements publics jusqu’au 1er septembre, les matches à huis clos étant par ailleurs quasi impossibles, car soumis à une autorisation et nécessitant la présence de la police. La fédération réunira, vendredi, les clubs pour acter cet arrêt.

Le championnat belge, qui avait annoncé, dès le 25 mars, sa volonté de clore la saison, actera définitivement cette décision lors d’une assemblée générale des clubs lundi 27 avril. Le gouvernement belge a interdit, le 15 avril, les « événements de masse » jusqu’au 31 août.

La position moins ferme de l’UEFA

La réunion organisée vendredi par la Fédération néerlandaise évoquera aussi les conséquences de l’arrêt de la saison : relégations, promotions et qualifications pour les Coupes d’Europe. Sur ce dernier point, l’UEFA, l’instance coiffant le football européen, a fait évoluer sa position cette semaine.

Il y a quelques jours, elle avait menacé d’exclusion des Coupes d’Europe l’an prochain les clubs évoluant dans des championnats qui mettraient un terme jugé « prématuré » et « non justifié » à la saison.

Mais, mardi, l’UEFA a annoncé que « certains cas spéciaux seront étudiés une fois que des lignes directrices concernant la participation aux compétitions européennes pour les championnats annulés auront été développées ». En clair, les pays qui ne seraient pas en mesure de reprendre la saison ne seraient pas sanctionnés.

Par ailleurs, le comité exécutif de l’UEFA, réuni jeudi, a précisé qu’en cas d’arrêt des championnats, les billets pour l’Europe la saison prochaine seraient délivrés au « mérite sportif ». Selon France Football, c’est aux ligues nationales elles-mêmes qu’il reviendrait d’en décider, l’UEFA s’accordant un droit de regard et de veto si la méthode de désignation ne lui semblait pas suffisamment juste et objective.

Le calendrier de la fin des compétitions européennes cette année reste, lui, en suspens. Si l’UEFA souhaite toujours voir les championnats nationaux reprendre et s’achever avant le 3 août, afin de pouvoir ensuite organiser la fin les Coupes d’Europe – avec une finale de la Ligue des Champions le 29 août – elle n’a toujours pas acté formellement ce schéma. Jeudi, son comité directeur n’a rien décidé en ce sens. Il se réunira à nouveau le 27 mai.

Le Monde

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