Le défenseur qui a une âme d’attaquant : comment Ramos est devenu un “serial-buteur”

LIGA – Face à Valence (22h), Sergio Ramos aura l’occasion de dépasser Ronald Koeman pour être seul en tête du classement des défenseurs les plus prolifiques de l’histoire de la Liga. Un record qui sonnerait comme une consécration tant le capitaine du Real Madrid a prouvé des qualités exceptionnelles de buteur au fil de saisons.

Une récupération de Sergio Ramos, un contre éclair, un décalage de Karim Benzema pour Eden Hazard qui trouve un coéquipier seul face au but vide, au deuxième poteau. Un attaquant ? Non. Sergio Ramos. Le défenseur du Real Madrid a inscrit un vrai but d’avant-centre dimanche lors de la victoire à Eibar (1-3). Un but symbolique, son 67e en Liga depuis le début de sa carrière. Autant que Ronald Koeman, le défenseur le plus prolifique de l’histoire du championnat espagnol jusque-là. Mais surtout un but qui en dit long sur Sergio Ramos. Le défenseur qui a l’âme d’un attaquant, comme il l’avait dit en 2014 dans une campagne de publicité pour un célèbre équipementier américain.

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Les chiffres ne font que lui donner raison. Koeman avait certes mis beaucoup moins de temps à atteindre ce total. Il lui avait fallu 192 matches, 484 pour Ramos. Mais le légendaire défenseur néerlandais du Barça avait inscrit 46 de ses 67 buts sur penalty, soit 68,65%. Pour Ramos, ce ratio tombe à 16,4% (11 penalties sur ses 67 buts). C’est un tout autre style, différent aussi de celui de Fernando Hierro. Avec ses 105 buts, l’ancien Madrilène pourrait revendiquer la tête du classement des “défenseurs-buteurs” de l’histoire de la Liga. Mais il avait souvent joué au milieu au début de sa carrière.

Un profil atypique parmi les “défenseurs-buteurs”

Ramos est bien unique en son genre. Il n’a pas les atouts de Koeman et Hierro. Ce n’est pas un spécialiste des frappes lointaines comme pouvaient l’être le Néerlandais et l’Espagnol. Deux joueurs qui étaient toujours ou presque les premiers choix de leurs différents entraîneurs pour tirer les coups francs et les penalties. Ramos n’est pas maladroit sur les coups de pied arrêtés. Mais dans une équipe où l’Espagnol a longtemps cohabité avec Cristiano Ronaldo, il n’avait vraiment pas souvent le privilège de les frapper. Le numéro 4 du Real a prouvé ses qualités de buteur autrement.

Elles n’en sont que plus éclatantes depuis le départ du Portugais. Avant, il était déjà systématiquement dans le Top 8 des meilleurs buteurs du Real en Liga. Et souvent le premier parmi les “non-attaquants”. C’était déjà fort. Mais ces deux dernières saisons, il a fait encore mieux en prenant place sur le podium. A l’heure actuelle, il est même le deuxième buteur du Real en Liga avec 6 buts. Seul Karim Benzema le devance avec 14 réalisations. Ramos n’est plus qu’à un but d’égaler son record de 2016-17, quand il avait trouvé les filets à 7 reprises sur l’ensemble de la saison en championnat. Son prochain but sera ainsi doublement symbolique.

L’instinct et le mental

La question n’est pas tant de savoir quand il va le marquer. Mais plutôt comment. Car la panoplie de buteur de Ramos ne s’arrête pas à son redoutable jeu de tête. Elle est d’ailleurs développée depuis longtemps. Plus jeune, l’Espagnol était régulièrement aligné dans un rôle d’attaquant. Il en a manifestement conservé l’instinct. Son placement et sa vitesse de réaction dans la surface lui servent autant à bien défendre qu’à inscrire des buts décisifs. Ramos a aussi l’habileté technique pour réaliser le geste juste dans la finition. Un don qui n’est pas donné à tous les défenseurs.

Sergio Ramos marque face au FC Bruges en Ligue des champions

Crédits Getty Images

Mais dans son cas, il est difficile de ne pas évoquer son mental pour expliquer cette capacité exceptionnelle à marquer des buts. Cette “gagne” qui a toujours caractérisé Sergio Ramos, en particulier dans les grands rendez-vous. Cette rage de vaincre couplée à une haine viscérale de la défaite qui lui ont permis de marquer des buts capitaux dans les matches les plus importants. Notamment en finale de la Ligue des champions en 2014, avec cette tête rageuse dans le temps additionnel pour égaliser face à l’Atlético, finalement balayé dans la prolongation (4-1 a.p.).

Valence, l’une de ses proies favorites

C’est l’exemple le plus marquant mais c’est loin d’être le seul fait d’armes de Ramos. Avant, il avait également signé un doublé mémorable face au Bayern en demi-finale retour à Munich (0-4). Après, il y a eu ses buts en demi-finale et en finale du Mondial des clubs la même année. Puis l’image du capitaine merengue se jetant pour tromper Jan Oblak et devenir le premier défenseur à marquer dans deux finales de Ligue des champions différentes, en 2016. Et quelques mois plus tard, un but égalisateur, encore dans le temps additionnel, pour maintenir le Real en vie face à Séville en Supercoupe d’Europe.

Au-delà d’être un joueur parmi les plus remarquables, Ramos en veut plus que les autres. C’est ce qui lui a permis de s’imposer comme l’un des tous meilleurs défenseurs du monde, sinon le meilleur. C’est aussi ce qui transpire dans sa faculté à marquer autant de buts. Valence est prévenu. C’est même l’une des proies favorites du défenseur madrilène, avec 4 buts inscrits en 25 confrontations en Liga. Le club Che ne doit pas se leurrer. A 34 ans, Ramos est toujours affamé. Mais devenir le seul défenseur le plus prolifique de l’histoire de la Liga ne le motivera que davantage.

Sergio Ramos – Real Madrid-Celta Vigo – Liga 2019/2020 – Getty Images

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