L1: l’OL, Amiens et Toulouse jouent leur dernière carte devant le Conseil d’Etat

A la fin, c’est le Conseil d’Etat qui tranche. Lyon, Amiens et Toulouse ont rendez-vous ce jeudi à 14h à Paris devant la plus haute juridiction administrative. Ces trois clubs de Ligue 1 contestent la décision du Conseil d’Administration de la LFP d’arrêter la saison 2019-2020 et de déterminer le classement final en fonction d’un indice de performance. Avec comme conséquence, une non-qualification en Coupe d’Europe pour l’OL (qui peut encore obtenir son ticket grâce à la Coupe de la Ligue), et la relégation en Ligue 2 pour Amiens et Toulouse.

Avant leur audience devant le juge des référés (procédure d’urgence) au Conseil d’Etat, le Tribunal administratif de Paris avait rejeté, sur la forme, le premier recours en référé de chaque requérant, le 22 mai, estimant que les décisions de la LFP ne pouvaient être contestées “que devant le Conseil d’Etat”. La décision du Conseil d’Etat pourrait être connue en début de semaine prochaine.

L’OL réclame la suspension de la décision de la LFP de l’arrêt des compétitions

Pour le président de l’OL Jean-Michel Aulas, c’est une nouvelle occasion de pousser pour la reprise de la compétition, un scénario qu’il est le seul à défendre publiquement. Son club demande la suspension de la décision du CA, mais enjoint aussi la LFP à “réexaminer les conditions permettant d’envisager une reprise des compétitions au mois d’août, ou à défaut, de prononcer la saison 2019-2020 “saison blanche”. Cette dernière option, annulant la saison et reconduisant à l’identique les qualifiés européens de 2018-2019 (donc Lyon), avait déjà été brandie en mars par Aulas. Pour lui, l’annonce récente du Premier ministre, Edouard Philippe qui a autorisé l’entraînement à partir du 2 juin, est un argument supplémentaire qui rend possible une fin de saison cet été. “Le Conseil d‘Etat va avoir à juger sur la reprise et les modalités d’arrêt”, a déclaré le patron lyonnais mercredi soir dans l’After sur RMC. J’avais une réunion cet après-midi (mercredi) avec Nasser Al-Khelaïfi et l’ECA, l’association des clubs européens et la procédure  avancée par l’UEFA est celle que nous pourrions suivre aujourd’hui: reprendre les entraînements maintenant et les matchs au bout de 3 ou 4 semaines.” Selon l’avocat Maître Pierre Barthélémy, la démarche de l’OL a peu de chance d’aboutir.

Amiens et Toulouse contestent le classement final

Contrairement à Lyon, Amiens et Toulouse ne contestent pas l’arrêt du championnat, mais bien le classement final, qui a conduit à leur relégation sans avoir pu disputer toutes les rencontres.  “La justice est le seul rempart face à la décision de la Ligue de reléguer arbitrairement l’Amiens SC. La seule chose qui compte pour nous aujourd’hui, c’est de faire gagner le sport et ses valeurs”, a déclaré le président du club picard Bernard Joannin.

“Ce que l’on conteste, c’est le changement de règles du jeu en cours de compétition. Selon les textes, les relégations se font après la 38e journée, et pas avant. On ne déclare pas perdante une équipe qui est menée à la 66e minute du match”, abonde auprès de l’AFP l’avocat au Conseil d’Etat Me Guillaume Tapie, qui conseille l’ASC. Amiens a également introduit un deuxième recours, sur le fond, qui doit prendre plusieurs mois au Conseil d’Etat.

Des conséquences pour les divisions inférieures?

Le cas des deux clubs sera suivi aussi par les équipes des divisions inférieures. Si le Conseil d’Etat suspend leur relégation, c’est tout l’édifice bâti par le président de la Fédération (FFF) Noël Le Graët, soucieux de conserver le principe de montées et descentes dans tous les championnats, qui pourrait bien s’écrouler.

Le recours introduit par une trentaine de clubs amateurs, à l’encontre des modalités de classement final, va d’ailleurs suivre: l’audience de référé au Conseil d’Etat est prévu lundi, selon l’avocat des requérants. Nouvel épisode d’une saison qui s’approche de la fin.

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