Golden State Warriors 2020-2021 : Un retour au premier plan comme objectif

  • LA SAISON 2019/2020

Une saison à oublier, et qui ne va pas permettre de tirer beaucoup d’enseignements… Kevin Durant parti, Klay Thompson blessé dès le début de la saison et Stephen Curry qui n’a pas tardé à l’accompagner à l’infirmerie pour une main cassée, les joueurs de Steve Kerr ont perdu leurs trois armes offensives principales. Et comme en plus Draymond Green a décidé de ne pas trop se fouler (8 points, 6,2 rebonds et 6,2 passes décisives de moyenne), forcément, sur le terrain, ce n’était pas glorieux… Résultat, seulement 15 victoires pour 50 défaites, synonymes de dernière place de la conférence Ouest.

Mais ce n’est pas bien grave au final. Les bases sont là, et grâce à cet exercice raté les Warriors avaient la possibilité de rajouter un jeune de talent à l’effectif grâce à la draft, tout en donnant de l’expérience aux futurs role players et en essayant de dénicher une future pépite. Pour la pépite, c’est plus ou moins réussi : Eric Paschall a montré un talent certain pour mettre la balle dans le panier (114 points à 50%) aux tirs, et c’est assez inattendu pour un 41e choix. De quoi bien aider en sortie de banc.

En résumé, une saison ratée, mais pas forcément à oublier.

  • LES MOUVEMENTS DE L’INTERSAISON

Arrivées :

Free Agency : Kent Bazemore (Sacramento Kings), Bradley Wanamaker (Boston Celtics), Axel Toupane (pour le camp d’entrainement), Dwayne Sutton (non-drafté)

Trade : Kelly Oubre (Phoenix)

Draft : James Wiseman (2ème pick, Memphis), Nico Mannion (48ème pick, Arizona Wildcats, two way contract), Justinian Jessup (51e choix, Illawarra Hawks).

Départs :

Free Agency : Ky Bowman (Clippers), Dragan Bender (Maccabi Tel-Aviv).

  • L’EFFECTIF

PG : Stephen Curry, Brad Wanamaker, Damion Lee, Jordan Poole, Nico Mannion (two-way contract)

SG : Klay Thompson (blessé toute la saison), Andrew Wiggins, Mychal Mulder

SF : Kelly Oubre, Kent Bazemore, Juan Toscano-Alexander

PF : Draymond Green, Eric Paschall

C : James Wiseman, Kevon Looney, Alen Smailagic

  • LE CINQ MAJEUR

Stephen Curry (PG), Andrew Wiggins (SG), Kelly Oubre (SF), Draymond Green (PF), James Wiseman (C).

Clairement, la blessure de Klay Thompson fait très très mal… L’arrière s’est déchiré le talon d’Achille à l’entrainement, et il ne reviendra pas de la saison. Difficile de savoir s’il reviendra à son meilleur niveau d’ailleurs. En tout cas, son absence laisse un gros trou au poste 2, qui va surement forcer Steve Kerr a décaler Andrew Wiggins pour le combler, et à titulariser Kelly Oubre à l’aile. En sachant qu’il n’est pas non plus impossible de voir Kent Bazemore commencer les matchs par exemple, pour que Oubre puisse continuer à apporter son énergie en sortie de banc, comme il le fait si bien depuis le début de sa carrière (à part sa dernière saison à Phoenix). Dans cette optique, les Warriors se retrouveraient avec un Klay Thompson du pauvre au poste 2, et Andrew Wiggins en 3. Ce qui serait surement plus équilibré.

Au poste 1, Stephen Curry sera comme d’habitude une valeur sure, capable d’apporter ses 25 points par match (minimum), en plus de 5 rebonds et 5 passes décisives tout en écartant le jeu comme peu savent le faire. En plus, le trentenaire arrive frais comme un gardon et le couteau entre les dents après presque une saison sans jouer. Possible donc de le voir exploser les compteurs comme il a déjà pu le faire par le passé, d’autant plus qu’il va devoir beaucoup porter son équipe cette année. Attention toutefois à ne pas trop tirer sur la corde pour éviter les blessures, mais on peut faire confiance à Kerr pour gérer le temps de jeu de sa star.

Pour ce qui est de la raquette, les Warriors pourront aligner le duo Draymond Green/James Wiseman. Une paire terrifiante en défense : l’intelligence défensive du second et sa capacité à combler les trous, même loin du cercle associées aux qualités athlétiques et à la taille du second donnent surement déjà des maux de tête aux différents coach NBA quand ils doivent imaginer la manière d’attaquer le panier face aux hommes de Steve Kerr. Pour ce qui est de l’attaque, c’est une autre paire de manches par contre. Plus le temps passe, moins Draymond Green est utile de ce côté-là du terrain (même s’il est encore capable d’organiser le jeu). C’est notamment à cause de son tir, porté disparu depuis la saison 2015/2016. Cela fait maintenant deux ans qu’il n’a pas dépassé les 30% de loin, malgré presque trois tentatives par match, et les défenseurs n’ont plus peur de lui derrière la ligne, ce qui leur permet de fermer la raquette. Comme en plus James Wiseman n’est pas un shooteur non plus, l’équipe de Golden State est loin d’avoir un spacing exceptionnel, et cela va surement leur poser des problèmes pendant la saison régulière.

C’est clairement là que le bat blesse, d’autant plus si Kelly Oubre est titulaire. L’ancien Sun est capable de créer pour lui-même en attaque (presque 19 points de moyenne la saison dernière), tout comme Eric Paschall, mais ils sont bien les seuls, et ils auront bien du mal à faire tourner la second unit, tout simplement parce que ce n’est pas leur profil. Damion Lee est un joueur honnête, mais difficile de le voir avoir un vrai rôle chez un candidat au titre, tout comme Juan Toscano-Anderson, Brad Wanamaker, Marquese Chriss… Presque l’ensemble des remplaçants en fait. Et pour ne rien arranger, l’autre joueur qui a déjà prouvé pouvoir contribuer à très haut niveau, Kevon Looney, passe beaucoup trop de temps à l’infirmerie… Au final, la cohérence du banc des Warriors viendra peut-être la progression nécessaire de Jordan Poole. Drafté en 28e position l’année dernière, il a vécu une saison compliquée, notamment sur le plan de la réussite aux tirs (33% dont 28% à trois points). Problème de confiance ? Vraie incapacité à rentrer des shoots ? Compliqué à dire, mais il a montré dans sa carrière NCAA pouvoir marquer de loin, et les dirigeants de Golden State espèrent sans doute qu’il passera un cap cette saison, où la suivante. Il permettra d’ajouter du scoring et de la menace extérieure à une équipe qui en a besoin.

  • LE JOUEUR À SUIVRE : DRAYMOND GREEN

Jordan Poole aurait très bien pu être mis en avant dans cette rubrique, mais nous avons plutôt choisi de nous concentrer sur Draymond Green. L’ailier fort, même si toujours impactant en défense, l’est de moins en moins et, comme on l’a vu, c’est aussi de plus en plus compliqué de l’autre côté du terrain. Dray n’a encore que 30 ans, difficile de croire que c’est le début d’un déclin irréversible. Surtout qu’il a toujours eu des excuses pour expliquer ses piètres prestations : la présence de Kevin Durant dans l’effectif l’a forcé à se mettre en retrait en attaque lors des saisons passées, et lorsque celui qui est aujourd’hui joueur des Nets est parti, la franchise de Californie n’a plus été compétitive, ce qui a pu faire baisser sa motivation. Sauf que la saison prochaine, il n’aura pas le droit à l’erreur. Les Warriors ont clairement des ambitions, même si remporter le titre semble compliqué, et il ne pourra plus se cacher sur le terrain, où il devra être le leader de l’équipe aux côtés de Stephen Curry. À moins qu’il n’ait atteint ses limites, et qu’il montre être une très bonne troisième ou quatrième roue du carrosse, mais incapable de porter une équipe comme d’autres peuvent le faire. En tout cas, la saison de Golden State dépendra en grande partie de lui.

– Avec Steve Kerr sur le banc, les Warriors disposent d’une valeur sûre, qui va sortir de son chapeau des joueurs/systèmes inattendus au bon moment pour remporter un match. Et ça peut-être important au moment de faire les comptes en fin de saison.

– Le retour de Stephen Curry : blessé pendant l’immense partie de la saison dernière, le meneur va revenir avec les crocs et la volonté de montrer à la NBA qu’ils ne sont pas finis. En plus, il va sûrement vouloir en plus faire honneur à son Splash Bro Klay Thompson. Dans ces conditions, difficile de ne pas l’imaginer faire une grosse saison.

– L’arrivée de James Wiseman va peut-êter considérablement renforcer un effectif déjà bien garni. Le pivot n’est qu’un rookie, donc difficile d’estimer précisément ce qu’il va apporter. Par contre, son arrivée ne peut faire que du bien à un groupe qui a les moyens d’être performant, mais qui a vécu une saison cauchemardesque. Au pire, il pourra servir de monnaie d’échange pour récupérer une star dans quelques années. Au mieux, il montre que son potentiel est bien réel et il devient dans quelques années cette star qui pourrait permettre aux Warriors de revenir au premier plan.

– Un banc qui n’est clairement pas au niveau d’un prétendant au titre… Ca manque d’expérience et de talent et même si Eric Paschall a fait une grosse saison rookie, l’équipe ne jouait rien et il n’est jamais facile de confirmer à plus haut niveau. D’autant que son jeu, tout en isolation, ne correspond pas forcément à ce qui a fait la force de Golden State les années passées.

– Le manque de spacing : à part Curry, Bazemore (35% en carrière) et Kelly Oubre (33% en carrière, mais avec une belle progression ces dernières saisons), personne n’est vraiment capable de shooter avec consistance de loin. C’est pourquoi la progression de Jordan Poole sera si importante.

– Un effectif fragile : Curry a déjà montré qu’il était sujet aux blessures, et il commence à vieillir. Draymond Green n’est pas non plus le plus solide, et Kevon Looney est complétement cassé. Heureusement qu’Andrew Wiggins et Kelly Oubre sont là pour remonter le niveau, mais ils ne pourront pas porter l’équipe seuls.

  • L’AVIS DE LA RÉDACTION

On voit bien les Warriors se battre pour l’avantage du terrain. Les présences de Stephen Curry et Steve Kerr apportent trop de garanties, et le cinq majeur est de bonne qualité. C’est suffisant pour remporter un bon nombre de victoires, si tout le monde reste en bonne santé. Et si Draymond Green sort une grosse saison, ils pourraient même s’inviter plus haut…

  • LE PRONOSTIC

51 victoires pour 31 défaites, 5e à l’Ouest.

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