Gérard Lopez : « On ne finance plus un club de foot avec une baraque à frites et du mécénat »

Le président du club de football de Lille, Gerard Lopez, à Londres le 11 décembre 2019.

Le président du club de football de Lille, Gerard Lopez, à Londres le 11 décembre 2019. ISABEL INFANTES / AFP

Les crises sont propices aux remises en question. Celle qu’a provoquée la pandémie due au coronavirus bouleverse l’économie dans son ensemble. Le football, industrie à part entière, n’y échappe pas. Alors qu’il est à l’arrêt, le modèle sur lequel il est bâti depuis des années est malmené. Le Monde a décidé d’interroger certains de ses acteurs sur la gestion de la crise actuelle, ce qu’elle révèle, la façon d’en sortir et, peut-être, les changements à apporter. Gérard Lopez, propriétaire et président du club de Lille, aborde ces sujets et dit, notamment, ne pas imaginer une régulation pour atténuer certains excès.

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Parler de la situation financière du football professionnel en cette période n’est pas un sujet populaire. Le comprenez-vous ?

J’ai du mal avec les gens qui critiquent quand on parle de football dans des moments comme ça. Le LOSC fait vivre directement 300 familles et indirectement environ 3 000 en incluant les prestataires de la région en sécurité, restauration ou encore nettoyage.

Dès que l’on dit qu’il faut terminer le championnat, on répond : « Il y a plus important que le foot. » Oui, mais un club c’est aussi des employés, qui ne sont pas juste les joueurs, et qui dépendent de nous. Je ne suis pas critiqué quand je m’occupe des salariés dans mes autres boîtes ; je ne peux pas être critiqué quand je m’occupe de mes salariés du LOSC.

Pourquoi l’UEFA et la plupart des clubs veulent-ils absolument que les championnats se terminent ?

On ne finance plus un club de foot avec une baraque à frites et du mécénat. Les clubs sont des grosses entreprises avec de gros chiffres d’affaires, dont une partie importante des revenus provient des droits TV. Si on ne joue pas, il n’y a pas de droits TV.

La FIFA, l’UEFA, les fédérations, les ligues et les dirigeants de clubs ont la responsabilité de faire en sorte que le système continue de fonctionner. C’est la raison pour laquelle tout le monde parle d’une reprise en respectant tout d’abord les gens malades et les morts, ainsi, bien entendu, que les consignes sanitaires gouvernementales.

Quelle est la date butoir de reprise qui permettrait à la saison de s’achever dans les mois qui viennent ?

La position de l’UEFA aujourd’hui, c’est qu’un championnat non conclu n’est pas valable. Raison de plus pour essayer de le terminer. Une date butoir au 3 août a été mise en place pour terminer les compétitions françaises. Entre la Ligue 1, les play-off, les deux coupes, ça représente 17 dates.

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