Football : reprendre après le confinement en évitant les blessures, l’art de « reconstruire des joueurs »

Kylian Mbappé et le PSG, ici en août 2018, vont retrouver l’entraînement.

En août, tous à l’ouest. En dévoilant, mercredi 17 juin, le nouveau calendrier des compétitions européennes de football – Ligue des champions en tête –, mis à jour après le confinement lié à la pandémie de Covid-19, le patron de l’UEFA (Union des associations européennes de football), Aleksander Ceferin a donné rendez-vous aux clubs encore en lice à Lisbonne, à compter du 12 août, pour un « Final 8 », sans matchs aller-retour.

« Cette formule inédite sera passionnante et riche en émotions, a commenté le président du Paris-Saint-Germain, Nasser Al-Khelaïfi, au micro de RMC Sports. Nos joueurs et le staff, qui reprennent l’entraînement lundi prochain, vont tout mettre en œuvre pour être prêts début août. »

Il s’agit d’un défi pour Lyon et le PSG, alors que les autres clubs européens ont déjà repris leurs championnats. Les deux derniers représentants français (l’OL doit disputer un huitième de finale retour contre la Juventus Turin, le PSG est déjà en quarts) ne reverront pas les pelouses avant août, et avancent en terra incognita pour la reprise.

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« Limiter les effets négatifs » du confinement

« Le contexte est inédit. En France, c’est la première fois qu’on va se retrouver avec vingt-trois semaines sans compétition », expose Bruno Marrier, « sport scientist » à l’AS Monaco – un rôle de courroie de transmission entre les staffs médicaux et techniques. « L’idée principale, pendant les huit semaines de confinement, a été d’en limiter les effets négatifs sur les joueurs. »

Tous les clubs n’ont pas été logés la même enseigne. Plusieurs équipes françaises admettent avoir eu du mal à effectuer un suivi de leurs ouailles et à leur faire observer un programme précis – le chômage partiel n’ayant pas aidé. D’où l’importance d’individualiser la reprise, et d’évaluer l’état physique de chaque joueur, ses manques et ses améliorations.

« Il faut connaître le joueur, analyser les charges de travail et la reprise progressive, préconise le docteur Emmanuel Orhant, directeur médical de la Fédération française de football (FFF), à l’origine du protocole de reprise des clubs hexagonaux. Avant le début de saison, on doit le tester au niveau musculaire et articulaire. A partir de ces points de faiblesse, le faire travailler spécifiquement pour l’amener au maximum de ses capacités, sans le faire basculer du côté inquiétant, à risque pour ses muscles. »

Les spécialistes anticipent l’envie des joueurs, privés de ballon, de renouer avec les grosses frappes de balle. « La plupart n’en a pas fait pendant huit à dix semaines, souligne Jean-Benoît Morin, chercheur à la Faculté des sciences du sport de l’Université Côte-d’Azur. Or, le plus gros piège est de croire que parce que le joueur est en bonne forme physique globaleet qu’il n’a pas eu de symptômes de Covid-19il redevient un footballeur normal avec toute l’intensité imposée par le foot. »

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