FIFA : la justice suisse blanchit partiellement Sepp Blatter

Sepp Blatter, le 30 mai 2015.

Sepp Blatter, le 30 mai 2015. FABRICE COFFRINI / AFP

Cinq ans jour pour jour après qu’il a décidé de remettre « son mandat à disposition », l’ex-président de la Fédération internationale de football (FIFA), Sepp Blatter, a été partiellement blanchi par la justice suisse. Selon nos informations, l’ex-patron suisse du football mondial (1998-2015) a été avisé, mardi 2 juin, que l’enquête le visant depuis 2015 pour un contrat controversé signé, en 2005, avec l’Union caribéenne de football (UCF), a été a été close par le Ministère public de la Confédération helvétique (MPC), selon une ordonnance de classement en date du 22 mai.

« C’est une belle journée, le classement de l’enquête est officiel », confie au Monde Sepp Blatter, 84 ans. Contacté, son avocat, Lorenz Erni, n’a pas souhaité faire de commentaire.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Guerre judiciaire entre la FIFA et son ex-président Sepp Blatter

« Contrat défavorable à la FIFA »

Le 10 avril, Le Monde avait révélé que le parquet suisse avait annoncé, en mars, par courrier, à M. Blatter sa volonté de classer l’un des deux volets de la procédure pénale ouverte contre lui, en septembre 2015, pour « des soupçons de gestion déloyale et abus de confiance ».

Cette enquête concerne la signature, en 2005, par M. Blatter d’un « contrat défavorable à la FIFA » – et résilié par la Fédération en 2011 – qui octroyait les droits télévisés des Mondiaux 2010 et 2014 à l’Union caribéenne de football (UCF), dirigée alors par le Trinidadien Jack Warner, suspendu à vie par la FIFA et inculpé pour corruption par la justice américaine.

Le 29 avril, l’affaire a été relancée lorsque l’agence Associated Press a fait état d’un rapport à charge de la police helvétique, dont les conclusions indiquent « clairement que les soupçons [de gestion déloyale et d’abus de confiance] du MPC à l’encontre de M. Blatter en 2015 étaient bien fondés ».

Dans le résumé de ce rapport, auquel Le Monde a eu accès, la police fédérale reproche notamment à M. Blatter « d’avoir accepté que M. Warner s’enrichisse illicitement aux dépens de la FIFA » en annulant notamment, en 2011, une dette de 3,78 millions de dollars de l’Union caribéenne, au préjudice de la FIFA.

Le 2 mai, la FIFA a indiqué au Monde qu’elle a « déposé des demandes officielles au Ministère public de la Confédération helvétique, insistant fortement » pour que l’enquête pénale visant son ancien dirigeant « se poursuive ». Elle n’a pas eu gain de cause. L’instance dispose de dix jours pour affaire appel de la décision du MPC de clore enquête auprès du tribunal pénal fédéral de Bellinzone.

Toujours prévenu dans le second volet de l’affaire

L’ex-président de la FIFA conserve, pour le moment, son statut de prévenu dans le second volet de l’affaire, le plus médiatique, actuellement en phase d’instruction : le paiement présumé « déloyal » de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) qu’il a versé, en février 2011, à Michel Platini, alors président de l’Union des associations européennes de football (UEFA). Selon les deux intéressés, ce versement correspond à un reliquat de salaires datant de l’époque (1998-2002) où le Français était le conseiller du Valaisan.

Interrogé comme témoin assisté, le 25 septembre 2015, M. Platini a été mis hors de cause dans cette affaire, en mai 2018, par une lettre du parquet suisse.

Mais c’est bien l’ouverture d’une procédure pénale contre M. Blatter qui avait conduit le comité d’éthique de la FIFA à suspendre, en octobre 2015, l’ex-patron du football mondial et M. Platini. Et ainsi sceller la chute des deux dirigeants les plus puissants du football mondial. Candidat à la succession de M. Blatter pour le scrutin de février 2016, l’ex-numéro 10 des Bleus avait vu ses ambitions foudroyées par sa radiation.

Laquelle s’est achevée en octobre 2019. M. Blatter avait, lui, été suspendu six ans pour ce paiement des 2 millions (le comité d’éthique de la FIFA ne s’est penché sur le contrat avec la CFU le concernant), une sanction confirmée en décembre 2016 par le tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne.

Lire la suite sur Le Monde.fr