“F*** motard”, “rien à faire là”… Alaphilippe, la chute de la discorde

Décidément, Julian Alaphilippe a le chic pour toujours nous réserver des surprises auxquelles on ne s’attendait pas. Pour sa grande première sur le Tour des Flandres, le Français a d’ailleurs offert son meilleur visage en étant le coureur le plus fort ou, en tout cas, le plus entreprenant en étant à l’origine du bon coup, à plus de 35 kilomètres de l’arrivée. Ça, c’était pour l’agréable surprise. La suite aura été moins plaisante. Alors qu’il était dans le sillage de Wout Van Aert et Mathieu Van der Poel, avec un groupe de chasse à leur poursuite, le champion du monde a voulu parler avec son directeur sportif, sans doute pour demander des consignes ou avoir des nouvelles de ses équipiers derrière. Une action classique mais, cette fois, aux terribles conséquences.

La catastrophe : Alaphilippe chute en percutant une moto et abandonne

Tour des Flandres

Alaphilippe, sans repère mais pas sans ambition

HIER À 15:39

Avec une seule main sur le guidon, le Tricolore a été dans l’incapacité de réagir lorsqu’une moto du jury a freiné progressivement devant le groupe, obligeant les coureurs à l’éviter. Après la terrible chute d’Evenepoel sur le Tour de Lombardie, la Deceuninck-Quick Step – nommée pour l’évènement Elegant-Quick Step – a encore perdu son leader pour un Monument sur chute. Le prodige belge a d’ailleurs été l’un des premiers à réagir à la chute de son coéquipier, en s’en prenant violemment au motard en question. “Fucking motard de merde !!!”, a t-il rapidement tweeté. Un tacle envers les motos et l’organisation qu’a partagé le directeur sportif de la Wallonie-Bruxelles Development, Christophe Detilloux. “Les motos dans la course vous êtes une honte, s’est-il exprimé sur Twitter. Amateurisme. Scandaleux. J’ai honte pour mon sport.” Pourtant, difficile de blamer totalement le motard en question.

Alaphilippe ne pouvait rien faire

C’est en tout cas l’avis sur cet accident improbable de notre consultant Jacky Durand. “Pourquoi la moto du jury ralentit?, explique-t-il dans La Palette à Jacky. La réponse est juste devant : c’est à cause de la moto d’assistance neutre à qui les organisateurs ont demandé de se passer derrière le trio. La moto d’assistance est obligée de ralentir pour laisser passer les trois coureurs pour pouvoir les aider en cas de problème. Peut-être que la moto du jury fait une erreur mais elle n’est pas censée savoir que l’autre devant va ralentir…” Une analyse pas du tout du goût de Vincent Lavenu. “Jacky tu ne peux pas dire que la moto avait ralentie, s’est emporté le manager de la formation AG2R La Mondiale sur Twitter. Encore une fois une faute grave du motard qui n’avait pas à s’arrêter à l’intérieur du virage“. Même son de cloche du côté de Christophe Detilloux. “Rien à faire à l’intérieur du virage, s’est-il exprimé sur Twitter. Nul. Nul. Nul“.

Lefevere: “Je ne sais pas ce que la deuxième moto faisait là”

Bien parti pour jouer la victoire sur le Tour des Flandres, la course la plus importante de la saison pour la Deceuninck-Quick Step, Patrick Lefevere a tout perdu dans cette chute et il ne décolérerait pas à l’arrivée. “Peut-être que le motard a été chargé par le président du jury de se placer derrière les coureurs de tête, mais cette moto n’avait rien à faire à cet endroit, se plaignait-il sur Sforza. Elle aurait dû être à l’extérieur car il s’agissait d’un léger virage à droite et qu’un coureur cherche toujours l’itinéraire le plus court. On voit sur les images que Mathieu van der Poel était surpris par la présence de cette moto. Il a pu l’éviter, mais Julian Alaphilippe ne pouvait rien faire“. Et ne lui parler d’une éventuelle faute de la part du champion du monde. “Un manque d’attention ? Je ne suis pas totalement d’accord, explique t-il. Van der Poel a failli percuter la moto et pourtant il ne parlait à personne… Cette moto n’avait tout simplement rien à faire là“. Mais était-ce vraiment le cas ?

La faute à pas de chance…

Consultant pour Eurosport, l’ancien coureur Lois Chetout comprend les critiques du dirigeant belge à l’encontre du motard mais, pour lui, le motard n’est pas en faute pour autant. Au contraire. “La seule faute, et encore ce n’est pas une faute, qu’on pourrait à la limite reprocher à la moto, c’est qu’elle se trouvait sur le côté droit de la route, plus qu’à l’extérieur du virage, côté gauche, explique l’ancien coureur de la Cofidis. A la limite, on aurait pu dire ça. Mais, même… Les motos sont censées respecter le code de la route, donc se retrouver à droite. Non, c’est vraiment la faute à pas de chance…” Une absence de responsabilité partagée par Jacky Durand. “Je n’en veux à personne moi, explique-t-il. C’est juste la faute à pas de chance“. Et à un nouveau “coupable” de dernière minute : Wout Van Aert.

Le soleil d’Alaphilippe : Mais que faisait cette moto à cet endroit ?

En tête du groupe au moment de l’incident, le Belge de la Jumbo-Visma est le seul à ne pas s’être fait de frayeur à l’occasion mais c’est peut-être – en partie – à cause de lui que cette chute est intervenue. C’est en tout cas l’avis de Remco Evenepoel. “Wout Van Aert aurait dû aller sur la gauche pour que les gars derrière aient plus d’espace, analysait-il sur Twitter. Van der Poel est passé de justesse et Julian n’a pas pu l’éviter“. Au fond, peu importe. Cela a coûté à Julian Alaphilippe ses rêves de Tour des Flandres. Et de longues semaines de rééducation puisque le Français souffre de fracture des deuxième et quatrième métacarpes de la main droite. Le champion du monde rêvait sans doute d’une meilleure fin de saison mais le destin en a décidé autrement.

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