Dossier Jalen Green : La NCAA est-elle devenue obsolète ? (1/3)

Une aubaine. Le basket a trouvé son nouvel enfant terrible et il porte un nom : Jalen Green. Pour tout comprendre à ce notre dossier consacré au jeune lycée, on vous conseille de lire l’article sur l’information publié sur notre site. Disons-le honnêtement, cette affaire est arrivée comme une aubaine pour l’intégralité des médias Basket à travers le monde en ces temps troublés où aucun match de basket n’est joué dans aucun championnat. Probablement bien conscient de l’impact que sa décision allait occasionner, le petit Jalen Green a donc fait monter la pression sur les réseaux sociaux ces derniers jours. 24 heures avant l’annonce de son choix, il publiait la vidéo suivante.

 

 

Un esprit provocateur, ça ne s’invente pas. Avec cette vidéo de 2 petites secondes, on aperçoit une casquette des Memphis Tigers, un pull des Auburn Tigers, et un t-shirt signé NBL, la ligue australienne. Mais tout ça n’était qu’un coup de communication bien préparé par Green et son entourage. Hier soir, c’est Jonathan Givony, le spécialiste Draft de chez ESPN qui a dégainé l’information en premier provoquant une onde de choc chez tous les spécialistes NCAA et Draft.

 

 

Alors comment en sommes-nous arrivés là ? Comment un potentiel premier choix de Draft peut-il se payer le luxe de snober la NCAA sans même mettre son avenir en péril ? Comment la pauvre G-League et ses gymnases lugubres peut elle attirer davantage que la folie qui entoure la NCAA ? Au premier abord, c’est en effet un choix difficile à expliquer. Ce choix, c’est une explosion. L’explosion d’une bombe à retardement que la NCAA n’a jamais réellement tenté d’éteindre depuis de trop nombreuses années. La tension n’a fait que grimper jusqu’à ce 16 Avril 2020 fatidique qui va sans doute marquer un tournant.

 

Comme souvent dans le monde occidental du 21ème siècle, c’est une histoire de gros sous qui a provoqué ce déferlement. Depuis de très nombreuses années, les anciens joueurs NCAA, les joueurs qui la traversent actuellement ou même parfois des jeunes lycéens réclament tous une chose : un salaire. Sur ce point, la NCAA qui est une ligue universitaire a toujours été claire en refusant de rémunérer ses athlètes. Pour être plus précis, elle refuse de leur offrir plus d’argent que ce qu’ils touchent déjà. Le mythe que les joueurs NCAA arrivent à la Draft NBA doit cesser. Ces jeunes athlètes obtiennent d’abord des bourses d’études grâce à leur statut spécial de sportif de haut niveau. Ainsi, ils sont logés, nourris et blanchis gratuitement sur certains des plus beaux campus universitaires au monde là où un étudiant lambda doit débourser des dizaines de milliers de dollars à ses frais pour étudier aux États-Unis. Pour les plus populaires d’entre eux, les contrats avec les plus grandes marques sont déjà signés lorsqu’ils sont en NCAA et l’argent commence déjà à tomber sur leur compte en banque. Mais que voulez-vous, c’est dans la nature humaine de vouloir toujours plus.

 

Néanmoins, faut-il pour autant blâmer les joueurs et leurs ambitions salariales ? Ce n’est pas notre postulat. Ces joueurs sont tout sauf bêtes et s’ils réclament leur part du gâteau, c’est qu’elle est bien légitime. Les facs qui sont à guichets fermés tous les soirs se comptent par dizaines, les grandes affiches tout comme la March Madness sont suivies par des millions d’américains à la télévision nationale, avec les spots publicitaires lucratifs et tout ce que ces chiffres impliquent. Vous l’avez compris, la NCAA génère des millions de dollars chaque saison. Mieux encore, elle est sans doute l’une des entreprises qui réalise le plus grand profit de ses bénéfices chaque année. On va éviter le cours d’économie. Pour faire simple, la NCAA génère des millions de dollars sans rémunérer ses athlètes, le bénéfice est maximal et pour les joueurs, ce constat fait maxi mal.

 

Dans ce climat tendu, il n’en fallait pas plus pour occasionner des dérapages. Lors de la dernière décennie les affaires de corruption et de pots de vins au sein de la NCAA se sont multipliées. Nombreuses sont les universités peu scrupuleuses qui n’ont pas hésité à faire passer de l’argent sous la table aux meilleurs athlètes pour les convaincre de rejoindre leur programme. Plus une année ne passait sans qu’une fac ne génère au moins des soupçons. L’un des cas les plus médiatisés a eu lieu à Arizona en 2017 où Deandre Ayton aurait touché 100 000 dollars pour rejoindre l’équipe de Sean Miller.

 

Dernière affaire en date ? Pas plus tard que cette saison avec le cas James Wiseman chez les Tigers. Le pivot de Memphis, lui aussi pressenti pour devenir premier choix de Draft avant le début de la saison universitaire, a fauté en cédant à l’appel de l’argent. Il aurait ainsi accepté une somme de 11 500 dollars de la part de Penny Hardaway pour aider sa famille à s’installer dans le Tennessee pendant qu’il s’engageait pour l’équipe de l’ancien joueur NBA. Rien de bien méchant vu comme ça, mais une entrave tout de même à un règlement qui se veut très clair sur le non-financement des athlètes.

 

Ces décisions peuvent paraître difficiles à comprendre. Pourquoi ces jeunes stars à qui on promet monts et merveilles acceptent-ils de ‘’vendre leur âme’’ pour quelques dizaines de milliers d’euros, alors que leur salaire se comptera en millions dès lors que leur nom sera appelé à la Draft NBA ? Encore une fois, il ne faut pas oublier que ces joueurs sont humains. La majorité sont promis à de belles sommes, mais le risque zéro n’existe pas. Le risque de voir leur carrière s’écrouler pour X raison reste au-dessus de leur tête comme une épée de Damoclès intimidante. Alors entre 0 dollar tout de suite et 10 000 dollars tout de suite, le choix est vite réglé.

 

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