Detroit Pistons 2021-2022 : Une star est arrivée ?

  • La saison dernière

La saison dernière était celle de la reconstruction pour les Pistons. En coupant Blake Griffin (qui semblait en bout de course avant de revenir d’entre les morts) très rapidement, tout en transférant Derrick Rose, ils ne se sont fait (et n’ont fait) aucune illusion pour les ambitions sportives. Le seul mot d’ordre : Tanking !

Dès le début de saison, Killian Hayes, le meneur français, drafté en 7ème position fut dépassé par le rythme de la NBA avant de se blesser. Il laissa des responsabilités à différents meneurs ou arrières. Derrick Rose, puis Delon Wright, Dennis Smith Jr, Corey Joseph… Sans meneur d’envergure, difficile de guider cette équipe dans la NBA actuelle. Dwayne Casey s’est donc contenté de donner du temps de jeu et des responsabilités à ses jeunes joueurs en jonglant avec les modifications constantes de l’effectif, au fil des transferts et two-way contract qui ont jalonné la construction de cet effectif.

Les défaites s’enchaînent sans qu’une réelle patte collective ne soit identifiable dans cette équipe. L’objectif est clair : espérer accrocher les meilleures équipes le plus longtemps possible en espérant l’emporter. Avec un effectif médiocre, les satisfactions ne sont pas légions et les victoires sont rares.

Jerami Grant a réalisé une excellente saison au scoring. Il s’affirme comme une bonne monnaie d’échange pour les années en venir et justifie le contrat octroyé par Detroit lors de la dernière intersaison. Saddiq Bey pourrait être un 3 and D précieux dans les années à venir. L’ailier a livré un premier exercice prometteur, à l’image d’Isaiah Stewart, jeune intérieur fort rebondeur et besogneux. Les arrivées d’Hamidou Diallo ou l’apport de Corey Joseph en tant que meneur vétéran sont d’autres satisfactions.

La vraie satisfaction ? Le choix numéro 1 de la draft : Cade Cunningham.

Qui dit satisfaction, dit aussi déception… Malheureusement, elles sont françaises. La première d’entre elles, c’est Killian Hayes. Avec cette blessure qui l’a privé d’une majeure partie de la saison, il n’a pas pu prendre du galon en tant que meneur NBA. Inconstant aux tirs, manque de justesse dans ses choix, difficile de juger la saison du français sans être sceptique sur son rendement. L’autre déception se nomme Sekou Doumbouya. L’ailier a régulièrement était tancé par son coach. Manque de sérieux, absence de rigueur… Le français a même été transféré lors de la free agency.

  • Les mouvements de l’intersaison

Arrivées : Cade Cunningham, Kelly Olynyk, Trey Lyles

Départs : Mason Plumlee, Sekou Doumbouya, Jahlil Okafor, Wayne Ellington

  • L’effectif

PG : Cade Cunningham, Killian Hayes, Corey Joseph, Saben Lee

SG : Hamidou Diallo, Frank Jackson, Rodney McGruder

SF : Saddiq Bey, Josh Jackson

PF : Jerami Grant, Trey Lyles

C : Isaiah Stewart, Kelly Olynyk, Luka Garza

  • Le cinq majeur

PG : Cade Cunningham SG : Killian Hayes SF : Saddiq Bey PF : Jerami Grant C : Isaiah Stewart

Le futur des Pistons se nomme Cade Cunningham ! Drafté en place numéro 1 par Detroit, le meneur, capable également d’occuper le poste 2 est peut-être la star tant attendue de la reconstruction. Il est le nouveau visage de la franchise avec son jeu qui s’annonce parfaitement adaptable à la NBA. Bon passeur, bien qu’il perde beaucoup de ballon ; il est également un excellent scoreur, avec un QI basket au-dessus de la moyenne. Son profil all-around est intriguant. Sa capacité à jouer parfaitement le pick-and-roll est un atout supplémentaire à son arsenal. Il est l’un des favoris au titre de ROY et c’est logique tant les attentes sont grandes le concernant. A ses côtés dans le backourt, il partagera sa place avec Killian Hayes. Le français est parvenu à montrer quelques promesses en fin de saison dernière, notamment grâce à sa belle vision de jeu (même s’il perd beaucoup de ballons également). Excellent playmaker, il prend beaucoup de risques balle en main. Cette année, il devrait davantage être utilisé sans le ballon. Pour cela, il devra inscrire ses tirs. Ses pourcentages catastrophiques de la saison dernière seraient un frein à son éclosion. Aux côtés de Cunningham, il sera débarrassé d’une partie de la création. Sa capacité à faire des différences balle en main sera utilisée lorsqu’il ne sera pas sur le terrain. Plutôt bon défenseur, il devra se coltiner quelques arrières de talent et des soirées pourraient être compliquées. Killian est attendu au niveau de la régularité et de la justesse dans es choix. S’il parvient à jouer plus libéré que la saison dernière ainsi qu’à s’affranchir de la pression, il peut montrer à tous ses détracteurs qu’il ne s’agissait seulement qu’un faux-départ.

Sur l’aile, Saddiq Bey est l’élément parfait pour cette équipe. Egalement dans sa deuxième saison NBA, il est un 3-and-D en puissance. En attaque, il prend les miettes. Pour s’épanouir et trouver un autre rôle, il doit progresser dans sa prise de décision balle en main et dans sa capacité à trouver de bonnes passes. En défense, c’est un métronome. Il n’est pas un stoppeur mais il possède de véritables atouts physiques ainsi qu’une intelligence défensive intéressante. A lui de confirmer les espoirs entrevus lors de cette première saison.

Au poste 4, ce sera le meilleur marqueur (et de loin…) de la saison dernière : Jerami Grant. Le jouer a franchi un palier depuis ses fabuleux playoffs avec les Nuggets. Il apporte son tir primé mais également une vélocité réelle dans cette équipe. Il permet d’augmenter le niveau plancher de celle-ci. Plutôt correct en défense, il pourrait prendre davantage de rebonds. Capable de marquer dos au panier, il ne cesse de progresser ! Mais justement, n’a-t-il pas atteint son potentiel maximum l’année dernière ? Sa côte est au plus haut et Detroit pourrait s’en séparer contre des picks de draft au cours de la saison.

Enfin, le poste 5 de cette équipe se nommera Isaiah Stewart. L’intérieur est petit mais très véloce. C’est un excellent athlète, capable d’attraper pléthore de rebonds offensifs. En défense, il est courageux. Il se contente de ramasser les miettes près du cercle pour apporter au scoring et sa palette ne semble guère variée. Il peut très bien surprendre lors de sa deuxième saison NBA.

Corey Joseph sera le troisième meneur de cette équipe. Il sera en charge de jouer le rôle de vétéran. Cette expérience n’a guère été concluante du côté des Kings mais depuis son arrivée au Pistons, le meneur semble plus épanoui. C’est d’ailleurs pour cette raison que Detroit n’a pas hésité à lui proposer un nouveau contrat. En tant que meneur organisateur d’expérience, il devra stabiliser et rassurer ses jeunes coéquipiers dans les moments compliqués. Il apportera sa gestion du tempo en sortie de banc. Le feu-follet Frank Jackson, qui n’a jamais réellement trouvé sa place en NBA, sera la dernière rotation sur le poste de meneur. Hamidou Diallo constitue une alternative intéressante et différente sur le poste d’arrière. Capable de jouer meneur durant quelques minutes (il l’a prouvé OKC), il n’a cessé de progresser et ne demande qu’à exploser. Bon défenseur, il est bon pour finir en transition mais son QI offensif le gêne dès que le tempo se ralentit. A lui de se sortir les œillères et d’être un remplaçant de luxe dans une équipe morose.

Sur les ailes, la seule rotation correcte se nomme Josh Jackson. Après une saison du repentir réussie, l’ailier doit continuer à apporter son sérieux en sortie de banc. Plus juste en attaque et capable d’être un bon défenseur sur de courtes séquences, son temps de jeu pourrait exploser en cas de blessures de Bey. Sur le poste 4, c’est le même problème : il n’y a qu’une seule rotation : Trey Lyles. Très bon scoreur, il est souvent pris à défaut en défense. Il est impossible de le laisser longtemps sur le terrain. Kelly Olynyk est également capable d’occuper le poste 4 sur quelques séquences mais s’il est plus efficace en tant que scoreur sur le poste 5. Dwayne Casey devra être inventif dans son coaching pour définir ses rotations. Olynyk est la recrue phare de l’intersaison même si sa signature apparaît surprenante dans cette équipe jeune. Bon scoreur, il est excellent dans une équipe de haut de tableau sur une vingtaine de minutes. Son choix détonne à l’heure où le mot d’ordre de ces Pistons est : formation.

  • Le joueur à suivre : Killian Hayes

Le joueur le plus attendu de la saison des Pistons après Cade Cunningham, c’est Killian Hayes. Drafté très haut la saison dernière, le français s’est blessé. Il commence une nouvelle saison avec très peu de matchs NBA dans les jambes. C’est une sorte de nouvelle saison rookie pour lui. Il doit gommer tous les défauts qui font que son jeu est aussi spectaculaire que dangereux. Il est capable de trouver ses coéquipiers dans les meilleures dispositions et d’envoyer de nombreux ballons dans les tribunes. Il est capable de mettre un stepback et de faire un airball en étant tout seul. Killian doit gagner en confiance, notamment sur le plan offensif, car cela lui permettra d’être plus régulier. L’année prochaine, il devra davantage jouer sans ballon. Pour se faire, il doit progresser en transition, dans sa capacité à se démarquer et être plus efficace aux tirs (bien plus efficace). Dans le même temps, il doit conserver son sérieux en défense. Bon intercepteur, il est intéressant sur l’homme grâce à sa longueur de bras. Il peut défendre les 1 et les 2. A lui de continuer à prouver qu’il est partie intégrante de la reconstruction des Pistons.

-L’arrivée de Cade Cunningham : Avec l’arrivée de Cade Cunningham, les Pistons viennent de se trouver le futur de la franchise. Premier choix incontestable, Detroit possède l’un des nouveaux visages de la NBA. Spectaculaire dans ses choix, il possède un plafond très intéressant. Grâce à sa seule présence, les observateurs vont épier les performances d’une équipe pleine de promesses.

– Une vraie fournée de talent : Cade Cunningham, Killian Hayes, Saddiq Bey, Isaiah Stewart, Hamidou Diallo… Avec ces quelques joueurs, les Pistons possèdent une base intéressante pour se construire un avenir. D’ici quelques années du moins.

– Une nouvelle saison de transition : Les Pistons ne peuvent avoir d’objectifs sportifs avec cette équipe de jeunes talents. L’objectif, c’est la reconstruction. L’objectif, c’est la formation. L’objectif, c’est un nouveau choix de draft haut et de voir de nouvelles pépites éclore.

– Un coaching défaillant : Depuis son arrivée, Dwayne Casey est sur la sellette. Peu convaincant en tant que formateur, il pourrait mieux répartir les responsabilités entre des jeunes joueurs pleins de défaut

– La profondeur sur les ailes : Il ne vaut mieux pas qu’un joueur se blesse sur les postes d’ailiers ou d’ailiers-forts car la rotation est réduite dans cette équipe. Le cinq majeur est mignon même s’il risque de subir mais le banc est restreint et semble peu complémentaire.

  • L’avis de la rédaction

Plusieurs questions entourent le début de saison des Pistons et notamment l’articulation du duo Killian Hayes/Cade Cunningham. Dans un monde parfait, les deux joueurs sont complémentaires et parviennent à se partager les responsabilités. Ce n’est pas garanti. Cunningham et Hayes ont besoin du ballon pour vivre. Si ça fonctionne, cette équipe sera vive et rafraîchissante avec un jeu basé sur la vitesse et la vista. Avec Cunningham, le facteur « charme » pourrait faire les beaux jours à venir de Detroit. Des expérimentations sont à prévoir en cours de saison avec plusieurs changements dans l’effectif et l’arrivée de nouveaux joueurs. Il est possible que d’autres s’en aillent. L’objectif est de donner un maximum de responsabilités aux jeunes joueurs pour déterminer s’ils sont capables d’apporter à cette équipe. Les résultats ne seront pas au rendez-vous et Detroit risque de squatter les bas-fonds de la Ligue.

  • Bilan prévisionnel

22 victoires / 60 défaites

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