Demandes de remboursement, conséquences de la crise: le combat des clubs amateurs

Des parents réclament un remboursement 

Depuis le début du confinement, certains clubs amateurs reçoivent des demandes, de la part de parents, de remboursement de la licence de leurs enfants “qui n’ont pas joué au foot depuis deux mois”. C’est le cas à Evry (Essonne, 1200 licenciés). “Sur nos réseaux sociaux ou lorsqu’on les croise dans la ville, on a des parents et des joueurs qui demandent un prorata, un remboursement, ou de réduire le prix de la licence pour ceux qui n’ont pas fini de la payer cette saison”, confie Khalid Mahroug, directeur technique.

Si la saison ne reprend pas d’ici fin juin, ce prorata pourrait représenter environ une trentaine d’euros par licencié. Mais en cas de remboursement massif, cela pourrait mettre un sérieux coup aux finances d’un club comme l’Etoile Sportive de Trappes (environ 1200 licenciés, Yvelines). “Notre licence est à 190 euros pour toutes les catégories, cela comprend 50 euros de pack équipement, le tarif de la licence FFF, l’assurance, le paiement des éducateurs etc. On pourrait avoir à débourser 36.000 euros en cas de prorata total sur 320 000 euros de budget”, détaille le président Guessoum Abdelrazak.

Pour l’instant, le cas ne s’est pas présenté à l’AF Virois dans le Calvados (près de 500 licenciés avec une licence de 70 à 100 euros en fonction de la catégorie), mais le club a la réponse en cas de réclamation. “Nous dirons aux parents que la licence, qui est assez abordable, est une contribution à la vie du club pour une multitude d’activités proposées tout au long de l’année aux enfants comme les sorties pour voir des matches professionnels, les tournois et autres fêtes”, confie le trésorier François Guezet. Dans les Yvelines, le district conseille aux clubs de vérifier les mentions sur la fiche d’inscription: “Si les clubs ont mis une annotation ‘la cotisation est acquise de façon définitive’, c’est une preuve d’engagement du licencié ou de ses parents pour la saison. C’est une sécurité”.

Un geste à l’étude pour la saison prochaine

En l’absence de consigne ou d’aide officielle de la Fédération française de football, le club d’Evry a jusqu’à présent refusé ces demandes: “Pour l’instant, on ne peut pas se permettre de faire ce genre de remboursement. Si par miracle, on reçoit une somme d’argent fédérale, on pourrait se poser autour d’une table avec le président pour faire un geste la saison prochaine pour ceux qui viendront s’inscrire.”

Même raisonnement à Trappes où, même en l’absence de réclamation, l’équipe dirigeante réfléchit à la formule de la saison prochaine pour compenser la fin de saison tronquée. “On veut anticiper la situation, car les demandes de remboursement peuvent arriver. On travaille sur un éventuel geste sur la licence pour la saison prochaine, mais on attend aussi de l’aide de la Fédération pour nous aider à surmonter ce passage”, précise le président Guessoum Abdelrazak. Un geste qui serait d’autant plus symbolique, que les clubs craignent déjà une perte de licenciés, conséquence directe du contexte sanitaire. “Il y a des gens qui se posent vraiment la question s’ils vont ramener leurs enfants au foot. Dans la région parisienne, il va y avoir un déficit mais on ne peut pas l’évaluer encore”, déplore Pierre Guillebaux, vice-président délégué du district des Yvelines.

Le Fonds de solidarité aidera les clubs les plus en difficulté

La Fédération française de football devrait officialiser dans les prochains jours la création d’un Fonds de solidarité, auquel districts départementaux, ligues régionales et FFF contribueraient pour aider les clubs les plus en difficulté. “La Fédération a aussi versé tous les frais même si les compétitions sont arrêtées, c’est quand même 7 millions sur l’ensemble des championnats nationaux féminins et masculins. On fait vraiment tout pour pouvoir les soutenir”, précise Brigitte Henriques, vice-présidente de la Fédération française de football.

En effet, la saison s’est arrêtée avec le début du confinement le 17 mars, mais les versements de subvention liés aux déplacements, et à l’échelon du championnat, ont été versés (notamment quand le club évolue en National). Dans le club de Vire, cela représente 15 000 euros environ. S’il y a un gain de trésorerie en cette fin de saison car “on ne paie plus les arbitres, les cartons pris pendant les matches et on ne met plus d’essence dans les minibus”, il va falloir en cette période de crise aller à la chasse aux entreprises sponsors qui vont certainement recentrer leurs budgets sur les priorités du moment. A Vire, deux tiers des partenaires n’ont pas encore donné leur subvention annuelle. Entre gestion financière et conséquences de la pandémie, l’équilibre des clubs sera plus que jamais mis à rude épreuve dans les prochaines semaines.

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