Coupe du monde des clubs: “Trouver la bonne formule”, selon Yann Roubert

Yann Roubert, que pensez-vous du projet de Bernard Laporte d’organiser une Coupe du monde des clubs tous les ans?

La Coupe du monde des clubs est évidemment un projet dont on parle depuis un moment dans les différentes instances, entre les clubs, notamment au sein l’EPCR et les clubs européens. C’est évidemment une bonne idée car c’est un projet hyper attractif qui pourrait avoir un vrai intérêt pour le public, les clubs, les diffuseurs et les partenaires. Je pense qu’il y aura un consensus pour le faire. Mais il faut trouver la bonne formule, le bon moment et le bon endroit. Ce sont des discussions que l’on doit mener avec toute les parties prenantes, dont bien sûr les clubs.

Quelle serait justement la formule potentielle?

Avec l’EPCR, on a bossé sur des plans mais ça ne doit pas se faire au détriment de la Coupe d’Europe, mais bien en complément. Ce serait alors une fois tous les quatre ans avec une formule à déterminer avec les trois ou quatre meilleures équipes de chaque ligue, soit pourquoi pas tous les quatre ans avec les quarts de finaliste, ou les demi-finalistes de la Coupe d’Europe qui seraient qualifiés, avec l’équivalent pour le Super Rugby. Et pourquoi pas les champions du Japon et des Etats-Unis aussi.

Depuis quand, travailliez-vous sur cette possibilité?
Elle est devenue plus concrète ces 18 derniers mois quand on parlait de l’évolution possible des formats de Coupe d’Europe. C’est d’autant plus le cas en ce moment avec la crise du coronavirus qui va peut-être nous faire anticiper ce changement de formule. Dans toutes les réflexions, il y a alors cette éventualité de coupe du monde ses clubs.

“La Coupe d’Europe est importante”

Dans le Moscato Show lundi sur RMC, Bernard Laporte affirmait: “Je la ferais tous les ans. Si tu supprimes la Coupe d’Europe, ce n’est pas lourd.” Qu’en pensez-vous?

Cela aurait évidemment des conséquences mais on ne doit pas opposer les projets. Il faut faire valoir toutes les idées et les confronter en discutant tous ensemble. Bien sûr, la Coupe d’Europe est importante, on a envie de la jouer. Les clubs, les joueurs et le public y sont attachés. Et il y a des enjeux financiers importants avec nos diffuseurs et partenaires. Elle a aussi le mérite de concerner tous les clubs européens, des ligues celtes, anglaises et européennes. C’est pour ça qu’au sein de l’EPCR et les clubs, on pense plutôt à une compétition européenne qui existerait toujours, qui permet de faire jouer tous les clubs, et dont les meilleurs représenteraient leur ligue et leur pays sur les Coupes du monde. Rien n’est exclu mais il faut trouver la formule qui aille à tout le monde.

Vous l’avez dit, ce n’est sans doute pas le moment idéal pour faire avancer ce projet…

La situation à court terme nous oblige à nous focaliser sur l’aspect sanitaire. Reste à savoir comment on pourra rejouer, et comment on va sauver les clubs et même tout simplement le rugby de ces situations très périlleuses. Ce qui est certain c’est que cette Coupe du monde des clubs n’aura pas lieu cette saison. Ni la prochaine.

Mais beaucoup s’accordent à dire que la Coupe d’Europe manque d’exposition ou d’intérêt sportif lors des phases de poules…

Bien sûr. C’est pour cela que le nouveau format donnerait plus la part belle aux matchs de play-offs. On réfléchit à une formule à 18 clubs, plutôt qu’à 20, afin de rajouter des quarts, voire des demi-finales en matchs aller-retour. Il y aurait alors moins de rencontres de poules et davantage et phases finales. Ce serait potentiellement comme la Ligue des champions en football. C’est la proposition qu’on a faite.

Cela peut-il être le cas dès la saison prochaine?

Peut-être pas avec de suite les matchs aller-retour puisque nous avons aussi trois dates à repositionner la saison prochaine pour disputer les quarts, demies et finale de la saison actuelle. Si on arrive à mettre en place une compétition avec moins de dates, cela permettrait d’essayer de rattraper les matchs qui ne pourront pas avoir lieu cette saison.

“Une construction par les clubs et avec les clubs”

La démarche de Laporte est-elle, selon vous, électoraliste en vue des élections à World Rugby dans quelques semaines?

Je ne pense pas qu’on doive faire de mauvais procès. On l’a vu hier, Bernard Laporte souhaite proposer des idées, mais il est aussi dans le dialogue. Cela a été le cas pour les éventuelles montées de clubs de Fédérale 1 en Pro D2. C’est le même principe sur la Coupe du monde des clubs. On est tous d’accord pour dire qu’il en faut une mais des échanges sont nécessaires pour trouver la meilleure formule. Je n’ai aucun doute qu’on finira par trouver le bon accord. Personne ne peut avancer les uns sans les autres.

Quelle est la position de World Rugby et Bill Beaumont, et pas seulement de Bernard Laporte?

Nous avons une réunion avec l’EPCR hier et World Rugby. Bill Beaumont avait eu Simon Halliday, le président de l’EPCR, et il a rappelé que ça se construirait par les clubs et avec les clubs, et qu’il n’y avait aucune volonté de tuer la Coupe d’Europe. Bernard Laporte n’est pas forcément opposé à ça. Il a mis son idée sur la table et on va dialoguer.

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