Coronavirus: Zarco comprend l’annulation des courses en MotoGP

Johann Zarco, les pilotes ont-ils été mis au courant de la décision d’annuler le Grand Prix du Qatar et de reporter le Grand Prix de Thaïlande?

Non, nous n’avons pas été mis au courant avant. Le dimanche (1er mars, ndlr), j’ai commencé à recevoir des textos de copains qui sont un peu plus actifs que moi sur les réseaux sociaux. Et ensuite, nous avons eu la confirmation de l’annulation.

Comment avez-vous accueilli cette décision?

C’était délicat. Surtout pour les Italiens. Ils n’auraient tout simplement pas pu sortir de l’aéroport de Doha (toutes les personnes passées par l’Italie ces deux dernières semaines sont mises en quarantaine), comme l’a indiqué un communiqué de la Dorna (entreprise qui détient les droits commerciaux du MotoGP). Si les Italiens ne peuvent pas se rendre au circuit, on perd l’équivalent de 40% du paddock. Cela ne pouvait de toute façon pas fonctionner. La Dorna a tout fait pour que nous puissions courir, mais on se heurte ici à un cas de force majeure.

Êtes-vous inquiet face la progression de l’épidémie?

Je suis assez fataliste. Il arrive ce qu’il arrive. Je ne vais pas prendre de risques inutiles. Mais je n’ai pas porté de masque pour aller en Malaisie ou au Qatar à l’occasion des essais de pré-saison par exemple. Je ne me pose pas trop de questions. La Dorna est de toute façon plus prudente que moi. Elle a plus de monde à gérer. Je suis donc ce qu’elle dit.

Vous avez découvert votre nouvelle machine récemment, mais vous n’aurez plus l’occasion de remonter dessus avant de vous rendre aux Etats-Unis. Cela vous handicape-t-il par rapport aux pilotes qui n’ont pas changé de moto à l’intersaison?

Mon rythme est particulier. J’ai manqué trois courses l’an dernier (la marque autrichienne KTM et Johann Zarco ont décidé de mettre fin à l’aventure faute de résultats). J’étais sur une KTM. J’ai ensuite découvert une Honda pour seulement trois Grands Prix (les trois derniers de la saison). Puis, de nouveau une pause de deux mois, qui correspond à la trêve hivernale, et la découverte de ma nouvelle moto cette année, la Ducati, que j’ai pu tester pendant six jours. Et encore une fois, une pause d’un mois et demi s’impose avant le premier Grand Prix de la saison aux Etats-Unis en raison de l’épidémie de coronavirus.

J’ai l’habitude de ce rythme singulier, j’espère que ça tournera à mon avantage. C’est vrai que j’étais heureux de mes tests. J’avais envie de débuter au Qatar. Mais bon, depuis l’an dernier c’est presque mon quotidien d’avoir de longues pauses et de devoir me mettre au diapason une fois monté sur la moto. C’est vrai que les pilotes sont chamboulés avec cette annulation et ce report. Mais j’ai l’habitude d’être chamboulé. Même si c’est vrai que j’avais hâte de courir. D’ailleurs, lors de mes sorties VTT, je commençais à être plus prudent qu’à l’accoutumée avec le premier rendez-vous de la saison qui se profilait.

Physiquement, vous aviez prévu votre pic de forme pour la course au Qatar. Dans quelle mesure cela chamboule-t-il votre préparation?

Nous avions tout programmé pour être en forme en arrivant au Qatar. Mais finalement, cela va nous permettre de refaire un peu de foncier. Surtout que je n’ai pas vraiment eu l’occasion de faire des entraînements physiques très intenses pendant l’hiver, à cause de la gêne que je ressentais à la cheville (il avait été fauché par la moto d’Iker Lecuona). Je vais profiter de ce moment pour continuer à progresser.

Le début de saison, c’est dans un mois aux Etats-Unis. Quel sera l’objectif au guidon de votre Ducati?

Austin est une piste difficile, physiquement notamment. Mais l’objectif sera de finir dans les dix premiers. La moto, je pense, a la capacité d’aller sur le podium. A moi de prendre le rythme des meilleurs pilotes. J’avais de bonnes sensations pendant les essais. Je souhaite faire mieux que les autres. Tout le monde s’arrête en plein élan avec cette préparation perturbée, et moi, je suis plus habitué qu’eux à cela. En espérant que cela me servira.

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