Coronavirus: Tests massifs pour les footballeurs, la polémique monte en Europe

Dans l’attente d’un vaccin et face à l’impossibilité de marier la pratique du football aux mesures de distanciation sociale, les tests de dépistage du Covid-19 semblent être l’élément indispensable pour relancer les compétitions de football cet été. Les tests PCR, consistant en un prélèvement naso-pharyngé, font d’ailleurs partie du protocole médical prôné par les médecins de la Ligue de football professionnel et de la Fédération française de football. L’hypothèse d’un achat à venir de plusieurs dizaines de milliers de tests a même été évoquée. Si rien n’est encore acté, le recours massif à ces dépistages fait quelque peu débat à l’étranger.

En Espagne, le syndicat des footballeurs AFE fait preuve de prudence. Il s’inquiète notamment, dans un communiqué diffusé vendredi, d’une “stigmatisation” par rapport au reste de la population: “L’AFE veut souligner que les footballeurs et les footballeuses (…) considèrent que d’autres groupes [au sein de la société] qui ont plus besoin qu’eux d’avoir accès aux tests et à d’autres matériels de santé en ce moment”. L’organisation s’en remet ainsi aux autorités pour “clarifier” la situation et savoir si les clubs sont bien autorisés à réaliser les dépistages.

0,4% des stocks allemands pour le football?

Les instances allemandes considèrent également que les tests sont nécessaires pour relancer les championnats professionnels. Un retour de la Bundesliga est même espéré pour le 9 mai, avec des tests avant et après les rencontres. Cela représenterait 20.000 tests chaque semaine.

Une demande importante que Christian Seifert, président de la Ligue allemande de football, a dû justifier face aux critiques craignant que d’autres secteurs professionnels ne puissent pas s’approvisionner: “Le football professionnel n’utiliserait que 0,4%” des ressources nationales, arguant que les capacités de l’Allemagne s’élèvent à environ 818.000 tests par semaine. “Tous les laboratoires nous ont assuré par écrit que les capacités actuelles sont suffisantes”, a-t-il ajouté dans des propos rapportés par Kicker. Tout en admettant qu’une réduction prochaine des stocks pourrait le contraindre à revoir ses plans: “On prendrait évidemment du recul et, si nécessaire, on arrêterait les tests”.

À l’heure actuelle en France, Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, a souligné que l’objectif était d’atteindre 700.000 tests par semaine sur tout le territoire après le début du déconfinement prévu le 11 mai. Mais, pour le moment, la doctrine du gouvernement réserve principalement ces tests virologiques aux personnes qui présentent des symptômes. Les prélèvements qui permettent de savoir si l’on a ou non contracté le Covid-19 sont actuellement uniquement prescrits par les médecins. Ils peuvent être effectués dans les centres hospitaliers ou par des laboratoires de ville certifiés.

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