Coronavirus: les dessous de la com’ du ministère des Sports, qui a fait le buzz sur Twitter

Ses réponses ont suscité un petit buzz. Sa patience a provoqué l’admiration de certains. Le compte Twitter du ministère des Sports a amusé les réseaux sociaux ces derniers jours. Une notoriété virtuelle soudaine due aux nombreuses interrogations des Français sur l’une des cinq exceptions présentes dans l’attestation de déplacement dérogatoire autorisant de sortir pendant le confinement appliqué pour endiguer l’épidémie du coronavirus. Dans son allocution de lundi, le président de la République a en effet ouvert la porte à des “déplacements brefs, à proximité du domicile, liés à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective”.

Un entrebâillement pour un enjeu de santé publique, en ces temps où prendre l’air peut s’avérer vital. Mais aussi une source d’interprétation infinie pour la moitié de la population française pratiquant du sport en club ou librement. “Parce qu’il y avait cette avalanche de questions, on a jugé utile qu’il fallait qu’on y réponde”, confie-t-on au ministère des Sports. C’est donc l’un des dix membres du service communication qui s’est improvisé community manager avec “humour et bienveillance, en donnant les consignes du gouvernement, en essayant d’appeler chacun au bon sens et en rappelant que ce n’est pas maintenant qu’il faut préparer un marathon”.

Une mauvaise interprétation sur les footings d’un ou deux kilomètres

La tâche n’est pas évidente pour autant puisque le texte ne définit pas un cadre précis de l’activité sportive. Jeudi, un début de réponse a d’ailleurs été formulé sur la pratique des footings sur “un ou deux kilomètres, pas dix” par ce compte du ministère des Sports. Là encore, l’interprétation générale a un peu embarrassé le gouvernement. “Ça a été un peu sorti de son contexte, regrette-t-on au ministère. C’était une réponse à quelqu’un qui interpellait sur un cas précis mais ce n’est pas une doctrine.” Cette jauge d’un ou deux kilomètres n’est donc pas universelle puisqu’elle dépend de la densité de population selon les endroits. 

“Quand on habite au fin fond de la Creuse ou à Sarcelles, on ne présente pas les mêmes risques de croiser des gens externes à son foyer, précise le ministère. La réponse s’adressait à cette personne qui habitait manifestement dans une zone peu peuplée mais on ne veut pas mettre de distance. La règle, c’est à proximité de son domicile pour des durées courtes parce que ça évite de croiser d’autres populations.”

Ces subtilités illustrent la difficulté de communiquer dans un climat anxiogène. Depuis un mois, les réunions de crise s’enchaînent au gré des évolutions des dispositions prises. Cela a débuté par les interdictions de rassemblement de plus de 5.000 personnes, puis 1.000, puis 100 avant le confinement. Pour le ministère des Sports, la tâche est multiple avec un contact à maintenir avec le sport professionnel, les associations mais également le grand public, selon les directives de l’Etat et du ministère de la Santé. “C’est une population considérable, souligne-t-on. Ça prend du temps pour que chacun ait le même niveau d’information.”

Le service com est sur le pied de guerre entre télétravail et brigades présentes au ministère, en prenant soin de ne pas se croiser pour ne pas se transmettre le virus. Avec une mission précise: marteler le message de rester chez soi. “C’est la seule règle qu’il faut respecter à tout prix, insiste-t-on en interne. Le reste, ce ne sont que des exceptions. Plus on sort, plus on risque de créer des cas contacts. C’est une tolérance de sortir pour se dégourdir les jambes. Il ne faut pas que ce soit pris comme une possibilité de faire du sport intensif. Ce n’est pas la vraie vie.”

Le ton employé “léger mais pas décalé”, est aussi important dans une situation aussi grave. Avec la volonté de ne pas “blâmer ceux qui ont envie de sortir de chez eux”. “Ce qui est problématique, ce sont ceux qui ne veulent pas renoncer à leur pratique habituelle. Mais même les sportifs de haut niveau sont chez eux. On est dans une situation exceptionnelle. Il faut renoncer à ses habitudes le temps que cette crise passe.” Restez chez vous.

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