Coronavirus: le tennis à l’arrêt, une Française raconte ses galères financières

La Française Lou Brouleau, 366e mondiale, était partie à Monastir pour disputer des tournois dotés de 15.000 $.  Mais l’aventure tunisienne va prendre fin très vite à cause du coronavirus. Qualifiée ce jeudi pour les quarts de finale, elle ignorait si le tournoi ira à son terme. “Les organisateurs ont annulé les semaines à venir. Comme on est dans un complexe hôtelier, on se doutait que ça allait fermer”, confie Lou Brouleau, 24 ans. Il va falloir bloquer le circuit et les points afin que tout le monde soit sur un pied d’égalité.”

Mais la Française n’est pas la plus à plaindre. “J’ai plein d’amies italiennes qui sont bloquées chez elles. Et à Monastir, tous les Italiens sont rentrés au pays mercredi par le seul avion disponible, ils ont fait walk-over (wo). Ils ont eu peur de se retrouver bloqués. Moi c’est pareil, je vis en Espagne mais s’ils bloquent les frontières, je ne vais pas passer trois semaines en vacances en Tunisie…”

Une chambre d’hôtel à 65 euros, accessible à 20 euros chez Booking…

Lou Brouleau s’attend à vivre une période compliquée:  “C’est vrai que je ne vais rien gagner pendant ces semaines mais je n’aurai aucune dépense. J’ai la chance que ma famille puisse m’aider à payer mon loyer. Le gros problème qu’on a sur le petit circuit, c’est qu’on a le triple de dépenses par rapport à ce qu’on gagne. En fin d’année, je suis toujours dans le rouge.” Et de détailler ses dépenses tunisiennes.

“Là, j’ai payé mon vol aller dans les 200 euros. Tous les jours, je paie 65 euros la nuit. Sur Booking, je peux avoir la chambre à 20 euros. Mais c’est la règle car si vous prenez un hôtel, vous devez payer pour bénéficier des conditions d’entraînement ou de la salle de gym…  Si je gagne le tournoi, je mets peut-être 500 euros de côté.”

Les responsables du Magic Hotel Skanes Family rentabilisent ainsi leur complexe, vide de touristes à ce moment de l’année. Et pas question de bénéficier d’aides de la part de la Fédération Internationale. “Sur le circuit WTA, il y a un système de retraites pour les filles qui sont Top 100 trois années consécutives. Je crois avoir lu que ceux qui étaient à Indian Wells vont toucher le prize money d’un premier tour. Ce n’est pas notre cas.”

En France, des filles se replient sur le circuit CNGT (Circuit National des Grands Tournois), qui offre des garanties. “J’ai ma meilleure amie qui joue ces tournois pour regagner de l’argent et voyager de nouveau, explique Lou Brouleau. Moi, j’ai fait le choix de vivre en Espagne. D’abord parce que j’ai une partie de ma belle-famille qui vit là-bas et qu’en France, je ne m’y retrouvais plus financièrement. Et au niveau de la mentalité, je n’en pouvais plus. Sportivement, ils sont un peu plus ouverts. En France, à 22 ans, j’étais finie. En Espagne, ils m’ont donné l’opportunité de jouer dans un grand club en me confiant un entraîneur.”

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