Charlotte Hornets 2020-2021 : La Ball est dans leur camp

  • La saison 2019/2020 :

Charlotte n’a pas été invité à disputer la bulle d’Orlando. Leur saison s’est donc arrêtée dès le mois de mars, après une belle victoire contre le Heat. Alors qu’ils étaient dixième de leur conférence, ils n’ont pas eu la même chance que les Washington Wizards, et n’ont pu disputer quelques matchs supplémentaires pour espérer décrocher une qualification en playoffs. Comble de cette petite injustice, Washington a eu des résultats si négatifs à la bulle, qu’ils finiront derrière les Hornets dans le classement de la Conférence Est avec 35.38% de victoires. Sur le plan du jeu, les Hornets ont surperformé par rapport aux attentes du début de saison. En difficulté dans la raquette, la faute à un secteur intérieur faiblard, l’équipe a tout de même arraché des victoires précieuses. Fort d’un esprit d’équipe prégnant, ils ont prouvé qu’ils pouvaient s’accrocher malgré un effectif particulièrement limité en terme de talents. Leur 29ème place en offensive rating prouve que cette équipe a du batailler pour arracher ses 23 victoires. Devonte Graham s’est révélé pour sa saison sophomore, au point que son nom est régulièrement apparu dans la course au trophée de MIP. Le meneur de jeu fut le métronome  de son équipe, avec son partenaire du backourt : Terry Rozier. L’ex-Celtic a livré une saison mitigée. Il a vu ses statistiques augmenter mais on pouvait en attendre davantage d’un joueur qui ne cessait de clamer qu’il méritait d’être titulaire lorsqu’il jouait à Boston. Le rookie PJ Washington a montré qu’il pouvait être un stretch four intéressant en NBA tandis que Miles Bridges a montré quelques progrès pour sa deuxième saison. La mise au placard de Nicolas Batum, les départs de Marvin Williams et de Michael Kidd-Gilchrist ou les fins de contrat futures ou actuelles de Cody Zeller (2021) et Bismack Biyombo sont autant de signes que le processus de reconstruction suit son cours à Charlotte. L’objectif ? Faire progresser ses jeunes talents en espérant dénicher une superstar : LaMelo Ball sera-t-il celle-ci ? L’avenir nous le dira.

  • Les mouvements de l’intersaison :

Arrivées :

Départs : Bismack Biyombo, Willy Hernangomez

  • L’effectif :

Meneurs : LaMelo Ball, Devonte Graham, Terry Rozier

Arrières : Dwayne Bacon, Malik Monk, Grant Riller

Ailiers : Miles Bridges, Nicolas Batum, Cody Martin, Caleb Martin, Jalen McDaniels

Ailiers-forts : PJ Washington

Pivots : Cody Zeller, Vernon Carey Jr

  • Le cinq majeur :

PG : LaMelo Ball SG : Terry Rozier SF : Miles Bridges PF : PJ Washington C : Cody Zeller

Peu de doutes concernant le cinq majeur que mettra en place James Borrego avec un effectif aussi limité. La prime est au développement et à la progression en interne des jeunes talents locaux. Le backourt a donné satisfaction la saison dernière mais il sera modifié par l’arrivée de LaMelo Ball. Ce dernier risque de prendre la place de Devonte Graham, qui devra se montrer plus rigoureux dans sa sélection de tirs et plus impliqué en défense en sorite de banc. Le jeune meneur rookie sera le dépositaire du jeu des Hornets. Sa capacité à accélérer le jeu, à trouver ses partenaires avec facilité seront directement mises en avant par James Borrego. Il s’agira de faire en sorte qu’il sélectionne mieux ses tirs qu’il ne l’a fait lors de sa saison dernière en Australie. En défense, il va devoir s’y mettre pour que Charlotte (déjà fébrile l’année dernière dans ce secteur de jeu) puisse tenir tête à leurs adversaires sur certains matchs. Il faudra être patient avec le jeune talent. Son duo avec Terry Rozier sera essentiel pour dynamiser l’attaque de cette équipe qui risque encore de connaître des difficultés à inscrire des paniers dès lors que les deux joueurs ne seront plus sur le terrain, la faute à un manque de créateur balle en main en sortie de banc. Terry Rozier devra opérer avec davantage d’agressivité pour compléter parfaitement LaMelo Ball tout en se montrant plus efficace sans le ballon. Le backourt risque de souffrir sur le plan défensif notamment face à de véritables arrières ou leur déficit de taille est pratiquement rédhibitoire. Leur complémentarité pourrait poser question. Si jamais Terry Rozier ne trouve pas sa place aux côtés de LaMelo Ball, il n’est pas à excluse que ce soit Devonte Graham qui intègre le cinq majeur.

Sur les ailes, Miles Bridges va continuer à apporter son énergie en défense tout en prenant davantage de responsabilités en attaque. Il a progressé la saison dernière mais s’il montre toujours une certaine irrégularité. Son tir est toujours en chantier. Il n’est jamais meilleur que lorsqu’il attaque le cercle. Il n’est pas exclu de le voir être davantage responsabilisé en catch-and-shoot la saison prochaine. Sur le plan défensif, il est le meilleur joueur de ce côté du terrain dans le cinq majeur même s’il est capable de prendre des fautes rapidement.

L’équipe risque surtout de souffrir dans la raquette. PJ Washington n’est pas un défenseur naturel malgré de réelles qualités en attaque. Déficient au rebond, il va devoir montré des signes d’amélioration sur ce secteur de jeu pour valider sa progression. Nul doute qu’il sera davantage sollicité en attaque cette saison grâce à sa capacité à jouer loin du cercle. Le manque d’alternatives fiables à son poste risque de coûter cher à Charlotte.

Même constat sur le poste de pivot, en attendant de voir quel joueur va arriver lors de la free agency. Pour bien patienter, Cody Zeller occupera le poste pour une nouvelle saison. Il s’agit d’un des pires intérieurs de la NBA. Certes, il est dur au mal, capable de poser de bons écrans et d’être plutôt intéressant en défense mais il n’est pas un rebondeur fiable tout en étant régulièrement dépassé par les pivots les plus physiques… Que cela risque d’être compliqué pour ce duo d’intérieurs.

  • Le banc :

La composition de la second unit de Charlotte est fragile. L’équipe possède l’un des pires bancs de toute la NBA. Vernon Carey Jr., jeune rookie drafté au début du second tour, peut apporter sa dureté (sur les écrans ainsi qu’en défense) et sa compréhension du pick-and-roll mais il est un jeune rookie à polir. Il pourrait profiter de la mise au ban de Terry Rozier ou Devonte Graham. Ce dernier inrégrera la second unit mais et pourra bénéficier d’une bonne connexion avec l’intérieur rookie, tout en apportant au scoring et à la passe. Attention à mieux sélectionner ses tirs et partager davantage la gonfle, deux axes de progression essentiels pour la suite de la carrière du joueur. Le fait d’avoir un sixième homme de qualité, capable d’apporter sa quinzaine de points, est déjà une plus-value par rapport à la saison dernière. Ni Dwayne Bacon, ni Malik Monk n’ont le profil. Bacon est davantage un défenseur tandis que Monk a la capacité de créer pour lui-même mais pas pour les autres. Les deux joueurs sont jeunes mais leur plafond est limité. Le « projet » les concernant bat de l’aile. Grant Riller fut sélectionné en fin de second tour mais il a déjà 23 ans. Avec lui, soit ça passe, soit ça casse. Talent offensif à l’université, il n’est pas certain que son jeu soit transposable en NBA. Ils pourraient être transférés dans les semaines à venir. Les frères Martin sont courageux mais ils sont limités en talent. Jalen McDaniels pourrait obtenir quelques minutes de jeu. Plutôt intéressant, il faut qu’il prouve lors de cette saison qu’il peut être une rotation intéressante en NBA. Quid de Nicolas Batum ? C’est un sujet qu’il ne vaut mieux pas aborder sous peine de se faire du mal. Le banc est très limité. Il n’est pas dit que de nombreux two-way contract aient l’occasion de se montrer sous les couleurs de Charlotte cette saison. Tout joueur avec un minimum de talent sera une plus-value pour l’équipe.

  • Le joueur à surveiller : LAMELO BALL

Que de hype, que de hype… Le frère de Lonzo Ball, drafté en troisième position par les Hornets, arrive dans un contexte compliqué. Meneur de formation, il sera titulaire au sein de la franchise dirigée par Michael Jordan. La première saison sera celle de la formation. Encore frêle, il ne brille pas par ses capacités athlétiques mais surtout pour son QI basket. Doté d’un sens de la passe exceptionnel, celle-ci sera compliquée à mettre en avant au sein d’une équipe de Charlotte qui ne possède pas de joueur susceptible d’être efficace sur pick-and-roll. Capable de scorer, il sera intéressant de voir si sa mécanique de tir sera transposable en NBA. Ses pourcentages désastreux en NBL peuvent laisser craindre le pire. Néanmoins, il est également possible qu’il finisse près du cercle où son toucher s’exprime davantage. Ses qualités offensives sont particulièrement intéressantes sur le plan offensif. Attention toutefois car il sera le joueur le plus exposé et le mieux défendu par ses adversaires. Il risque de connaître des performances aléatoires et les résultats de Charlotte dépendront régulièrement de son rendement. Il va devoir montrer qu’il est capable de tenir le choc sur le plan défensif, lui qui n’a jamais rien fait de ce côté du terrain lors de sa saison australienne. Long, plutôt rapide, il est encore maigre mais possède le physique nécessaire pour ne pas être désastreux dans ce secteur. A lui d’assumer afin de ne pas être ciblé constamment par les meilleurs attaquants adverses… Pour lui, c’est l’heure de faire des erreurs et d’apprendre de celles-ci pour progresser. 

  • Les plus :

-Charlotte a un point fort : son backourt. L’idée de James Borrego d’associer Devonte Graham et Terry Rozier était une véritable bonne idée (au moins sur le plan offensif). Les deux joueurs sont capables de jouer ensemble mais ils peuvent également jouer l’un sans l’autre. Leur dynamisme, leur énergie et leur vitesse balle en main permettent de faire vivre cette (pauvre) attaque de Charlotte. Désormais, c’est une rotation à trois sur ces poste avec l’intégration dans leur effectif de LaMelo Ball. L’alternance sur ces deux postes est plus que précieuse dans une NBA qui privilégie les profils offensifs manieurs de ballon.

-Les quelques talents locaux ont également de quoi susciter une certaine curiosité pour les observateurs de Charlotte. Miles Bridges restera-t-il un ailier dynamique, bon défenseur mais limité en attaque ? PJ Washington est-il capable d’être davantage qu’un intérieur qui s”écarte ? Devonte Graham peut-il encore franchir un nouveau palier ? Autant de questions qui peuvent susciter quelques lueurs d’optimisme du côté des Hornets même si on a du mal à voir un véritable frnchise player parmi ces joueurs. L’arrivée de LaMelo Ball change-t-elle la donne ? C’est possible mais il faudra attendre un peu avant de se prononcer. 

– Le retour de la hype est palpable avec la sélection de LaMelo Ball. Le jeune joueur est déjà une star. Il est suivi sur les réseaux sociaux et apportera un surplus de médiatisation à l’égard d’une franchise en manque de reconnaissance depuis ses débuts. Avec ses passes et son style de jeu, il va apporter un focus sympathique à ces Hornets. En misant sur le jeune joueur, ils prennent le pari de prendre le prospect avec le plafond le plus haut, notamment s’il se met à rentrer ses tirs, doté d’une réelle aura médiatique. C’est du win-win pour les deux parties.

  • Les moins :

– L’absence de remplaçants  est un véritable frein pour une équipe disposant d’un banc faible, sans doute le plus faible de la NBA. Seul Devonte Graham est une alternative fiable sur son poste. Le reste ? Que des role players dont beaucoup d’entre eux ne fouleraient pas le parquet s’ils étaient vétus d’un autre maillot. 

– Quand on regarde le cinq majeur, le déficit de talent dans le secteur intérieur est visible. Entre PJ Washington et Cody Zeller, c’est le manque d’alchimie qui prime alors que derrière eux, seul Vernon Carey Jr est une rotation. Il manque au moins deux joueurs pour compléter le banc dans ce secteur de manière efficace.

– Les années passent et les interrogations persistent. Quels sont les réels objectifs de Charlotte alors que la saison va bientôt débuter ? Engagé dans un processus de reconstruction depuis le départ de Kemba Walker, la franchise est limitée par un manque d”ambition et de visibilité auprès de nombreux free agent. Certes, il y a des jeunes mais leur plafond semble limité. Aucune star ne souhaite venir dans cette équipe, malgré la présence de Michael Jordan. La solution pourrait venir de trade. Cela permettrait à cette équipe de récupérer (éventuellement) des stars facilement.

  • L’avis de la rédaction :

L’équipe de Charlotte a gagné davantage de matchs qu’espéré la saison dernière. Cela tendrait à croire qu’ils sont bien engagés dans leur processus de reconstruction. Attention au dernier exercice : il est en trompe l’oeil. Les statistiques laissent à penser que l’équipe a décroché des victoires inespérées. Leurs statistiques en attaque (29ème) et en défense (23ème) sont peu reluisantes et l’arrivée d’un nouveau jeune talent n’est pas synonyme d’une explosion de leur nombre de victoires, au contraire. Il est à prévoir une saison plus décevante que la précédente pour cette équipe. Il faut espérer que LaMelo Ball soit à la hauteur de sa réputation et qu’il montre qu’il peut porter son équipe alors qu’il n’est qu’un rookie. De son influence en tant que titulaire dépend le nombre (réduit) de victoires de cette équipe.

  • Le pronostic :

12 victoires/60 défaites : 14ème de la Conférence Est

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