“C’était beau à voir”: la manifestation contre les violences policières racontée par Albicy

“Ça me tenait à coeur d’y être. Il y a des injustices qui persistent et il faut que ça change.” Rentré en France il y a deux mois après avoir passé la saison en Russie au Zénith Saint-Pétersbourg, Andrew Albicy, meneur de jeu de 30 ans de l’équipe de France, était parmi les 20.000 personnes rassemblées mardi soir devant le tribunal de Paris.

“Ça n’a pas lieu d’être en 2020”

Tous avaient répondu à l’appel du comité de soutien à la famille d’Adama Traoré, jeune homme de 24 ans mort en 2016 après son interpellation. Cette foule impressionnante était venue réclamer “Justice pour Adama” et plus globalement dénoncer les violences policières, une semaine après la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans asphyxié par un policier lors de son arrestation à Minneapolis. 

“La vidéo de George Floyd a marqué énormément de personnes. Mais il n’y a pas qu’aux Etats-Unis que ça se passe comme ça. C’est aussi le cas chez nous, en France, et partout en Europe. Il faut qu’on arrive à éradiquer ça. Ça n’a pas lieu d’être en 2020. Si on reste unis, avec des rassemblements pacifiques, les hautes instances devront suivre”, témoigne Andrew Albicy, qui est resté une heure sur le parvis du nouveau palais de justice de Paris.

“Ce rassemblement était beau à voir”

Accompagné de quelques amis, l’ancien joueur de Paris-Levallois, d’origine antillaise, tenait à être là pour demander que justice soit rendue à toutes les victimes de brutalités policières. “C’était super impressionnant. Les paroles d’Assa Traoré (soeur d’Adama) étaient vraiment touchantes. Son discours était très beau. On a montré une belle solidarité tous ensemble, les gens étaient unis”, raconte Andrew Albicy, convaincu d’avoir un rôle à jouer en tant que sportif de haut niveau.

“J’ai une image, je peux en profiter pour véhiculer des messages. C’est bien de mettre un carré noir sur Instagram, mais si on peut faire plus, c’est mieux. Ce rassemblement était beau à voir, on a compris que ça avait touché beaucoup de gens. La manifestation s’est déroulée dans le calme et le respect, même si je sais qu’il y a eu des débordements”, souligne-t-il. En marge de cette manifestation, interdite quelques heures avant sa tenue par la préfecture, des incidents ont effectivement éclaté la nuit tombée.

Dix-huit personnes ont été interpellées. “Je n’ai pas vu ces problèmes, je suis parti un peu plus tôt parce que je me disais qu’il y avait un risque que ça parte un peu ‘en freestyle’. Il y a toujours des gens qui ne sont pas là pour de bonnes choses”, relève Albicy. Au lendemain du rassemblement parisien, des manifestations contre les violences policières ont notamment eu lieu ce mercredi à Toulouse et Montpellier.

Lire la suite sur RMC Sport