Brooklyn Nets 2021-2022 : Favoris, même sans Kyrie

  • La saison 2020-2021

Et si Kevin Durant faisait une pointure de moins ? Alors il n’aurait pas mordu la ligne à 3 points, son shoot en playoffs face aux Bucks n’aurait pas été compté à 2 points et les Nets l’auraient emporté pour se qualifier en finale de conférence et seraient peut être allés décrocher le titre. Tout cela n’est que supposition, mais Brooklyn est bien passé à un orteil d’éliminer le futur champion malgré un effectif constamment touché par les blessures tout au long de la saison. Car oui pour sa première année en tant que coach, Steve Nash a eu du boulot en devant constamment s’adapter. Au lancement de la nouvelle saison tout allait pour le mieux. Après un an sans jouer en raison d’une blessure, Kevin Durant était bien présent au côté de Kyrie Irving. Avec ses deux stars et des jeunes comme Caris LeVert ou Spencer Dinwiddie, les Nets s’avançaient en favoris. Mais au bout de 3 matchs, Dinwiddie se rompt partiellement les ligaments croisés du genou et voit sa saison terminée. Un gros coup dur pour la franchise New-Yorkaise vite contrebalancé par le blockbuster trade du 13 janvier. James Harden débarque en ville pour former un Big Three avec Durant et Irving. 

Excitant sur le papier, mais les 3 hommes ne joueront que 13 matchs ensemble, saison régulière et playoffs confondus, pour un bilan de 10-3. Irving dispute 54 matchs, Durant 35 et Harden 36. Nash peine à aligner le même cinq majeur régulièrement mais le coach Canadien reçoit du soutient en cours de saison avec les arrivées de deux ancien All-stars, Blake Griffin et LaMarcus Aldridge. Malheureusement ce dernier ne dispute que 5 rencontres avant de devoir prendre sa retraite en raison d’un problème de santé au coeur. Malgré tous ces désagréments, Brooklyn joue bien, est performant et décroche la deuxième place de la conférence Est. Après un premier tour gagné 4-1 contre Boston (avec le big three), les Nets affrontent Milwaukee et voient Harden se blesser au bout de 40 secondes de jeu du Game 1 puis c’est au tour d’Irving d’être touché au Game 4. Le meneur est forfait pour le reste de la série. Portés par un exceptionnel Durant, les Nets vont jusqu’au match 7 et s’inclinent en prolongation malgré le retour d’Harden mais ce dernier est trop diminué pour peser dans le jeu. Une saison frustrante mais pleine de promesse pour la suite donc, surtout que l’intersaison du front office de Brooklyn est très bonne. Tout semble en place pour attaquer la saison dans des conditions idéales, mais c’était sans compter sur Kyrie Irving.

  • Les mouvements de l’été

Arrivées : Patty Mills, Paul Millsap, Kessler Edwards, Jevon Carter, James Johnson, Cam Thomas, Edmond Sumner, LaMarcus Aldridge, Day’Ron Sharpe

Départs : Jeff Green, Timothé Luwawu-Cabarrot, Mike James, Chris Chiozza, Spencer Dinwiddie, Alize Johnson, Tyler Johnson, Reggie Perry, Landry Shamet, DeAndre Jordan

  • L’effectif

Meneurs de jeu : Kyrie Irving*, Patty Mills, Jevon Carter

Arrières : James Harden, Bruce Brown, Cameron Thomas, Edmond Summer

Ailiers : Joe Harris, DeAndre’ Bembry, Kessler Edwards, Devontae Cacok

Ailiers-forts : Kevin Durant, Paul Millsap, Blake Griffin, James Johnson

Pivots : LaMarcus Aldridge, Nicolas Claxton, Day’Ron Sharpe 

*Ecarté de l’effectif pour le moment

Two Way Player

  • Le 5 majeur 

PG : James Harden, SG : Bruce Brown, SF : Joe Harris, PF : Kevin Durant, C : Nicolas Claxton

À l’heure actuelle, Kyrie Irving n’a pas disputé une seule minute en pré-saison et ne peut désormais plus accéder au centre d’entraînement. Le meneur de jeu refuse de se faire vacciner contre le Covid 19, sauf que la ville de New York oblige la vaccination pour pouvoir entrer (et donc jouer) au Barclays Center, la salle des Nets. Ce mardi 12 octobre, à une semaine du début de la saison régulière, les dirigeants des Nets ont donc tranché. Tant que Irving ne sera pas vacciné, il est écarté de l’équipe et ne peut donc pas jouer les matchs à domicile et à l’extérieur ou s’entraîner avec ses coéquipiers. « Kyrie a fait un choix personnel, et on respecte sa liberté individuelle » écrit le Général Manager Sean Marks dans un communiqué. « Cependant son choix restreint sa capacité à être à plein temps avec l’équipe, et nous n’autorisons aucun membre de l’équipe à participer de manière partielle ». 

Sans l’ancien meneur des Cavs, quelles solutions s’offre alors à Nash ? L’ancien double MVP pourrait décaler Harden au poste 1, poste qu’il a déjà souvent occupé à Houston et titulariser Bruce Brown pour profiter de ses qualités défensives. L’ancien de Détroit a disputé 65 matchs l’an passé et malgré son importance avec les remplaçants, il viendrait être complémentaire au côté du trio Harden, Joe Harris et Kevin Durant, tous les 3 titulaires la saison passée. Ce quatuor a d’ailleurs démarré ensemble en pré-saison. En pivot, le jeune Nicolas Claxton (21 ans) va profiter du départ de DeAndre Jordan pour s’affirmer. Entre lui et Blake Griffin titulaire, lors des derniers playoffs au poste 5 il devrait y avoir match. Steve Nash aura dans tous les cas plusieurs options et le titulaire va peut-être différer selon l’adversaire. 

Le 6ème homme des Nets cette saison se nomme Patty Mills. L’ancien des Spurs était très convoité cet été car il est le complément idéal pour aller chercher un titre. Expérimenté, champion avec San Antonio en 2014, il connaît parfaitement les Playoffs et les Finales et va apporter son énergie offensive en sortie banc. Sur les lignes arrières toujours, la révélation cette saison à Brooklyn pourrait se nommer Cam Thomas. Drafté en 27ème position, il a été Co MVP de la Summer League. Sans Irving, il aura du temps de jeu et viendra contribuer principalement en attaque. Sur les ailes c’est plus léger derrière Joe Harris. On va retrouver DeAndre’ Bembry ou pourquoi pas James Johnson. Toutefois, Nash peut s’adapter en match en laissant Harris ou Durant en poste 3 et en ne les faisant pas sortir en même temps, pour ensuite faire entrer Paul Millsap ou Griffin en ailier fort. En ajoutant Aldridge, l’expérience est de sortie dans le secteur intérieur, tandis que Claxton va amener sa jeunesse et sa fougue. De la profondeur, de l’expérience, de la jeunesse et du talent, le banc des Nets est très solide malgré le changement instauré par l’absence d’Irving. 

  • Le joueur à suivre : LaMarcus Aldridge

Contraint de quitter les Nets au bout de 5 petits matchs et de prendre sa retraite à cause de graves problèmes de santé, l’ancien joueur des Spurs a reçu le feu vert des médecins pour refouler les parquets. C’est tout naturellement qu’il s’est engagé à Brooklyn pour poursuivre une aventure qui n’avait jamais vraiment débuté. Une merveilleuse nouvelle pour le joueur mais aussi pour la franchise de New-York. Malgré ces 36 ans, l’ailier fort / pivot peut rendre de bons services dans un secteur intérieur où personne ne se détache vraiment et qui avait souffert lors de la série contre les Bucks. Techniquement, Aldridge est toujours un intérieur élite. Donnez lui la balle poste bas, notamment en playoffs lorsque le jeu ralentit et ses moves dos au panier feront encore des ravages. Vétéran et coéquipier exemplaire, il viendra apporter sa vingtaine de minutes de jeu, sa dizaine de points ou sa défense qui s’est améliorée lors de son passage à San Antonio. En bref, LA est le rôle player idéal pour une équipe visant le titre, voilà pourquoi son rôle sera crucial.

L’expérience : Entre Patty Mills et Durant, sacrés champions NBA par le passé, James Harden sacré MVP et des vétérans All stars comme Millsap, Aldridge, Griffin, tous rompus aux séries de playoffs, les Nets ont les hommes pour gérer les moments faibles d’une saison. Pour la petite stat, l’effectif de Brooklyn cumule 37 sélections au All-Star Game.

Le meilleur joueur de la ligue ? Nikola Jokic a beau être le MVP en titre et Giannis Antetokounmpo le MVP des Finales, Kevin Durant se hisse sans problème à leur hauteur et peut-être même un peu plus haut, mais ce n’est pas le débat ici. Après plus d’un an sans jouer à cause d’une rupture du tendon d’Achille, Durant est revenu toujours aussi fort. Les chiffres parlent d’eux même avec 26,9 points de moyenne à 53 % aux tirs dont 45% à 3 points, le tout avec 7 rebonds et 5 passes. Sa performance en demie de conférence à 49 points, 17 rebonds et 10 passes reste encore dans les mémoires. Si Durant conserve ce niveau, tout sera plus simple pour les Nets. 

Profondeur d’effectif : Si les Nets ont performé l’an passé en subissant autant de blessures c’est en partie grâce à leur profondeur de banc. Certes l’effectif a bien évolué cet été, mais les départs ont été compensés en nombre et sans perdre en qualité, même si encore une fois l’absence de Irving pourrait enlever une arme supplémentaire non négligeable. 

L’attaque : Meilleur « Offensive Rating » de la ligue (nombre de points inscrits pour 100 possessions) la saison dernière avec 118.91, les Nets inscrivaient aussi 118 points par match soit la deuxième meilleure moyenne derrière les Bucks. Là encore l’absence d’Irving offrirait une arme de moins en attaque, mais quand on possède Durant et Harden, deux des meilleurs joueurs offensifs de la ligue, l’attaque reste encore performante. 

Les blessures : Ce n’est pas à proprement parler un point faible mais vu le nombre de pépins physiques qu’on connu les Nets la saison passée, surtout de la part des 3 stars, cela peut vite redevenir problématique. Harden ou Durant seront sûrement laissés au repos certains soirs, d’autant plus que la saison compte de nouveau 82 matchs. Si Brooklyn a été éliminé dès les demis de conférence, c’est aussi car Irving était absent et Harden diminué.   

Beaucoup de changements : Avec 9 arrivées et 10 départs, on a connu mieux niveau stabilité. Si tout se passe bien, le talent dans l’effectif est tel que la saison régulière servira à se connaître et progresser collectivement. Mais comme vu ci-dessus, des blessures pourraient compliquer ce processus. 

Le manque d’impact physique : Les Nets ont été bousculés physiquement face à Milwaukee lors des derniers playoffs. Quand les Bucks ont voulu faire mal, ils ont appuyé à l’intérieur et fait parler leur puissance. Excepté Claxton et le rookie Day’Ron Sharpe, le secteur intérieur est vieillissant (23ème équipe au rebond défensif l’an passé). Les confrontations face à un pivot dominant comme Embiid ou des équipes physiques comme Miami ou Milwaukee seront intéressantes à suivre. 

  • L’avis de la rédaction

L’absence de Kyrie Irving enlève forcément une option offensive majeure à Steve Nash. Les Nets ont pris une décision forte en écartant le meneur All-star pour « continuer à construire une cohésion de manière collective » et « rester fidèle à nos valeurs de sacrifice et d’unité » a expliqué  Sean Marks. Il peut se passer beaucoup de choses d’ici le début des playoffs et un retour d’Irving n’est pas à exclure. En attendant, Brooklyn doit faire sans et peut compter sur son duo Harden-Durant, et ses solides et expérimentés rôle player, largement suffisants pour terminer dans le top 3 de la conférence Est. La preuve la saison passée où Kevin Durant a quasiment emmené à lui seul les Nets en finale de conférence. Attention toutefois aux blessures dont ont souvent été victimes l’an passé Harden et Durant. Si la situation se reproduit, les Nets pourraient connaître des difficultés, surtout en playoffs. 

  • Bilan prévisionnel 

58 victoires – 24 défaites

Alors qu’ils s’attendaient à vivre une saison régulière tranquille, les Nets vont se lancer dans la conquête du titre dans une atmosphère agitée mais la talent est trop présent pour s’inquiéter.  Rendez vous est donc pris en avril pour le début des playoffs et des vrais hostilités…avec ou sans Kyrie.

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