Bordeaux: Bruno Fiévet explique où en est son projet de rachat des Girondins

Il a quitté la Suisse pour venir se confiner dans son domicile bordelais. Bruno Fiévet, amoureux des Girondins, ne renonce pas à son envie de racheter le club de Bordeaux, malgré la crise économique actuelle. “On avait envoyé une lettre d’intérêt à King Street, avec un pôle d’investisseurs qui était prêt à nous suivre en cas de réponse positive, confie-t-il à RMC Sport. La crise a un peu tout arrêté, dans les discussions avec nos investisseurs. C’est le statu quo actuellement. On a toujours cet intérêt d’aller de l’avant et de rassembler des gens capables de nous rejoindre dans ce projet. On continue à travailler, sans vraiment savoir où on va”.

Selon nos informations, King Street n’est toujours pas vendeur à l’heure actuelle, même si on ne sait pas quel impact aura la crise sur le fonds d’investissement américain. Aucune réponse n’a été faite à la lettre d’intérêt de Bruno Fiévet. “Il y a de l’incertitude. C’est encore un projet en construction, en réflexion et ce sera le cas tant qu’on n’aura pas de retour de King Street, poursuit l’homme d’affaire de 51 ans. On n’est que dans l’hypothétique, à l’heure actuelle”.

Un portefeuille financier qui ne paraît pas assez épais

Bruno Fiévet et ses investisseurs disposent toujours d’une enveloppe financière de 180 millions d’euros. “60 à 70 millions viennent de notre portefeuille d’investisseurs, analyse-t-il. 15-20 millions d’entrepreneurs locaux de la région bordelaise et deux crédits, dont il va falloir voir si les banques vont continuer de nous suivre aux mêmes taux après la crise”. Un matelas qui ne parait pas assez épais pour éponger le déficit structurel de 25 millions l’an dernier et qui pourrait se chiffrer autour des 40 millions sans le versement des droits TV de cette fin de saison.

“Ces 180 millions ne vont pas aller dans l’achat du club, précise Bruno Fiévet. Pour moi aujourd’hui, les Girondins, ça ne vaut pas grand-chose. Si on reprend le club, il faudra faire, même si je n’aime pas ce mot, du «nettoyage» pour ramener la masse salariale à un niveau correct. Aujourd’hui, ce n’est pas seulement Bruno Fiévet qui n’aurait pas les reins assez solides pour reprendre le club”. Une opération d’assainissement des comptes qu’avait entrepris Stéphane Martin, avant la vente à GACP, et que Frédéric Longuépée, depuis la reprise en main totale du club par King Street, essaie de poursuivre depuis les dépenses XXL de GACP.  

“Je n’ai pas de retour de King Street, ça ne sert à rien de s’exciter”

“Le modèle le plus viable aujourd’hui en Europe, c’est l’Allemagne, détaille l’entrepreneur qui a plusieurs clients dans le milieu du foot. Là-bas, la masse salariale représente 51% du budget. En France, on est plus autour des 70%. Il faut limiter cette masse salariale. Pour ça, il faut moins de joueurs pros et plus de jeunes du centre de formation. Si on peut réduire cette masse salariale, rien ne vous empêche d’avoir des stars. Je trouve que Laurent Koscielny, Benoit Costil, Pablo ou cibler Olivier Giroud, ce sont de très bonnes idées. Mais il faut quatre joueurs comme ça. Pas onze avec des salaires de 110.000 ou 140.000 euros par mois”.

Une campagne de dégraissage a été entamée l’été dernier et s’est poursuivie cet hiver. Mais elle est difficilement applicable quand les joueurs ne veulent pas quitter le club. “On pourrait travailler sur un système de prime, argumente-t-il. Aujourd’hui, les joueurs viennent avec un gros salaire. Mais on pourrait leur mettre des primes à objectif, comme ça se fait dans les grosses entreprises. Un salaire plus bas, mais avec de très gros bonus”.

Comme beaucoup d’investisseurs ou de propriétaires, Bruno Fiévet navigue à vue mais s’accroche à son envie de reprendre les Girondins: “Aujourd’hui, je suis très calme. Je n’ai pas de retour de King Street, donc ça ne sert à rien de s’exciter. La crise peut bouleverser beaucoup de choses avec nos investisseurs qui viennent de plusieurs pays différents. Ils vont se positionner par rapport à leurs pertes. Il faudra faire un tour de table plus tard. Mais cette période peut aussi nous ouvrir des opportunités”. D’après nos informations, Bruno Fiévet ne serait pas le seul à s’intéresser à Bordeaux. Certains fonds d’investissement regardent attentivement l’évolution du club girondin.

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