Bates, Wembanyama, Holmgren: 2022, la draft des mutants du nouveau monde?

Il faut revoir les images pour le croire. En défense, Stephen Curry fait face à une grande et frêle tige de dix-sept printemps et plus de deux mètres dix sous la toise. Mais l’adolescent ne se démonte pas : un dribble intérieur-extérieur, deux passages de la balle dans le dos et Chet Holmgren dépose le double MVP (meilleur joueur NBA) avec sa propre spécialité pour aller claquer un dunk autoritaire. “Tu m’as bien eu sur celle-là”, lui lancera ensuite Curry, qu’il avait contré plus tôt dans le match. La scène date d’il y a plus d’un an, en août 2019, lors du camp d’été SC30 de la superstar des Golden State Warriors, mais elle annonce le futur. Bienvenue dans le monde des nouveaux mutants du basket, ces joueurs au physique d’intérieur et à la panoplie d’arrière.

[embedded content]

Dans une NBA où le tir à trois points est presque devenu la priorité, et où les espaces créés sur le terrain sont déterminants, le phénomène est né avec la machine à marquer aux bras interminables Kevin Durant et la « licorne » (surnom trouvé par KD en personne) qui dégaine de loin Kristaps Porzingis. Dans quelques années, il va se poursuivre avec trois noms qui font déjà rêver tous les recruteurs: les Américains Emoni Bates et Chet Holmgren et le Français Victor Wembanyama. Pour le site spécialisé NBA Draft Room, ils occupent les trois premières places des projections sur la draft 2022, bien plus attirante et bardée de talents multiples que la cuvée 2020 sélectionnée la nuit prochaine, avec Bates devant Wembanyama et Holmgren.

>> Long format: Victor Wembanyama, la promesse du basket français

Pour que la chose se réalise, il faudra une évolution et l’arrêt – dans les tuyaux depuis quelques temps – de la règle NBA imposant aux joueurs d’être draftés dans l’année de leurs dix-neuf ans et un an après leur sortie du lycée. Si ce n’est pas le cas, Bates et Wembanyama devront attendre la draft 2023. Mais si c’est le cas, les trois premiers choix dans deux ans vaudront cher. Très cher. Avant l’analyse, on passe aux présentations. A tout seigneur français tout honneur, on commence par Victor Wembanyama. Seize ans, 2,19 mètres sous la toise, une envergure folle, une capacité à dribbler et tirer hors du commun pour sa taille, une intelligence de jeu: la pépite de Nanterre, analysée en profondeur il y a quelques mois dans une Story RMC Sport, affole les observateurs.

Victor Wembanyama au tir

Premier match de Nationale 1 (troisième division française) avec le Pôle France de la FFBB? 22 points, 10 rebonds, 7 contres et 32 d’évaluation pour celui qui a déjà tâté de la Jeep Elite et de l’EuroCup. Enorme. De quoi pousser Rudy Gobert, qui a participé à un deux-contre-deux avec lui dans une vidéo qui a fait le buzz de l’autre côté de l’Atlantique, à verser dans le dithyrambe au micro du podcast Basket Time. “Son talent, je pense qu’on n’a jamais vu ça en France, s’extasie le pivot tricolore du Utah Jazz. Et franchement, j’ai rarement vu ça dans le monde. Il a toutes les armes pour faire une superbe carrière.” Des armes pas toujours présentes chez les géants comme lui, surtout dans le passé. “Il joue avec les autres, il est intelligent sur le terrain et il a du toucher, détaille l’ancien capitaine des Bleus Boris Diaw dans le Super Moscato Show sur RMC. Il est surtout délié. Il est immense mais il court et a une très bonne synchronisation.”

Consultant RMC Sport, l’ancien international français Stephen Brun appuie: “C’est un mutant. Être capable de faire ce qu’il fait à 2,20 mètres, remonter la balle en dribblant, faire des passes aveugles ou dans le dos, tirer à trois points, tirer en step-back, c’est rarissime à cette taille-là. A 2,10 mètres, pourquoi pas. Mais à 2,20 mètres… Porzingis, par exemple, est loin de manier la balle comme lui. On ne le voit pas mettre des crossover. Il est capable de driver mais c’est plus rare.” Evolution du basket oblige, Vicor Wembanyama n’a pas été formé comme un intérieur “à l’ancienne” mais comme un joueur complet. 

“Il n’y a plus les grands d’un côté et les petits de l’autre”

“C’est un gamin qui est arrivé avec ces qualités-là et on ne lui a pas dit ‘arrête tout’ mais plutôt ‘continue’, enchaîne Stephen Brun. A mon époque, on m’aurait dit d’arrêter car les postes étaient bien établis et je devais travailler le mien et mettre le moins possible le ballon au sol. Ces garçons-là, on ne leur a pas enlevé leurs qualités premières. On lui a plutôt dit qu’on allait compléter cette panoplie avec d’autres choses. Aujourd’hui, pour être dominant, il faut faire beaucoup de choses. Et dans la formation, qu’elle soit européenne ou américaine, même si tu es grand, tu vas passer par le stade meneur de jeu, on va te faire travailler ton maniement de balle, ton dribble, et pas uniquement du jeu dos au panier. En NBA, tu as maintenant besoin de savoir tout faire, et notamment du tir à trois points. C’est pour ça qu’on les forme comme ça. Il n’y a plus vraiment de différences entre un gamin qui fait 1,80 mètre et un qui fait 2,15 mètres: tu vas faire les mêmes exercices, il n’y a plus les grands d’un côté et les petits de l’autre.”

>> L’éducation de Bronny: Sierra Canyon, le lycée pas comme les autres du fils de LeBron James

Conséquence: les petits ne deviendront jamais grands, mais les grands prennent le jeu des petits. “On va être amené à voir de plus en plus de mecs comme ça car la génération évolue, poursuit Stephen Brun. Les gars sont de plus en plus grands, ils ont vu des exemples et ils sont aussi plus coordonnés. A l’époque, un mec qui faisait 2,20 mètres, il fallait l’attendre quand il traversait le terrain, attendre qu’il prenne sa position pour lui donner la balle. Aujourd’hui, les grands vont presque plus vite que les meneurs pour traverser le terrain. C’est aussi une évolution génétique globale.” Dans laquelle s’inscrivent aussi Emoni Bates et Chet Holmgren.

Le phénomène Emoni Bates au dunk

Le premier, seize ans, annoncé entre 2,08 et 2,10 mètres selon les sites, est déjà bien connu des suiveurs du basket américain. En novembre 2019, il fait la couverture du célèbre magazine Sports Illustrated avec ce titre: “Né pour ça – Magic, Michael, LeBron… Et le gamin de quinze ans qui est le prochain sur la liste”. L’intéressé explique avoir voulu faire cette couverture car il était en deuxième année de lycée alors que LeBron James y avait eu droit lors de sa troisième. Vous avez dit trop de pression? Dans l’article, celui qui joue désormais régulièrement dans des salles de plusieurs milliers de spectateurs et a été “hypé” plus tôt que LeBron James ou Zion Williamson assume en annonçant son but: “Essayer de devenir le meilleur joueur de l’histoire”.

Emoni Bates en couverture de Sports Illustrated à quinze ans

Au printemps dernier, à la sortie de sa deuxième saison à la Lincoln High School de Ypsilanti, il est élu “meilleur joueur lycéen du pays”, première historique pour un élève du 10th grade (équivalent de la seconde), après avoir été élu “meilleur joueur de première année” et mené son lycée au titre d’Etat du Michigan (avec deux buzzer beaters en playoffs) la saison précédente. Avec ses longs bras encore peu charnus et ses capacités à marquer de n’importe où sur le parquet, on compare souvent ce fan de… maths à Kevin Durant, avec qui il s’est déjà connecté sur Instagram (il a également déjà parlé à LeBron, dont il avait demandé les stats de première année au lycée pour pouvoir faire mieux, ce qu’il a fait). Le mimétisme est “évident” selon un directeur du scouting d’une franchise NBA interrogé par Sports Illustrated. “Il a le même niveau au tir mais manie nettement mieux la balle que lui à cet âge”, enfonce un coach universitaire qui avait tenté de recruter KD à son époque lycéenne.

NBA Draft Room, pour qui “il serait numéro 1 de la draft cette année s’il était éligible”, voit “un jeune KD avec un jeu plus dominant”. D’autres parallèles sont faits. Que des grands noms. Entre ses tirs très longue distance et ses dribbles assassins, certains évoquent un Steph Curry géant. D’autres un Tracy McGrady ou un Penny Hardaway à leur sommet. Beaucoup citent aussi la “Kobe mentality” (mentalité à la Kobe Bryant, qu’il adorait pour ça tout comme Allen Iverson) pour définir son côté compétiteur jamais satisfait de lui ou presque, son énergie, sa rage de vaincre et son éthique de travail déjà si carrée. La tendance est claire: “le meilleur lycéen depuis LeBron James” (selon Paul Biancardi, spécialiste du recrutement de lycéens à l’université pour ESPN) n’est pas comparé à des pivots qui campent dans la raquette mais à des joueurs à la palette bien plus large. A des extérieurs. Logique: il a appris son futur métier comme ça.

“Il n’a jamais eu de position”

Au 2nd grade, équivalent du CE1, alors qu’il dépasse ses camarades de classe d’une bonne tête, il balançait déjà des tirs à trois points. A huit ans, il s’amuse à “crosser” ses adversaires. Le tout sous l’impulsion de son père E.J. Bates, ancien basketteur universitaire qui gère sa carrière et le coachait sur le circuit AAU avec les Bates Fundamentals et vient de monter une école préparatoire (la Ypsilanti Prep Aim High, satellite du lycée Aim High Academy) pour le faire évoluer avec d’autres grands talents, face à de meilleures équipes et mieux contrôler son environnement (il en est le coach), qui limitait son temps à l’intérieur pour ne pas se contenter de ça et avait choisi Lincoln car il avait joué avec le coach de l’école dans le passé.

[embedded content]

Celui qui possède également un entraîneur personnel pour mieux progresser et a été “reclassé” pour pouvoir quitter le lycée en 2021 et non en 2022 – il pourra en juin prochain signer un contrat avec une marque de chaussures (on parle de plusieurs dizaines de millions de dollars chez Nike) et partir jouer à l’étranger, en G-League, la ligue de développement de la NBA, ou à l’université (il s’est engagé avec Michigan State au cas où) – a déjà joué meneur, arrière, ailier ou intérieur. “Il n’a jamais eu de position, constate le journaliste Michael Rosenberg qui a fait son portrait dans Sports Illustrated. Il dribble, il passe, il marque de n’importe où sur le terrain. Et il l’a toujours fait.”

Un plus évident pour la suite et une évolution normale pour un « intérieur » moderne. “Aujourd’hui, au basket, il n’y a plus de postes, rappelle Stephen Brun. La NBA a pris une dérive depuis quelques années derrière les Warriors et leur composition où Draymond Green était au poste 5 et Kevin Durant au poste 4. Il y a toujours des tendances. La NBA a fait en sorte que les spectateurs viennent voir des points, beaucoup de points, et du tir à trois points. Et les grands, les vrais pivots à l’ancienne au sol, se sont aperçus que s’ils ne développaient pas autre chose, ils n’avaient pas beaucoup de ballons.”

[embedded content]

Emoni Bates, qui avait zappé la saison de basket de sa Clague Middle School au 8th grade (la quatrième) pour progresser de son côté car il était trop bon et pas assez challengé, peut faire mouche de loin et même très loin – la légende raconte un 265/355 (74,6% de réussite) à trois points lors d’un entraînement – ou finir au-dessus du cercle après un drive. Il développe un tir main gauche et compte s’en servir en match. Il peut shooter dès réception de la balle ou après un dribble et sait se créer ses tirs. Il allume à des distances plus grandes que celle des trois points en NBA et adore le faire sur la tête d’un adversaire. Ses dunks sont féroces. Son dribble lui permet de perdre l’adversaire sur son premier pas. Il est ultra créatif en attaque. Il cherche le contact malgré son côté encore frêle. Il n’oublie pas de travailler les mouvements intérieurs ou au poste, à l’image d’un skyhook (rendu célèbre par Kareem Abdul-Jabbar) qu’il a beaucoup bossé ces derniers mois. Il sait tout faire, quoi, ultra complet même s’il préfère de loin marquer à défendre (mais il a les qualités pour être bon s’il s’y met) et qu’il va devoir s’étoffer pour compenser un manque de puissance parfois souligné par les observateurs. 

>> L’éducation de Bronny: LeBron James Jr, lycéen dans la lumière

Beaucoup voient en celui qui a signé son premier autographe au 7th grade (la cinquième) le parfait prototype d’un “point center”, meneur pivot, mélange de Nikola Jokic, LeBron James et Steph Curry. “Il sera un All-Star en NBA et tout le monde autour de lui en est conscient”, écrit Michael Rosenberg. “C’est le meilleur joueur que je n’ai jamais vu, s’extasie un assistant-coach d’une grande université dans Sports Illustrated. Il faut le voir pour le croire.” Les téléspectateurs de ESPN2 en ont eu un aperçu il y a quelques jours. Le meilleur troisième année du pays selon ESPN, qui pourrait déjà être titulaire dans n’importe quelle fac et serait sans doute à l’aise dans un entraînement NBA alors qu’il lui reste encore deux ans minimum pour se préparer à intégrer la ligue, faisait face au meilleur joueur de quatrième et dernière année: Chet Holmgren. Résultat? Une défaite 78-71 de sa Ypsilanti Prep Aim High face à la Team Fizzle de l’autre phénomène annoncé malgré 36 points et 10 rebonds pour Bates. Holmgren? 31 points (avec deux trois points en transition), 12 rebonds, 6 contres, des coast-to-coast bluffants, un dunk puissant après un face-à-face avec Bates et les louanges de tous les observateurs de la planète basket. Plus que méritées.

[embedded content]

A dix-huit ans, mesuré entre 2,13 et 2,16 mètres selon les sources et avec une allonge proche de 2,30 mètres (près de 2,40 mètres pour Wembanyama), le garçon est le dernier “mutant” de la draft 2022. La “nouvelle licorne du basket”, dixit le site Bleacher Report, avec un potentiel sans limite et déjà surnommé par certains “le Kevin Durant blanc”. Il tient lui aussi la comparaison avec KD. Des bras énormes, une qualité de dribble et de drive fabuleuse pour sa taille, un tir longue distance qui fait mouche, une capacité à se créer ses tirs et à marquer dans toutes circonstances: Holmgren n’est pas le même mais ressemble beaucoup à Bates dans ce qui le fait sortir du lot. Un jeu parfait pour un intérieur moderne. Inspirée par Kevin Durant, LeBron James et Giannis Antetokounmpo, la brindille géante – 88 kilos, soit à peu près pareil qu’un Steph Curry, contre 91 pour Bates – se considère lui aussi comme un joueur sans position: “Je peux être très efficace au poste 4 ou au poste 5 mais j’ai l’impression que c’est trop limitant. Je peux faire bien plus que ça.” Il a travaillé pour.

Le phénomène Chet Holmgren

Quand il commence le basket au 3rd grade (CE2), en pleurs après chaque entraînement, son coach de l’époque Brian Sandifer est à deux doigts de lui dire de quitter l’équipe. Mais il croise son père, Dave Holmgren, ancien joueur NCAA de plus de 2,10 mètres, et comprend le potentiel. A la maison, papa fait travailler les fondamentaux du jeu intérieur. Sandifer, lui, préfère lui faire bosser les qualités d’un meneur-arrière. “Les gens pensent qu’il est important de marquer 45 points par match le plus tôt possible mais c’est faux, témoignera-t-il quelques années plus tard. Apprendre comment jouer au basket est l’important. J’ai appris les fondamentaux. J’étais un projet mais les gens avaient la volonté de prendre leur temps avec moi. Ils ont transformé une pile de briques en maison. Je n’étais même pas une pile de briques, j’étais juste la matière avec laquelle sont fabriquées les briques.” 

“On pensait qu’il serait bon, mais on ne savait pas qu’il serait si bon”

Jalen Suggs, meneur qui évolue désormais pour l’université de Gonzaga, est son aîné d’un an et joue dans la même équipe. Holmgren aime observer son jeu de jambes et reproduire ses tirs et ses mouvements à l’entraînement. Au 6th grade (la sixième), celui qui est déjà très grand pour son âge – 1,88 mètre à onze ans – suit Suggs et rejoint à la Minnehaha Academy, prestigieux établissement chrétien privé toujours son lycée aujourd’hui. Un poignet droit cassé et une question de niveau le clouent un temps sur le banc mais il en profite pour travailler le dribble et le tir de loin. Trois ans plus tard, à l’entrée au lycée, une nouvelle poussée de croissance en quatrième – il devait soulager ses genoux tous les jours avec de la glace pour atténuer les douleurs sur ses articulations – l’a porté à 2,10 mètre et lui permet de mieux gérer les mouvements intérieurs et la défense. La recette à la sauce complète va finir par payer avec le temps.

[embedded content]

A la fin de sa première saison, au printemps 2018, en demi-finale du tournoi d’Etat 2A, il prend un gros poster dunk et la vidéo devenue virale finit sur Sports Center où on le décrit comme “un défenseur très grand”. Aucune université ou presque ne s’intéresse à lui. Mais les recruteurs auront vite son nom sur les lèvres. Après sa deuxième année au lycée, qu’il mène à un troisième championnat d’Etat de suite et où il porte le numéro 34 car c’était le seul à sa taille, il régale sur le circuit AAU U17 de la marque Under Armour avec plus de 8 contre de moyenne sur ses six premiers matches, et plein d’autres choses encore. C’est lors de cet été qu’il “crossera” Curry avec son propre mouvement, provoquant plus de 500.000 visites de sa page Instagram en une semaine et le “follow” d’un certain Dwyane Wade. “Cet été 2019 a ouvert les yeux au monde, confirme Jalen Suggs. Chet avait décidé qu’il était temps d’élever son jeu et de faire savoir qu’il était bien là, qu’il était parti pour durer et qu’il était un des meilleurs joueurs du pays.” 

>> NBA: Aux origines du phénomène Zion Williamson, lycéen superstar… et poète

Sa troisième année lycéenne ne fera que confirmer l’ampleur du talent, avec en crise sur le gâteau une performance majeure début janvier 2020 devant les 17.300 spectateurs (pour un match lycéen, oui!) du Target Center des Minnesota Timberwolves et les caméras du network ESPN, quand il frôle le triple double (9 points, 10 rebonds et… 12 contres) face à l’équipe aux nombreux gros talents du lycée californien Sierra Canyon où évolue notamment Bronny James, le fils de LeBron. “Avoir un gamin comme Chet n’arrive probablement qu’une fois dans une vie, sourit Lance Johnson, son coach à Minnehaha. Peu d’écoles ont la chance d’avoir un joueur de 2,13 mètres qui peut dribbler, qui shoote bien, qui a une super attitude, qui travaille dur et dont on n’a pas à se soucier en classe. Il est vraiment unique.”

[embedded content]

Tête sur les épaules, état d’esprit à ne jamais abandonner, celui qui “essaie de rester la même personne” malgré les lumières médiatiques devra prendre du poids pour être un bon intérieur NBA et prouver qu’il peut gérer des joueurs plus petits et plus rapides pour s’éclater à l’extérieur dans la grande ligue. Des questions similaires à celles qui entouraient Porzingis, dont on dit qu’il lui ressemble avec un jeu bien plus complet, avant la draft 2015. Mais les qualités sont là. Toutes. Ses qualités de tir, de dribble et de mobilité sont exceptionnelles par rapport à sa taille, tout comme le contrôle de son corps. Il possède une très bonne coordination, un excellent timing et des instincts défensifs rares. Il est capable de monter la balle et d’être une force intérieure. Il peut jouer partout et a déjà joué partout. Il se considère d’ailleurs comme… un arrière et continue de travailler tous les aspects du basket pour afficher le package le plus complet possible.

Chet Holmgren (à droite) au contre

Au point de se demander s’il ne pourrait pas jouer meneur dans certaines circonstances en NBA. “Je ne serais pas surpris qu’un mec de 2,13 mètres ou un peu plus puisse monter la balle, confirme Stephen Brun. Ça se voit déjà aujourd’hui avec un Nikola Jokic qui peut monter la balle, arriver en tête de raquette et annoncer un système, même s’il n’a pas la mobilité de ces garçons-là.” Pas encore lié à une université, Holmgren va pouvoir profiter des deux années à venir pour se remplumer un peu et mieux aborder les défenses resserrées de NBA. Mais le ciel est la limite, comme on dit. “On pensait qu’il serait bon, rappelle Jalen Suggs. Mais on ne savait pas qu’il serait si bon. J’ai hâte de voir son futur.” Comme ceux de Wembanyama et Bates, il s’annonce brillant.

[embedded content]

Avec des garçons qui “resteront des anomalies” dixit Stephen Brun – “Je ne pense pas qu’on va se retrouver avec des équipes avec cinq mecs sur le terrain à 2,15 ou 2,20 mètres capables de tout faire” – mais qui vont être capables de révolutionner l’approche classique du jeu pour un intérieur. “On n’est pas à l’abri de voir ces gamins-là appeler des pick-and-roll à l’extérieur: il y a un mec qui vient faire un écran et ce sont eux qui jouent le pick, prédit le consultant RMC Sport. C’est quelque chose qu’on voit un petit peu avec Nikola Jokic car il a une qualité de passe énorme. C’est phénoménal.” La perspective fait saliver. Mais il faudra aussi prendre gare à ne pas trop en faire. “A 2,20 mètres, ce serait tristounet que Wembanyama passe son temps derrière la ligne à trois points, analyse Stephen Brun. Il faut que ce soit une arme en plus, la cerise sur le gâteau, pas que le mec passe son temps à ça. Ce serait quand même con de se priver d’un mec de 2,20 mètres dans la raquette. Mais tout ça fait un joueur complet et indéfendable, comme peut l’être Kevin Durant avec quelques centimètres en moins.” Vivement 2022. 

Lire la suite sur RMC Sport