Australie : Quel bilan pour les jeunes expatriés américains ?

Souvenez-vous en Juillet dernier, on abordait avec vous pour la première fois la NBL, la ligue fermée de Basket Australien. Inconnue il y a un an, cette ligue s’est aujourd’hui fait une place dans le paysage international. Si c’est en grande partie grâce aux exploits de LaMelo Ball, c’est aussi le fruit d’un travail sérieux et appliqué en coulisses. Le Basket explose dans ce pays, et les performances des Boomers au Mondial Chinois en Septembre 2019 en sont le symbole. Demi-finalistes, ils ont emmené l’Espagne jusqu’en prolongation avant de perdre le duel à l’expérience dans le plus beau match de la compétition. La même expérience qui leur a manqué pour décrocher le bronze face à la France d’Evan Fournier et Rudy Gobert, qui laissèrent le palmarès du pays toujours vierge du moindre podium international. Aujourd’hui, on retourne donc en Australie pour prendre des nouvelles du Next Stars Program qui a accueilli 4 futurs rookies NBA cette saison. Qui a crevé l’écran ? Qui a déçu ? Verdict.

 

  • LAMELO BALL : LA STAR QUE L’AUSTRALIE VOULAIT

 

La voilà la plus grande superstar que la ligue Australienne n’ait jamais connue ! Arrivé sur la pointe des pieds sans aucune proposition sérieuse en NCAA, le benjamin de la sulfureuse famille Ball a dû se résoudre à cette saison professionnelle. Prévu en fin de premier tour de la Draft 2020 l’an passé, il faisait un choix à quitte ou double en se tournant vers l’Australie : Sombrer dans l’oubli ou s’attirer les projecteurs. Du côté des Illawarra Hawks, il a choisi la deuxième option en explosant littéralement. Ses performances ont fait le tour du monde et il s’est imposé comme franchise player de son équipe sous la surprise de ses adversaires qui ont découvert l’insolence du gamin de 18 ans. Il a terminé la saison à 17 points, 7 passes et 7 rebonds de moyenne. Plus important encore, il est aujourd’hui considéré comme un Top 3 assuré de la prochaine Draft NBA. Certains médias pensent même qu’il sera le premier choix. Le coup de projecteur a été immense autant pour Ball que pour la NBL, un pari gagnant-gagnant. De plus, on a appris cette semaine que LaMelo Ball était en première ligne pour racheter sa franchise des Illawarra Hawks, preuve ultime de la love story qu’il a épousée dans ce territoire. Un potentiel premier choix de Draft dès la première saison du Next Stars Program, l’Australie n’en demandait pas tant…

 

  • R.J HAMPTON : LE CHEMIN INVERSE…

 

R.J Hampton a lui connu en Australie une trajectoire diamétralement opposée à celle de LaMelo Ball. Il y a un an, Hampton était attendu dans toutes les mocks drafts comme un Top 5 garanti et son choix de signer en NBL avait défrayé la chronique. Considéré comme l’un des plus grands talents de sa génération, il avait l’assurance d’obtenir une place de choix parmi les meilleurs programmes de NCAA. Mais il a fait le choix très médiatisé de partir pour l’Australie chez les New Zealand Breakers, entraînant le choix de Ball par exemple. Sauf que tout ne s’est pas passé comme prévu. Face au changement de dimension (du lycée au monde professionnel), Hampton n’a pas eu le même coffre que Ball pour encaisser ce niveau supérieur. Irrégulier, il a alterné le très bon et le passable dans une équipe qui a dû réduire son temps de jeu. Il termine à 8 points et 2 passes par match avec des pourcentages difficiles autant de loin (30%) que sur la ligne des lancers-francs (67%). Ainsi, il a logiquement reculé dans les Mock Draft où il est aujourd’hui pressenti entre la 10 et 20ème position. Ce garçon a du potentiel, mais surtout beaucoup de travail à effectuer pour devenir un attaquant plus robuste sur des défenses qui ne feront pas de cadeau. Néanmoins, il a récemment confié à 247 Sports qu’il était satisfait de son expérience. Je suis clairement satisfait même si beaucoup de gens ne le sauront pas car ils n’ont pas vu beaucoup de matchs. Il y a beaucoup de hype en NCAA, mais moi je me suis confronté tous les jours à des mecs comme Sek Henry ou Scotty Hopson, qui sont des professionnels établis à l’étranger depuis plus de 10 ans. Chaque jour à l’entraînement, ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère avec moi. De mes premiers matchs de NBL en Octobre dernier jusqu’à Janvier, je pense m’être énormément amélioré simplement en m’entraînant sérieusement. Je ne pouvais pas demander une meilleure adversité.

 

  • MARCOS LOUZADA-SILVA : LE PROCESS BRESILIEN EST EN MARCHE

 

Contrairement aux deux joueurs qu’on vient d’évoquer, Marcous Louzada-Silva (ou Didi Louzada) n’a pas fait le grand saut du lycée vers le championnat australien. Ce jeune brésilien est entré en NBL par une porte différente. D’abord passé professionnel au Brésil, il a été choisi en 35ème position de la Draft 2019 par les New-Orleans Pelicans. Mais face à la concurrence, il a fait avec la franchise un choix de raison. Ils se sont tournés vers l’Australie et son Next Stars Program pour se développer dans l’ombre afin d’avoir sa chance en NBA. C’est ainsi qu’il a atteri chez les Sydney Kings du champion NBA Andrew Bogut. Sans la lourde étiquette de star, il s’est pleinement épanoui dans l’une des meilleures équipes du championnat, s’établissant comme un 3&D solide qui pourrait tout à fait performer en NBA. Avec 10 points par match et une place de titulaire dans une excellente équipe, il a trouvé son rôle et impressionné. Louzada ne deviendra sans doute pas une star, mais il peut contribuer dès demain dans n’importe quelle équipe NBA comme un ailier polyvalent sérieux. Seul bémol, son pourcentage à 3 points (33%) reste à surveiller. Reste à savoir s’il choisira de rester en Australie une saison de plus, ou rentrer aux USA dès le prochain exercice. David Griffin (GM des Pelicans) a fait le déplacement jusqu’en Australie plus tôt dans la saison, et il n’a pas été déçu du voyage ! Son développement dans une équipe de vétéran avec le meilleur bilan de la ligue sur la majeure partie de la saison en tant que titulaire défenseur d’élite est exactement ce qu’on recherchait. Lorsque je me suis déplacé en Australie, je l’ai vu être le meilleur joueur de son équipe dans le quatrième quart-temps des deux côtés du terrain ! Le futur est très prometteur ici pour nous avec un potentiel 3&D qui peut jouer sur plusieurs postes.

 

  • TERRY ARMSTRONG : L’ENFANT TERRIBLE A RATé SON COUP

 

L’Australie n’a néanmoins pas été que le théâtre de belles réussites pour ces jeunes sortant des terrains battus. Terry Armstrong en est l’exemple parfait. Attendu en fin de premier tour de la Draft 2020 il y a un an, il n’avait pas les notes nécessaires pour entrer à l’université d’Arizona (son état de naissance). Alors, il a refusé d’effectuer une mise à niveau universitaire pendant l’été, faisant une croix sur la NCAA, en se tournant vers l’Australie et la solution de facilité lucrative que ce Next Stars Program lui apportait. Si à l’été 2019, des garanties de temps de jeu lui étaient promises, ça ne s’est jamais concrétisé dans la réalité du terrain. Du côté de Melbourne, il a passé la saison à cirer le banc, ne bénéficiant que de 10 ridicules minutes de temps de jeu sur l’intégralité de la saison. On ne lui a jamais fait confiance, notamment à cause de ses performances à l’entraînement selon les différents médias présents sur place. Cette première saison a été un véritable échec, et sa présence à la Draft 2020 est logiquement à oublier. Alors Armstrong a signé pour deux ans en Australie, et il pourrait choisir de continuer l’aventure océanique une saison supplémentaire.

 

  • BILAN : UNE PREMIERE SAISON PROMETTEUSE

 

Cette saison, la NBL a lancé son Next Stars Program avec un succès relativement satisfaisant. Ces 4 premiers joueurs ont été assez convaincu par l’idée pour servir de crash-test. Entre Ball et son explosion, la déception de Hampton, les promesses de Louzada et l’échec de Armstrong, les jeunes américains ont eu toutes les trajectoires à observer pour leur futur choix. La ligue Australienne peut repartir satisfaite de cette première avec sur le papier un seul vrai échec sur ses 4 contrats Next Stars. L’objectif est de multiplier ses jeunes stars à l’avenir, avec une vraie alternative à opposer au championnat NCAA. Pour l’instant, aucun débat de prestige n’est tenable, mais la ligue universitaire américaine doit se méfier. Les scandales de financement illégaux de jeunes athlètes se sont multipliés ces dernières années, et toutes les voix s’élèvent au pays de l’oncle Sam pour un financement de ces jeunes athlètes qui génèrent des millions de dollars. Tant qu’aucun vrai système salarial ne verra le jour, l’Australie pourra se développer comme une alternative sympathique à coup de gros billets.

 

Lire la suite sur Insidebasket.com