Affaire Sarah Abitbol : l’ex-femme de Gilles Beyer se défend, le triste feuilleton se poursuit

Affaire Sarah Abitbol : l'ex-femme de Gilles Beyer se défend, le triste feuilleton se poursuit Le monde du patinage artistique est dans la tourmente depuis les révélations, la semaine passée, de Sarah Abitbol, qui accuse son ancien entraîneur Gilles Beyer de l’avoir violée dans les années 1990, et Didier Gailhaguet, le président de la Fédération, d’avoir couvert ses agissements. Ces derniers jours, Katia Krier, l’ex-femme du coach mis en cause, a notamment pris la parole.

Accusations de viol, appels à la démission, dénégations… Le milieu du patinage artistique français nage en plein cauchemar depuis plus d’une semaine. Tout a commencé le mercredi 29 janvier dernier : le journal L’Equipe, titré “La fin d’une omerta”, publie ce jour-là les témoignages glaçants d’Hélène Godard, Anne Bruneteaux et Béatrice Dumur. Ces trois anciennes patineuses accusent plusieurs de leurs ex-entraîneurs de les avoir violées lorsqu’elles étaient adolescentes. Après avoir renoncé à porter plainte à l’époque, ces femmes décident de briser le silence, notamment pour “encourager d’autres sportives à en parler et à aller en justice”. Trois anciens coachs, Jean-Roland Racle, Michel Lotz et Gilles Beyer sont mis en cause.

Sarah Abitbol accuse, Gilles Beyer s’excuse

Le nom de ce dernier se retrouve rapidement au cœur du scandale puisque le même jour, l’Obs publie un entretien de Sarah Abitbol, à l’occasion de la sortie de son livre “un si long silence”. L’ancienne championne de patinage (notamment médaillée de bronze en 2000, aux championnats du monde, avec son ex-partenaire Stéphane Bernadis) accuse Gilles Beyer de viol, d’attouchements et de harcèlement sexuel, sur une période allant de 1990 à 1992, alors qu’elle était avait entre 15 ans et 17 ans. Sarah Abitbol explique également avoir vécu une amnésie traumatique puis avoir renoncé à porter plainte en raison de la prescription des faits. Deux jours plus tard, Gilles Beyer est limogé de son poste de manager du club de patinage parisien des Français volants et déclare à l’AFP : “Je reconnais avoir eu des relations intimes avec elle. Si mes souvenirs sur leurs circonstances exactes diffèrent des siens, j’ai conscience de ce que, compte tenu de mes fonctions et de son âge à l’époque, ces relations étaient en tout état de cause inappropriées (…) Il s’agit donc d’une faute, dont je ne mesurais pas le mal qu’elle a pu lui causer. Je suis sincèrement désolé et je présente à Sarah Abitbol mes excuses”. 

L’ex-femme de Gilles Beyer : “Je ne suis pas la madame Fourniret du patinage”

Une forme d’aveu qui déclenche une véritable tempête et qui conduit même Katia Krier, ex-épouse de Gilles Breyer, et aujourd’hui à la tête des équipes de France de patinage artistique et de danse sur glace, à s’exprimer. “Je n’ai jamais eu vent des faits reprochés par Sarah Abitbol et Hélène Godard à son encontre, affirme-t-elle dans L’Obs, et ajoute : “Je les ai découverts mercredi dans la presse. Je suis tombée de ma chaise. Maintenant, je me retrouve au milieu de tout ça (…) J’ai même été convoquée dans le cadre de l’enquête judiciaire (en 2000). J’ai d’ailleurs quitté le père de mon fils après cette histoire (…) Je ne peux pas laisser dire que j’ai couvert ses agissements. Je ne suis pas la madame Fourniret du patinage, comme certains disent de moi dans mon dos”.

Sarah Abitbol reproche à Didier Gailhaguet d’avoir couvert les agissements de Gilles Beyer

Depuis que le scandale a explosé, Didier Gailhaguet, le président de la Fédération française des sports de glace (FFSG), est également dans la tourmente puisqu’il est accusé par Sarah Abitbol d’avoir couvert les agissements de son ami Gilles Beyer, notamment lorsque celui-ci avait fait l’objet d’une enquête judiciaire, en 2000. Poussé à la démission par Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, Didier Gailhaguet refuse pour le moment de s’exécuter, en assurant qu’il n’a jamais protégé Gilles Beyer. “Je suis très affecté par le choc qui s’est abattu sur les sports de glace et le sport français dans son ensemble, a-t-il précisé par ailleurs dans sa conférence de presse. Je mesure totalement la gravité des faits. Je n’ai pas de mot pour décrire mon dégoût”. Une prise de parole largement commentée dans le monde du patinage.

Didier Gailhaguet, son ex-femme Annick Dumont… Nelson Monfort s’exprime

Nelson Monfort commentateur attitré du patinage à la télévision, en compagnie de Philippe Candeloro, s’est notamment exprimé au sujet de Didier Gailhaguet, ce mercredi 5 février, dans le Parisien : “Moi qui le connais bien depuis des années, je l’ai trouvé très ému (…) Je suis sûr qu’il regrette très profondément toute cette histoire et de ne pas en avoir pris la mesure plus tôt. Il était au bord des larmes”. Le journaliste sportif assure également qu’il n’était personnellement au courant de rien : “Je n’étais pas au courant pour les viols. Même avec Philippe, on n’en a jamais parlé. Comment penser que j’ai pu être au courant de telles horreurs sans les dénoncer ?”. Interrogé enfin au sujet d’Annick Dumont, avec qui il a également souvent commenté les épreuves de patinage artistique, et qui a surtout été successivement la femme de Gilles Beyer et de Didier Gailhaguet, Nelson Monfort affirme : “Nous n’en avons jamais parlé. Jamais, jamais, jamais”.

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