Vincent Blasco-Baque dentiste, chercheur et arbitre en manque de rugby

Évidemment, le rugby ça manque profondément. C’est notre religion, notre passion. C’est viscéral. C’est justement parce que ça vous manque qu’on voit que c’est important“, assure l’arbitre de 35 ans qui a quitté les terrains le 15 février après la victoire du leader Bordeaux-Bègles sur son dauphin Lyon (37-19), un “match plein, un match génial“.

Depuis cette rencontre, l’arbitre a continué à s’entraîner. Et ce n’est pas le confinement mi-mars qui a changé ses habitudes car depuis, il suit à la lettre les “consignes du préparateur physique mis à la disposition des arbitres par la fédération”. Aussi, il se sent “prêt” à reprendre dès qu’on le lui demandera.

Si ça reprend, on sera les plus heureux du monde“, affirme-t-il. “La vraie question, c’est quand? En tout cas, nous les arbitres, nous sommes prêts et on y va comme ils veulent“.

Rappelant qu’il n’est “pas arbitre professionnel”, Vincent Blasco-Baque se concentre en attendant sur ses activités professionnelles. Ainsi, il assure les urgences au CHU de Toulouse comme dentiste, “mon premier métier”.

“Patients infectés”

On ne soigne que les patients douloureux et infectés. Dans notre service, l’odontologie, on a réduit l’activité pour dégager du temps pour que les infirmiers, les aides-soignants puissent être redistribués dans les services d’urgences liés à la crise du Covid“, explique-t-il.

Tous les jours, cette activité l’expose beaucoup au virus, mais il ne s’en inquiète nullement. “Il y a un parcours particulier pour protéger le patient et le praticien. On arrive à soigner nos patients avec des protections“, résume-t-il.

La réduction du temps des soins dentaires lui laisse plus de temps pour son autre activité, celle de chercheur dans une unité de l’INSERM des maladies métaboliques.

Il y étudie le rôle des micro-organismes présents dans la bouche et leur impact sur la santé en général.

On étudie tous les patients qui passent à l’hôpital pour comprendre comment leur bouche peut contribuer à leur santé. Et notamment les bactéries. Et là on rejoint la problématique du coronavirus“, explique-t-il.

“Solutions justes”

Les bactéries, dit-il, “c’est presque ma deuxième personnalité. On a autant de bactéries dans la bouche que de cellules. C’est pareil partout, dans l’estomac, le vagin, l’anus… Il faut bien comprendre qu’on est presque double. C’est une relation duelle mais indispensable. Sans elle, on ne pourrait pas vivre comme il le faut. Et on contribue à ce qu’elle vive“.

Aux yeux du passionné Vincent Blasco-Baque, la recherche, le soin et l’arbitrage se rejoignent car toutes les trois dénotent l’envie de “découverte”, “de la nouveauté”.

On me pose la question: avez-vous peur en soignant? Il y une mise en danger. Mais c’est aussi une démarche intellectuelle qui fait qu’on fait quelque chose de passionnant. La recherche et soigner, c’est être confronté à une activité nouvelle, à une personnalité nouvelle à chaque fois. Or l’arbitrage c’est la même chose. Un arbitre, c’est un homme, face à 30 joueurs. Vous vous trouvez au milieu. Et il faut trouver les solutions les plus justes possibles“.

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