Tournoi des six nations : Bernard Le Roux-Paul Willemse, le double verrou bleu à l’accent afrikaans

Face aux Gallois, Paul Willemse a inscrit son premier essai en bleu, sous les yeux de Bernard Le Roux (au casque rouge).

Face aux Gallois, Paul Willemse a inscrit son premier essai en bleu, sous les yeux de Bernard Le Roux (au casque rouge). Adam Davy/AP

Au football, Kylian Mbappé l’a vertement rappelé : « Moi, tu ne me parles plus d’âge. » Au rugby, si Bernard Le Roux (30 ans) et Paul Willemse (27 ans) comptent parmi les « vieux » du XV de France cru Galthié 2020, c’est davantage la question des origines qu’ils auraient tendance à évacuer. « On n’aime pas beaucoup qu’on pense que nous sommes des Sud-Africains qui jouent en équipe de France, insiste Paul Willemse. On est des deuxièmes lignes français et c’est ça qui nous rend fiers. On est ici depuis longtemps. »

« Ici », c’est la France, embrassée par Le Roux et Willemse il y a respectivement onze et six ans, et dont ils porteront les couleurs dimanche 8 mars (à 16 heures), lors de la quatrième rencontre du Tournoi des six nations, en Ecosse. Ce match, en cas de victoire (ce serait la première à Edimbourg depuis 2014) pourrait propulser les Bleus vers une finale à domicile face à l’Irlande, samedi 14 mars, avec un grand chelem en jeu.

« On a pensé aux joueurs qui pourraient être le plus complémentaires à l’instant T. On a réfléchi aux équilibres, forces, points forts. Nous avons effectivement deux joueurs aux origines sud-africaines en deuxième ligne », a sobrement commenté Fabien Galthié, lors de sa première composition d’équipe, avant le début du tournoi.

Si le règlement de World Rugby, la fédération internationale, permet à un joueur ayant passé cinq ans dans un pays d’en défendre les couleurs, les deux hommes remplissent également les conditions – plus drastiques – fixées par la Fédération française de rugby (FFR). « Il faudra un passeport français » pour jouer avec le XV de France, avait assuré Bernard Laporte en 2017, fraîchement élu à la présidence de la FFR.

« Tu perds 10 kg d’abord »

Dès le premier match de l’édition 2020 du Tournoi des six nations, face aux Anglais, la paire Willemse-Le Roux a donné le ton en défense. Avec respectivement 22 et 13 plaquages, les deux joueurs ont contribué à étouffer les attaques du XV de la Rose. Avant de recommencer face à l’Italie, puis au Pays de Galles.

Dans ce domaine, Willemse s’inspire de son aîné. « Il n’y a pas beaucoup de joueurs dans le monde capables de faire deux, trois plaquages consécutifs et de se relever, c’est impressionnant, salue le Montpelliérain. J’ai vu que c’était possible car, si lui peut le faire, moi aussi. » « Il est très dur avec lui-même. J’étais comme ça il y a quelques années », philosophe Le Roux.

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