Top14-Pro D2: “Le principe de rester à 30 clubs va sûrement faire loi”, assure le président d’Agen

Jean-François Fonteneau, comment s’est déroulée la réunion FFR-LNR-clubs mardi?
Très bien. C’était important d’avoir ces échanges en direct. Bernard Laporte a pu expliquer les situations au niveau de World Rugby, des pays concernés par le Covid-19 et les conséquences que cela pourrait avoir sur les tournées. On a aussi pris en compte que la position des présidents de Top 14 et Pro D2 pourraient avoir une conséquence sur les montées de Fédérale 1. C’était un débat très constructif.

La fin d’année 2020 s’annonce très compliquée en raison de cette pandémie…
Oui, ça va être très chaotique suivant les reprises et le déconfinement même s’il y a une volonté de finir le championnat d’une façon ou d’une autre. Mais le grand principe de rester à 30 clubs est celui qui va sûrement faire loi très, très vite.

Il n’y aura donc pas de montées de Fédérale 1?
Je ne pense pas. Le président Bernard Laporte a été très clair par rapport à ça. Il a été dans une logique d’intérêt général. Il a clarifié les choses par rapport à ça. Il était dans une approche positive des clubs amateurs pour valoriser les résultats et ainsi permettre des montées, mais il est aussi conscient des incidences sur le Top 14 et la Pro D2 notamment en terme de calendrier avec cette reprise chaotique de championnat. On trouvera un consensus.

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“Je savais que la position de Laporte n’était pas du tout catégorique”

Un consensus à 30 clubs et non 32 donc?
Oui, c’est plutôt ça, même si la Fédérations a amené des garanties peut-être financières en cas de montée de clubs de Fédérale 1. Mais cela complique énormément le schéma du Top 14 et de la Pro D2. Même si c’est évidemment compliqué pour un ou deux clubs de Pro D2 qui comptaient sur la montée, certes pas encore acquise, nous sommes quasiment tous d’accord pour geler le championnat d’une certaine façon.

En parlez-vous beaucoup avec Bernard Laporte sachant que vous vous connaissez très bien?
Oui, on a des échanges avec Bernard. Je savais que sa position n’était pas du tout catégorique de ce point de vue-là. Cela a rassuré l’ensemble des clubs de Pro D2 et Top 14. On a pu avoir un échange en direct avec la Fédé, ce qui est important. C’était très apaisé et je pense que nous serons rapidement sur une position commune.

Cela peut-il être validé rapidement?
Nous avons encore ce soir une réunion avec les présidents de Top 14 et Pro D2 . L’étau va se resserrer sur des scénarios qui sont encore difficile à écrire, sachant qu’il y a une quand même une volonté de faire des matchs, même s’ils n’auront lieu qu’à huis clos. Nous sommes tous convaincus que le déconfinement ne se fera pas d’un coup de baguette magique. Si on peut jouer un peu, tant mieux. S’il y a des play-offs et pourquoi pas un champion de France, très bien. S’il y a des matchs télévisés avec un peu d’enjeu aussi. Nous sommes encore sur ces logiques de malus et bonus par rapport aux situations s’il n’y a pas de montées ni de descentes, ce qui est aujourd’hui acquis de façon majoritaire. Nous sommes en train d’affiner progressivement les scénarios.

Pour Agen, avant-dernier, cela a évidemment un impact direct. Vous devez être un peu soulagés?
Si je défends mon pré carré, ça serait bien sûr un soulagement, encore qu’il reste neuf matchs. L’écart est faible en bas de Top 14 et rien n’est écrit. Mais on a tous conscience que remobiliser des joueurs sur trois ou quatre dates pour jouer des matchs couperets serait quasiment impossible à imaginer. Certains envisagent des péréquations mathématiques, mais ce n’est plus complétement du sport. On peut comprendre que c’est difficile pour les clubs qui ont fait un très bon parcours de gommer complètement la saison. On ne sait pas dans quelles conditions on va repartir avec des points de retard pour ceux qui sont en fin de championnat, des points d’avance pour ceux qui sont devant. Sur le Top 14, cela a à moins de sens. Pour la Pro D2 qui a déjà disputé 23 journées, qu’il y ait des points d’avance pour les clubs qui sont au-dessus, ça pourrait s’envisager. Mais à ce jour, je ne pense pas que cela fasse complètent l’unanimité. J’ai d’ailleurs apprécié le discours du président d’Oyonnax, Thierry Emin, en course pour jouer le Top 14 et les phases finales, qui a été assez clair en disant qu’il fallait arrêter et geler éventuellement pour repartir sur de bonnes bases.

“Un Top 15 ou Top 16, c’est inextricable dans ces conditions”

Et pour la suite?
Notre priorité sera surtout d’assurer notre pérennité car nous ne sommes pas à l’abri d’un l’accident industriel. Et pour ceux qui sont dans l’économie réelle, qui n’ont pas de mécènes qui portent le club à bout de bras, ce sera difficile. C’est mon cas puisque j’ai refusé depuis trois ans de jouer les pyromanes pompiers, et nous avons une situation saine. On partira avec 15 ou 20% de moins de partenariats, mais nous sommes calibrés pour assumer une situation difficile la saison prochaine. 

Selon vous, il est désormais clair que pour la plupart des présidents, le Top 14 restera avec les mêmes clubs?
Oui, il y a un vraiment une majorité très forte qui se dessine. Le format est important en terme de calendrier avec notamment les matchs en retard de Coupe d’Europe, des matchs internationaux que la Fédération devra faire même si ce n’est pas contre l’Australie ou l’Afrique du Sud. Néanmoins, elle organisera des matchs contre l’Angleterre ou d’autres nations. Il faut quand même remplir les caisses. C’est important. Un Top 15 ou Top 16, c’est inextricable dans ces conditions. 

On garde donc les mêmes en première et en deuxième division?
Oui, c’est la tendance très, très lourde.

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