Mort de Michel Hidalgo : Séville 1982, Euro 1984… Biographie du sélectionneur français

Mort de Michel Hidalgo : Séville 1982, Euro 1984... Biographie du sélectionneur français BIOGRAPHIE DE MICHEL HIDALGO – Entraîneur mythique, le Nordiste, mort ce jeudi 26 mars 2020 à 87 ans, a marqué l’histoire du football français en menant notamment les Bleus vers leur premier titre sur la scène internationale, lors de l’Euro 1984.

L’information est tombée ce jeudi 26 mars 2020 par le biais de Franceinfo. Michel Hidalgo est mort à l’âge de 87 ans. Pilier du football français, il aura été joueur puis sélectionneur emblématique de l’équipe de France, avec laquelle il remportera l’Euro 1984. Une seule étoile manquait à son palmarès impressionnant : celle de champion du monde.

Selon le journal L’Equipe qui cite “un de ses proches, son décès n’est pas lié à l’épidémie de coronavirus qui frappe la France, mais à une maladie qui l’avait beaucoup affaibli ces dernières années”. Retour sur une carrière et un parcours d’homme hors du commun.

Biographie courte de Michel Hidalgo – Né le 22 mars 1933 à Leffrinckoucke (Nord), Michel Hidalgo est un ancien joueur international français de football devenu entraîneur, notamment comme sélectionneur de l’équipe de France de football. Il conduit celle-ci à la 4e place de la Coupe du Monde 1982 en Espagne, et à la victoire de l’Euro 1984 en France, sous le capitanat de Michel Platini

Michel Hidalgo grandit en Normandie, aux côtés d’un père ouvrier-métallurgiste espagnol, d’une mère parisienne et d’un frère jumeau, Serge. Vivant dans une cité ouvrière, il apprend à jouer au football, en un contre un, avec son frère. Cela lui permet de perfectionner son dribble. Durant la Seconde Guerre mondiale, ils partent de Normandie pour aller vivre en Mayenne. Ils reviennent à Mondeville en 1946, puis son frère et lui se font remarquer par l’US Normande. Champions de Normandie juniors 1952, Michel signe son premier contrat professionnel avec Le Havre AC et Serge reste à l’US Normande, pour ensuite jouer au Stade rennais UC de 1954 à 1956.

Michel Hidalgo 1978
Michel Hidalgo lors du mondial 78 © WHEELER NIK/SIPA

Michel Hidalgo joue deux saisons au Havre, en tant qu’ailier droit et brille grâce à ses dribbles et sa vitesse. Il est ensuite transféré au Stade de Reims, à la fin de saison 1954. En tant qu’ailier gauche, il joue 23 matchs et marque 11 buts. Il participe à la coupe latine (compétition internationale de 1949 à 1957, ancêtre des coupes d’Europe à laquelle participent les clubs champions d’Espagne, du Portugal, d’Italie et de France) et remporte la victoire face au Milan AC. En 1956, Il dispute la finale perdue par Reims de la première Coupe d’Europe des clubs champions contre le Real Madrid et marque le troisième but champenois (score final 3-4). En 1957, il est recruté par l’AS Monaco et gagne la coupe de France en 1960 et 1963, le championnat de France en 1961 et 1963 et la coupe Drago (coupe organisée par la Ligue nationale de football de 1953 à 1965) en 1961. Il a été sélectionné une seule et unique fois en équipe de France, contre l’Italie, le 5 mai 1962, entrant à la mi-temps pour remplacer Stéphane Bruey qui était forfait (défaite 2-1). De 1964 à 1969, il devient président de l’UNFP, le syndicat des joueurs. Sous sa direction est créé en 1966, la Fédération internationale des footballeurs professionnels, puis en 1969 entre en vigueur le contrat à temps (il permet à un joueur de ne plus être lié à vie avec un club).

En novembre 1975, Michel Hidalgo est nommé sélectionneur de l’équipe de France de football. Grâce à lui, les Bleus axent leur jeu sur l’offensive. Avec l’arrivée de Michel Platini, Hidalgo construit une équipe performante et qualifie la France pour la phase finale de la Coupe du monde 1978. Les Bleus échouent toutefois au premier tour face à l’Argentine, pays organisateur, et l’Italie. Quatre ans plus tard, ils arrivent en demi-finale lors de la coupe du monde de football 1982 où ils tombent face à l’Allemagne lors d’un match entré dans la légende, la fameuse “nuit de Séville”. Deux ans plus tard, porté par un Michel Platini au sommet de sa carrière, Michel Hidalgo remporte l’Euro 1984 organisé en France et offre à la France son premier titre majeur.

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La Coupe du monde 1982 est restée indissociable de Michel Hidalgo. Quatre ans après une élimination au premier tour, le sélectionneur qualifie de nouveau l’équipe de France pour la phase finale qui se tient en Espagne. Lors de la compétition, deux événements marquent les Bleus. Le premier se produit lors du match France-Koweït. Alors que l’équipe de France mène 3-1, Alain Giresse aggrave le score à la 78e minute. Soudain, un coup de sifflet venant des tribunes retentit. Pensant que l’arbitre a arrêté le jeu, les joueurs koweïtiens refusent de continuer le match. Le frère de l’émir du Koweït, également président de la Fédération de football, le cheikh Fahid Al-Ahmad Al-Sabah, descend des tribunes et souhaite que ses joueurs quittent le terrain. Il va à la rencontre de l’arbitre et exprime sa colère jusqu’à arriver à ses fins. En effet, sous la pression, l’arbitre soviétique Miroslav Stupar annule le but, ce qui a pour conséquence par la suite sa radiation à vie par la FIFA. Le match reprend au bout de 15 minutes et les Bleus se rattrapent rapidement grâce à Maxime Bossis qui marque un “vrai” 4e but. 

Le 8 juillet 1982, c’est le jour de la demi-finale qui oppose la France à la RFA (Allemagne de l’Ouest). Considérée comme un des plus grands matchs de football de l’histoire, il est aussi appelé “nuit de Séville”. Favoris grâce à leur expérience de la compétition et des matchs couperets, l’Allemagne ouvre le score à la 17e minute par Pierre Littbarski. Les Bleus, portés par leur fougue, égalisent dix minutes plus tard grâce un penalty inscrit par Michel Platini. Mieux, ils inquiètent les Allemands mais perdent Bernard Genghini blessé juste après la pause. Patrick Battiston entre en jeu et se retrouve lancé par une passe en profondeur de Michel Platini à la 58e minute de jeu. Patrick Battiston parvient à atteindre le ballon et tente un lob qui manque le cadre alors que le gardien allemand Harald Schumacher, dans son élan, fonce sur lui, ne semble pas stopper sa course et percute de plein fouet le joueur français avec sa hanche. Inconscient au sol, Battiston est évacué du terrain sur une civière, accompagné de Michel Platini qui lui tient la main. L’arbitre Charles Corver ne siffle pas la faute et décide la remise en jeu en faveur de l’équipe allemande. Cette décision fut considérée comme une des pires décisions d’arbitrage et une des plus grandes injustices de l’histoire de la Coupe du monde. A la suite de ce coup, Battiston est victime d’une commotion et perd deux dents. Vécu comme une agression, Schumacher se fait huer à chacun de ses gestes jusqu’à la fin du match et sera considéré comme le “boucher de Séville”, ayant une mauvaise image en France. Les Bleus dominent le reste du match face à des Allemands fébriles, mènent 3-1 en prolongation grâce à des buts de Marius Trésor et Alain Giresse mais craquent, voient la Mannschaft revenir à 3-3 et perdent finalement lors d’une dramatique séance de tirs aux buts. 

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Le 27 juin 1984, c’est la consécration. L’équipe de France, mené par Michel Hidalgo, participe à la finale de l’Euro, contre l’Espagne, à domicile au Parc des Princes. Le début de match est tendu, marqué par les fautes et les cartons. La mi-temps permet de souffler, le résultat étant toujours à 0-0. Puis vint l’instant fatidique pour les espagnols pendant cette deuxième partie de match. C’est lors de ce match qu’est créé l’expression footballistique “faire une arconada”. En effet, le gardien de but, et capitaine, de l’équipe d’Espagne Luis Arconada plonge face au coup franc de Platini pour attraper la balle. Celle-ci se plaque contre son corps puis roule jusqu’à dépasser la ligne, le gardien tentant vainement de la rattraper. C’est ainsi que le premier but pour la France est marqué. Les Espagnols craquent mais tentent de revenir en fin de match. Sur un contre à la 90e minute, Bruno Bellone marque un tir lobé grâce à son collègue Jean Tigana. La France mène donc 2 à 0 et le match se termine sur ce score, faisant de l’équipe de France les nouveau champions d’Europe. Ainsi, les Bleus gagnent leur premier titre international. 

Autre anecdote, Patrick Battiston aurait simulé une blessure à la 78e minute pour que son collègue Manuel Amoros vive également l’instant. 

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Après cette victoire, Michel Hidalgo quitte son poste d’entraîneur, ne se consacrant plus qu’à son poste de “Directeur Technique National”, qu’il occupe en parallèle depuis 1982. Il quitte ses fonctions de DTN en 1986, pour rejoindre l’Olympique de Marseille de Bernard Tapie, dont il en devient le manager, jusqu’en 1991. En 1994, Hidalgo devient le conférencier officiel de l’équipe de cyclisme ” Le Groupement “. Mais il démissionne de son poste à cause du principal sponsor de l’équipe, GEPM, mêlé à des affaires sectaires. Dans l’affaire des comptes de l’OM, il est condamné à de la prison avec sursis et une lourde amende par la justice française. Hidalgo abandonne ensuite le football professionnel, sans vraiment quitter le milieu pour autant. Il devient co-animateur de “Demain c’est foot” sur TMC. En 2015, après l’annonce de suspension de huit ans de Michel Platini (suite à une affaire de corruption et de paiement jugé déloyal), Hidalgo soutient publiquement son protégé, en se positionnant contre la décision de la commission d’éthique de la FIFA.

Michel Hidalgo était marié à une femme du nom de Monique et a eu un fils, Emmanuel. Il n’est pas le père de la politicienne Anne Hidalgo. En 1978, à quelques jours du départ des Bleus pour l’Argentine, Michel Hidalgo et sa femme sont victimes d’une tentative d’enlèvement. En effet, sur une route de Gironde, deux hommes les obligent à s’arrêter sur le bas-côté de la route et menacent l’entraîneur avec un pistolet. Finalement, le coach parvient à surprendre son agresseur et à lui subtiliser son arme. Il est révélé plus tard que cette agression était une manière de protester contre la tenue du mondial en Argentine, alors sous le joug d’une dictature. 

Peu avant sa mort, l’ancien sélectionneur avait retrouvé toute son équipe de l’Euro 85 à Marseille. Les joueurs, contents de le revoir, avaient souligné toutefois sa fatigue. Michel Hidalgo aurait eu du mal à reconnaître certains joueurs et aurait parlé plus lentement qu’à l’habitude. Mais les anciens champions de l’Euro 1984 avaient tout de même salué son courage, ajoutant qu’il était resté avec eux jusqu’à trois heures et demi de l’après-midi, alors qu’il fait une sieste quotidienne à deux heures habituellement !

En hommage à Michel Hidalgo, le premier entraîneur qui a emmené l’équipe de France à la victoire, un stade à Saint-Gratien (Val d’Oise) porte son nom. Stade de 8000 places, c’est le club “Entente Sannois Saint-Gratien” qui y réside, jouant en National 2.

Joueur au Stade de Reims puis à Monaco, Michel Hidalgo a remporté le championnat de France en 1955, 1961 et 1963, mais aussi la Coupe de France en 1960 et 1963. Il participe aussi à la finale de la coupe d’Europe des clubs champions en 1956, face au Real Madrid. Comme sélectionneur de l’équipe de France, il dirige la bande à Platini et décroche le championnat d’Europe des nations en 1984, deux ans après avoir pris la quatrième place lors du Mondial en Espagne. Il fut nommé “entraîneur français de l’année 1982” par France Football, puis en 1999, “3e entraîneur français du siècle” par le même magazine. 

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