Maurice, “meilleur recruteur de France” et architecte des succès lyonnais

Discret. Depuis le 1er juillet 2009, et son arrivée à la tête de la cellule de recrutement de l’OL, Florian Maurice est un homme de peu de mots. Il est le troisième ou quatrième homme sur la photo quand Lyon présente une recrue. Pourtant, il est un personnage central du sportif à Lyon depuis plus de dix ans. Peut-être le plus essentiel de tous. Il est l’architecte de la politique sportive du club.

De nombreux entraîneurs se sont succédé (Claude Puel, Rémi Garde, Hubert Fournier, Bruno Genesio, Rudi Garcia), lui est resté se débattant, en coulisses, pour bâtir l’équipe la plus compétitive possible avec des moyens qui ne correspondaient pas toujours au statut de l’OL. Notamment lorsqu’il fallut financer le stade. Pourtant, il a aligné les réussites.

Depay, Dembélé, Ndombélé, Mendy etc.

Son apport s’évalue déjà aux noms des recrues qu’il a amenées à Lyon. Car telle est sa mission principale. Si les saisons très poussives de Joachim Andersen et de Youssouf Koné, deux de ses choix l’été dernier, ont pu ternir ses résultats, elles fragilisent à peine son bilan. Memphis Depay, “franchise player” de l’OL, et Moussa Dembélé, troisième meilleur buteur de Ligue 1, sont deux de ses coups les plus réussis. Peut-être les plus évidents dans l’effectif actuel. Maxwell Cornet, recruté une bouchée de pain à 18 ans (400 000 euros), Mariano Diaz (acheté 8 millions et revendu plus du double au Real douze mois plus tard), sans oublier Sergi Darder, Jason Denayer, la liste est interminable.

Florian Maurice lors de la présentation de Moussa Dembélé

Florian Maurice lors de la présentation de Moussa DembéléGetty Images

Durant mes trois ans et demi sur le banc, je pense qu’on a plutôt bien réussi notre mission“, nous confie aujourd’hui Bruno Genesio. “Flo a une part prépondérante dans ce succès. Quand on fait 50% de réussite dans le recrutement, c’est déjà beaucoup. Lui est largement au-dessus. Il a participé à la réussite sportive mais il a aussi permis au club d’être en grande forme économiquement.” Car là où Maurice excelle, là où son réseau prend toute son importance, c’est lorsqu’il recrute ceux qui ne sont pas encore des joueurs que l’Europe s’arrache.

Il arrive à 8h, il repart à 20h

Lucas Tousart, arrivé de Valenciennes en Ligue 2 pour 2,6 millions d’euros, Ferland Mendy, signé à 5 millions alors qu’il défendait les couleurs du Havre dans l’antichambre, et Tanguy Ndombele, arraché 8 millions d’euros à Amiens, ont été tous les trois revendus pour une somme totale de 132 millions d’euros, soit une plus-value de 119 millions d’euros sur trois joueurs repérés en Ligue 2 à une époque où Lyon finançait son stade et avait la trésorerie à sec. “Avec Campos, c’est le meilleur recruteur de l’Hexagone“, tranche Laurent Schmitt, agent sportif.

Alors pourquoi lui et pas un autre ? “Flo, c’est un travailleur énorme“, continue Bruno Genesio. “Il arrive à 8h, il repart à 20h quand il est à Lyon. Mais il est souvent loin de Lyon pour voir les matches et il ne s’économise pas. Je me suis même fait du souci pour lui parfois. Mais c’est capital parce que la force d’un recruteur, c’est d’aller voir les matches. Aller sur place, voir de ses yeux le comportement du joueur, c’est irremplaçable.” “Au-delà du travail qu’il abat, son œil, son honnêteté et intégrité lui ont permis de tisser un énorme réseau“, continue Laurent Schmitt.

Florian Maurice

Florian MauriceGetty Images

Il m’a aidé dans ma relation avec Nabil

Recruteur hors-pair mais pas seulement. A Lyon, il a aussi permis de huiler les rouages tout en restant à sa place. “Si notre trio avec Vincent Ponsot (ndlr : directeur adjoint de l’OL), Flo et moi fonctionnait si bien, au-delà de notre attachement viscéral pour le club, c’est parce que chacun restait dans son domaine de compétence. Je n’ai jamais senti d’ingérence“, se souvient Genesio. “Mais bien sûr, il m’a beaucoup aidé, quand je devais faire passer des messages, avec les joueurs qu’il recrutait et avec lesquels il avait une relation forte. Mais même avec les autres joueurs comme Fekir par exemple auquel il a tout de suite cru. Quand on traversait des moments plus compliqués avec Nabil, il m’a aidé en discutant avec lui.

L’arrivée de Juninho comme directeur sportif a inévitablement réduit son champ de compétence. Et c’est Rennes qui a flairé la bonne affaire. L’OL pourrait très vite regretter le départ de l’un de ses rouages essentiels. Discret certes, mais incontournable.

Florian Maurice et Nabil Fekir

Florian Maurice et Nabil FekirGetty Images

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