L’Italie et le Giro contre-attaquent : “Raccourcir notre course, ce serait un manque de respect”

Nous respectons le Tour, alors respectez le Giro“. D’entrée de jeu, Pier Bergonzi donne le ton. Dans son édito du jour, le directeur adjoint de La Gazzetta dello Sport fustige l’attitude de l’Union cycliste internationale (UCI), ainsi que celle du Tour de France, officiellement reporté au 29 août et qu’il soupçonne de vouloir raccourcir, par ricochet, celui d’Italie.

Par hasard, quelqu’un n’essaie-t-il pas de raccourcir le Giro et la Vuelta à 18 jours, avec un seul jour de repos ? Notre réponse, ainsi que celle de tous ceux qui ont à coeur l’histoire du cyclisme, est un NON solennel“, peut-on lire. Et s’il “applaudit” la décision de reporter le Tour, il réclame également le “respect” du Giro, “patrimoine de l’Italie“.

“Manque de respect”

Vous l’avez compris, la presse transalpine n’accueille pas forcément bien la possibilité de voir le Tour d’Italie amputé de plusieurs étapes. Une demande qui a été confirmée par Mauro Vegni, le directeur du Giro. “Depuis deux mois, on ne parle que de ça : comment frapper le Giro, l’unique réel adversaire, fort et pas aligné, du Tour (…) Les Français ont ouvertement demandé la réduction du Tour d’Italie à trois week-ends au lieu de quatre, pour libérer des dates en fin de saison“, explique ce dernier, qui doit se “défendre” de ce qu’il considère une attaque.

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Toujours dans les colonnes de la Gazzetta, Vegni explique qu’ASO, organisateur du Tour et de la Vuelta, est prêt à “sacrifier” la course espagnole, tant pour une question de “jours” que de “calendrier“. Le quotidien indique alors que la Vuelta pourrait passer de 21 à 18 jours, sans départ depuis les Pays-Bas et avec un seul jour de repos.

Moi, j’ai trois objectifs : faire le Giro, faire le Giro de trois semaines et faire toutes nos courses, prévient Paolo Bellino, administateur délégué et directeur général de Rcs Sport, organisateur du Giro et des Classiques italiennes. C’est évident qu’avec un calendrier qui commence mi-août, des courses peuvent se superposer. L’UCI ne nous aide pas, mais j’espère qu’au final, elle ne mettra pas la durée du Giro en cause pour ne pas fausser la concurrence. Dans ce cas, je prendrais ça comme un manque de respect non seulement pour le Giro, mais aussi pour toute l’Italie.” Filippo Pozzato, ancien coureur du peloton, estime quant à lui qu’on accorde “trop d’importance” au Tour. “On devrait en donner plus aux coureurs (…) Au final, c’est toujours le Tour qui décide pour tout le monde. Ce n’est pas possible“, explique l’Italien à Radio 24.

Des Classiques durant le Giro et la Vuelta ?

Pour l’heure, la 103e édition du Tour d’Italie est prévue du 3 au 25 octobre. Avec un format traditionnel : 21 étapes. Mais mercredi, dans son communiqué, l’UCI a simplement confirmé que le Giro se tiendrait dans la foulée des Mondiaux UCI sur route, soit après le 27 septembre. Concernant les Classiques, le quotidien fait plusieurs hypothèses. Milan-Sanremo pourrait ansi se caser un week-end d’août. Même chose pour le Tirreno-Adriatico ou encore le Critérium du Dauphiné. Autres dates envisagées : 11 octobre pour le Tour des Flandres et 18 octobre pour Paris-Roubaix. Soit pendant le Giro. Et le Tour de Lombardie (31 octobre), avec Liège-Bastogne-Liège (8 novembre), durant la Vuelta.

Paris-Roubaix, c’était parfait pour la semaine avant le Tour. Pourquoi mettre les championnats nationaux qui obligeront les coureurs à rentrer et repartir de leur pays ?“, s’interroge Paolo Bellino. Une interrogation qui s’ajoute à tant d’autres.

Giro d'Italia

Giro d’ItaliaGetty Images

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