Le football français confronté à la question des conditions sanitaires d’une possible reprise

Dans l’état actuel de la situation, ce n’est qu’à partir du 11 mai que les équipes de Ligue 1 pourraient retrouver le chemin de l’entraînement, avant de pouvoir envisager de disputer des matchs à partir de mi-juin au mieux et à huis clos.

Dans l’état actuel de la situation, ce n’est qu’à partir du 11 mai que les équipes de Ligue 1 pourraient retrouver le chemin de l’entraînement, avant de pouvoir envisager de disputer des matchs à partir de mi-juin au mieux et à huis clos. GETTY/UEFA/AFP

Entre vouloir et pouvoir, il n’y a pas seulement deux lettres de différence. Le football est en train de s’en apercevoir. En France notamment. A l’arrêt depuis le 13 mars en raison de l’épidémie de Covid-19, la Ligue 1, l’élite du ballon rond hexagonal financièrement aux abois, a échafaudé ces dernières semaines des plans de reprise, qui pourraient conduire à reprendre le championnat en juin pour le conclure au plus tard le 25 juillet, quitte à jouer les matchs à huis clos.

Mais l’évolution de l’épidémie, de même que le flou qui entoure encore les conditions de la sortie de la période confinement, n’est pas de nature à donner au football hexagonal l’assurance que sa volonté pourra devenir réalité.

Jean-Michel Aulas, le président de l’Olympique lyonnais (OL) l’a explicitement reconnu. « Nous sommes pour la reprise de la Ligue 1, solidaires de tout le monde, nous allons tout faire pour reprendre, mais j’ai l’impression que chaque jour qui se passe nous rapproche peut-être d’un championnat qui ne se terminerait pas en 2019-2020 », a-t-il déclaré dans un entretien au quotidien Le Progrès de Lyon, publié vendredi 17 avril en soirée.

Dans l’état actuel de la situation, ce n’est qu’à partir du 11 mai que les équipes de Ligue 1 pourraient retrouver le chemin de l’entraînement, avant de pouvoir envisager de disputer des matchs à partir de mi-juin au mieux et à huis clos. Cela permettrait aux différents clubs français de toucher les droits télévisuels qui restent dus pour la fin de saison et sans lesquels leur équilibre financier sera menacé.

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Le principe de précaution mis en avant par les joueurs

Si les conditionnels sont de mise, c’est que la date du 11 mai pour le début du déconfinement reste, pour l’instant, théorique ; que les détails de ce processus de déconfinement ne sont pas encore arrêtés par les pouvoirs publics ; et qu’il y a, par-dessus tout, une condition : tout cela ne pourra se mettre en place que si le contexte sanitaire le permet, a prévenu le ministère des sports.

En sortie de confinement mi-mai, si celle-ci se confirme, les joueurs ne devraient, par exemple, pas bénéficier de tests au Covid-19, selon le ministère des sports. Emmanuel Macron avait expliqué, lundi 13 avril, que les tests devraient viser en priorité les personnes présentant des symptômes.

Alors que leurs homologues du handball, du volley ou du basket ont choisi de dire stop et de mettre un terme à la saison en cours (le rugby n’a pas encore tranché), les dirigeants du football français assurent avoir bien conscience que ce préalable sanitaire s’impose.

Cité par L’Equipe samedi 18 avril, Gérard Lopez, le président de Lille, déclare ainsi que l’« on ne va pas pousser pour une reprise à risque ». De son côté, Xavier Thuilot, directeur général de Saint-Étienne, souligne que « si on ne rappelle pas d’emblée cet impératif absolu qu’est la santé de nos salariés, on va dire que le foot ne pense qu’au fric, ce qui n’est pas du tout la réalité de nos échanges entre clubs ».

Chez les principaux intéressés – les joueurs –, le principe de précaution paraît aussi s’imposer et ils ne semblent pas disposés à prendre des risques. Dans leur majorité, les footballeurs disent ne pas vouloir rejouer sans garantie sur leur santé et leur sécurité, selon un sondage express effectué ces derniers jours par l’Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP) et révélé par L’Equipe vendredi.

La fédération italienne veut reprendre « fin mai-début juin »

Le football italien entend reprendre et finir la saison encours sur les terrains. C’est, en tout cas, la volonté réitérée, vendredi 17 avril, par le président de la Fédération, Gabriele Gravina. Evoquant une période de trois semaines pour se préparer après le déconfinement, prévu le 4 mai, il a assuré que « fin mai-début juin, on peut commencer ». « Ceux qui évoquent aujourd’hui l’annulation de la saison n’aiment ni le football, ni les Italiens, car ils enlèvent l’espoir du futur et de la reprise », a accusé M. Gravina, qui a expliqué qu’« il y aura une période de contrôle pour garantir la négativité de tous ceux qui participent aux événements. S’ils sont tous négatifs, il n’y a pas de problème de distanciation, ni de contagion ». Il a dit par ailleurs espérer « que chacun pourra jouer dans son propre stade, si cela n’est pas possible nous trouverons d’autres solutions ».

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