Hilton raconte sa prolongation avec Montpellier, à 42 ans: “j’aime trop jouer”

Vitorino Hilton, quel est votre sentiment après cette nouvelle prolongation?

Je suis très fier de pouvoir rempiler encore un an. Je remercie tout le staff et le président de m’avoir donné cette confiance. Après, c’est à moi de me montrer sur le terrain.

>> Montpellier: Hilton a signé sa “dernière” prolongation

À quel moment avez-vous pensé à continuer?

À la 20e journée, j’étais très bien. À la 28e, contre Rennes, j’ai senti que j’allais encore bien. Il restait dix matchs et je me disais que si je réussissais à jouer les 38 journées, ça allait être énorme. C’est vrai que j’ai joué tous les matchs, même ceux de coupes où le coach me repose un peu d’habitude. Mais j’étais préparé pour ça. J’étais prêt, à la disposition du staff. Je pense que c’est pour cela aussi que le coach m’a fait jouer.

Comment la prolongation s’est-elle déroulée?

J’ai eu le coach au téléphone. On a parlé un peu. Après, j’ai eu Bruno Carotti (directeur sportif de Montpellier, ndlr). On a parlé aussi, j’ai donné mon avis, mon souhait, mon envie de continuer. Puis une semaine après, le président m’a envoyé un texto pour me demander si je pouvais passer au club. On a discuté vingt minutes et, voilà, j’ai prolongé d’un an. Je ne complique rien, je suis assez facile, j’aime trop jouer!

Quel est le remède miracle pour durer autant au foot?

Il faut s’entraîner tous les jours. Je ne me prépare pas d’une façon particulière pour démarrer tous les jours. J’essaie d’oublier mon âge. Je le mets de côté. Parfois, j’oublie que j’ai 42 ans et que je joue à côté de Joris Chotard qui a 18 ans! Je pense que c’est ce qui fait aussi que je suis toujours en forme et que je me donne à fond.

Qu’en pense votre femme?

Il y a quatre ou cinq ans, je pense que ma femme m’aurait dit qu’il fallait arrêter. Aujourd’hui, elle est à côté de moi, elle me soutient et me dit même parfois de continuer. C’est encourageant. La motivation est encore meilleure.

Qu’est-ce qui vous pousse à continuer?

La passion du football est toujours là. Je suis amoureux du football depuis tout petit. Je pense que c’est ça qui fait que je suis toujours à fond: je suis un passionné de football.

Si le président vous avait dit non pour continuer, qu’auriez-vous fait?

Ça aurait été dommage d’arrêter une carrière comme cela, parce que la saison s’était arrêtée. En dix matchs, on pouvait très bien finir mieux classés, peut-être européens. Peut-être que j’allais prendre la décision d’arrêter… Si le président et le staff ne comptaient pas sur moi, je pense que ça aurait été difficile de continuer. Je voulais vraiment finir ma carrière à Montpellier. Là, ça va être quelque chose… Je sais très bien que je vais commencer à réfléchir cette saison à l’après-foot. J’ai conscience qu’il y a une fin de carrière et qu’il faut que je me prépare.

Que pensez-vous de la retraite de Souleymane Camara?

C’est quelqu’un qui va manquer. Au-delà d’un coéquipier, c’est vraiment un frère que le football m’a donné.

>> Montpellier: Souleymane Camara va arrêter sa carrière à 37 ans

Comment avez-vous vécu le confinement?

C’était compliqué, parce qu’on avait envie de sortir pour faire du sport à l’extérieur. Mais avec la limite de temps, l’heure de sortie et l’autorisation à chaque fois… C’était quelque chose qu’il fallait respecter. Mais j’avais la chance d’habiter dans une maison. J’ai un tapis de course, donc ça me permet de travailler à la maison. J’en ai profité un maximum pour garder la forme. On pensait que le championnat allait reprendre, en plus.

Avez-vous regardé et apprécié la reprise de la Bundesliga?

Ça m’a fait bizarre. Ce n’est pas le football qu’on aime. Tu as l’impression que c’est plus un entraînement qu’un match, sans les supporters. Et le moment le plus joyeux dans le football, c’est quand on marque un but, pour célébrer avec nos coéquipiers. Et là, c’est chacun avec un mètre de distance… Je suis mitigé.

>> Bundesliga: la presse européenne découvre un “nouveau football” avec des “cobayes”

Après cette crise, que faut-il changer dans le football?

Ce qui nous manque dans le football, c’est le déplacement des supporters à l’extérieur. À chaque fois qu’on joue à l’extérieur, ils sont interdits de déplacement. Pour le football, c’est dommage. Ce sont les supporters qui font vivre le football. En tant que joueurs, on aime évoluer dans des stades pleins, même à l’extérieur. Quand on joue et qu’on sait qu’il y a nos supporters, c’est quelque chose d’important pour nous. Et pour eux aussi.

Lire la suite sur RMC Sport